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jeudi 25 décembre 2003
par GUILLEMARD (champion comics)

Batman (1966)


Par Guillemard et Yacine.

Ce long-métrage date de 1966 et est un prolongement direct de la série télé. Non, ne commencez pas à fredonner l’air du générique (na, na, na, na, BATMAN !) car vous n’en trouverez aucune trace dans ce film. Mais à part ça, tout y est.

(JPEG) Petit rappel des faits. En janvier 1966, la série Batman est diffusée pour la première fois et devient par son second degré et son aspect pop-art, un succès instantané, lançant la première Batmania de l’histoire. Les interprètes deviennent des stars et les gadgets se vendent comme des petits pains. Bref, il ne reste plus qu’à lancer la mode à l’étranger. Comment ? En lançant un film qui permettra de présenter une version luxueuse de la série et permettra donc de la vendre un peu partout. Cette pratique était assez commune à l’époque et d’autres séries feront de même, notamment « Des Agents Très Spéciaux ».

Sauf que ce film-là ne se compose pas d’épisodes mis bout à bout et enrichis de quelques scènes spectaculaires. Non, il s’agit d’une histoire entièrement nouvelle. Quelle histoire ? En gros, Le Joker, Catwoman, Le Pingouin et Le Sphinx s’allient pour éliminer Batman & Robin. Bref, rien de très original. D’autant que la construction du film rappelle fortement celle de la série. Toutes les vingt minutes, Batman & Robin sont menacés de mort avant d’être sauvés de façon ridicule. Leur hélicoptère s’écrase ? Ils atterrissent en plein milieu d’une expo de matelas ! Un missile leur fonce dessus en pleine mer ? Un marsouin (oui, oui) se met en travers pour les sauver ! Etc ... Le film durant deux heures, ce procédé assez répétitif devient vite ennuyeux. Reste l’humour pour sauver le film. On voit ainsi Batman donner des coups de poing à un requin en plastique qui lui dévore la jambe, Alfred porter un masque quand il est dans la Batmobile ou encore le conseil sécurité de l’ONU se faire déshydrater par les quatre méchants !

(JPEG)

Cet esprit parodique, propre à la série est un vrai délice et n’est qu’une exagération des histoires qui étaient publiées dans la bande-dessinée depuis la fin des années 50. Le scénariste du film est Lorenzo Semple Junior, co-créateur de la série et qui contribue donc à une certaine cohésion d’esprit. Seul entorse à la continuité, Batman ne connaît pas le vrai visage de Catwoman alors qu’il l’avait déjà vu dans la série. Ceci s’explique par le fait que le script avait été écrit avant la série et peut se justifier par le fait que l’actrice jouant la Femme-Chat (Lee Meriwether) dans le film n’est pas la même que dans la série (Julie Newmar). Les autres acteurs sont par contre fidèles au rendez-vous. Mention particulière à Frank Gorshin pour son interprétation hystérique du Sphinx qui fera des émules (Jim Carrey n’est pas loin). Enfin, Burgess Meredith interprète un Pingouin très fidèle au comic-book et Cesar Romero (Le Joker) n’a rien à envier à Jack Nicholson (même s’il paraît moins dangereux).

Un petit mot sur les interprètes de nos deux héros. Ils se prennent très au sérieux mais sont très crédibles, vu l’esprit du film. Ils évitent même de sombrer dans le ridicule, ce qui arrivera par la suite dans la série. Adam West est un excellent Bruce Wayne, play-boy souriant et sans profondeur. Il s’en sort aussi bien en Batman même si son jeu ne varie pas trop d’un personnage à l’autre. Le fim a été tourné au bon moment puisque West n’a pas encore le ventre qu’il affichera par la suite. Burt Ward, alias Robin est beaucoup plus effacé et son enthousiasme constant est assez crispant mais on mettra ça sur le compte du script.

Enfin l’aspect spectaculaire et inédit du long-métrage est assuré par la présence d’un Batcoptère et d’un Batboat absents de la saison 1 de la série. Ils sont moins bien conçus que la Batmobile et ressemblent à de simples véhicules auxquels on aurait collé des ailerons. Ils seront réutilisés dans la série, par le biais d’images du film insérées dans les épisodes. Par ailleurs, le film est en partie tourné en décors naturels ce qui change de l’imagerie de la série qui était totalement tournée dans les studios de la Fox.
(JPEG) Le DVD en tant que tel est une vraie réussite. Non seulement, la pellicule a été nettoyée mais le film a été réétalonné, c’est-à-dire que les couleurs ont été rehaussées pour les rendre encore plus clinquantes et vives, ce qui s’accorde bien avec l’esprit général. Les images sont par ailleurs nettes au-delà de toute attente, ce qui contraste fortement avec la série, à l’image plus terne. Côté bonus, on a droit à deux bandes-annonces d’époques dans lesquelles Batman & Robin sont encore plus solennels que d’habitude. Le reportage sur Adam West et Burt Ward fait un peu doublon avec le commentaire audio puisqu’ils y disent en substance les mêmes choses. Plus intéressant est le court reportage sur le designer de la Batmobile qui nous explique tout, de sa conception à son fonctionnement.

Il est incontestable que les multiples versions de l’univers de Batman ont contribué à sa richesse. Très bon divertissement, ce Batman nous présente une autre facette, tout aussi fidèle, du personnage plus tard repris au cinéma par Tim Burton. Et permet de patienter, en attendant un improbable coffret de la série télé.

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