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lundi 17 novembre 2014
par Soyouz

G.I. Joe : Héros sans frontières #01


Sagédition.

(JPEG) Il y a toujours un moment dans votre vie où vos parents vous demandent de ranger vos affaires (même quand on a quitté la maison d’enfance depuis belle lurette). Il s’avère que ces « affaires » se trouvaient dans le grenier poussiéreux qui était, apparemment, grand temps de vider. En ouvrant un de ces cartons remplis de souvenirs, je tombe nez à nez sur le numéro 1 du mensuel G.I. Joe, publié par Sagédition en juillet 1987 et en assez bon état en plus (faut croire que le grenier conservait quand même assez bien). Le pire, c’est que je ne me souviens pas du tout avoir déjà tenu ce magazine dans mes mains.

Bref, après avoir trié de nombreux cartons de divers papiers et en avoir jetés 90%, je me plongeais dans cette (re)trouvaille qui contient le premier épisode de G.I. Joe - A real American Hero de juin 1982, écrit par Larry Hama (qui n’avait pas encore commencé à éditer The ‘Nam, toujours chez Marvel), dessiné par Herb Trimpe et encré par Bob McLeod, une équipe plutôt expérimentée pour un lancement.
L’histoire est très simple : une physicienne nucléaire qui a travaillé sur un projet secret d’armement américain mais qui veut se retourner publiquement contre son administration suite à la découverte de la capacité de destruction de ces armes, est enlevée par une organisation terroriste, Cobra, afin de lui soutirer tous les secrets sur son travail. Il n’est pas possible de détruire son lieu de détention et elle par la même occasion. De peur que l’opinion publique s’en mêle, l’armée américaine doit donc tenter une récupération sur l’île hyperprotégée de Cobra. Pour cela, ils font appel à une unité d’élite : les G.I. Joe.

Il ne vous surprendra pas qu’ils vont bien évidemment réussir, malgré les vaines tentatives du Commandant Cobra, à libérer celle qu’ils considèrent presque comme une traitresse à son pays. Dans ce premier épisode de présentation des deux forces en présence (et de quelques personnages déjà charismatiques et facilement repérables comme Scarlett et le muet Œil de Serpent), on a donc déjà droit à de bons gros clichés militaristes dans les considérations autour de l’otage. Les dialogues sont également rarement d’une grande finesse, néanmoins, on a le sentiment que Larry Hama utilise ses connaissances militaires (acquises sûrement lors de la guerre du Vietnam) pour mettre en scènes ses personnages, notamment dans la préparation du plan de bataille (un spécialiste de l’armée me dirait peut-être le contraire) ou dans l’attitude des personnages lors des combats (le repli, la couverture, etc...). Cela ne relèvera pas le niveau général de cet épisode (même si Trimpe et McLeod tentent de mettre du dynamisme dans ce scénario énergique) et le lecteur français ne saura jamais si la qualité s’améliorera par la suite (la série ira quand même jusqu’à 155 épisodes, sans compter les 28 missions spéciales, tous écrit par Hama [1]), puisque Sagédition n’aura le temps de publier qu’un second mensuel et de seulement annoncer le troisième avant de s’éteindre définitivement.
En soit, c’est dommage, car les figurines se vendaient plutôt bien à l’époque et Sagédition avait agrémenté le mensuel d’un « fichier secret » présentant un personnage (c’est Breaker qui ouvre le bal) et d’une fiche « armement » en 4ème de couverture (ici, c’était le TAMU, le Tank d’Assaut à Multiples Usages). Même la page publicitaire présentant un jeu et le dessin animé était (presque) écrite façon télégramme militaire. On sentait donc une certaine volonté de faire les choses correctement.

Pour compléter le magazine, il y avait également (à peine) un demi-épisode de la série limitée en six numéros de Comet Man, avec Bill Mumy et Miguel Ferrer au scénario et surtout Kelly Jones (enfin Kelley, son prénom étant mal orthographié) au dessin, associé à l’encreur Gerry Talaoc. Pour le peu qu’on puisse en lire, cette histoire d’astronaute/chercheur se trouvant pris dans la comète de Haley, qui est en fait un vaisseau extraterrestre partait sur de bons auspices, mettant déjà pas mal d’ingrédients dans les dix pages, mais ce sont surtout les dessins de Jones qui font regretter la non parution de cette série, tant l’artiste semble maîtriser son art, avec un graphisme impeccable (peut être trop propre, mais il se rattrapera bien par la suite avec Batman). Et cela fait bien souffrir G.I. Joe de la comparaison.

Enfin, ajoutons que ce mensuel n’était pas donné pour l’époque, puisque ce numéro 1 était vendu 15 francs (le suivant redescendait à 12 francs), soit 3 de plus qu’un Strange qui contenait 4 épisodes. A titre de comparaison, à 2.29€ (soit 15 francs pour ceux qui ne suivent pas), il était plus cher en moyenne par épisode qu’un Wolverine publié aujourd’hui par Panini. On ne sera évidemment jamais si cette formule aurait résisté dans le temps.

[1] A noter que Marvel UK tenta une incursion en France avec ses propres histoires de G.I. Joe, mais c’est une autre histoire.

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