Dans le cadre de la gigantesque opération du relaunch de 52 séries de DC Comics, le titre Green Lantern de Geoff Johns redémarre lui aussi au numéro un, mais s’inscrit pourtant pleinement dans la continuité du précédent volume de la série. Un volume qui s’est achevé avec l’épisode #67, conclusion du crossover « La Guerre des Green Lantern » au cours duquel Hal Jordan acheva Krona, le gardien renégat avant d’être dépossédé de son anneau par les Gardiens de l’Univers, le jugeant indigne d’être un membre du Corps des Green Lantern et confiant son anneau à Sinestro, son ennemi de toujours, capable de surmonter la peur et réintégrant par la même occasion le fameux Corps des chevaliers d’émeraude.
De retour sur Terre, sans anneau, sans pouvoirs et après avoir passé un temps incroyablement long dans l’espace, Hal Jordan ne sait plus trop où il en est dans sa vie. Pas de travail, pas d’argent, peu d’amis et une copine avec laquelle il ne sait plus sur quel pied danser. En d’autres termes, une vie simple, banale et tout ce qu’il y a de plus normal et d’inintéressant pour quelqu’un comme Hal Jordan, habitué à tutoyer les étoiles et les puissances cosmiques.
Pendant ce temps, Sinestro découvre que son ancien Corps commet les pires atrocités sur sa planète, Korugar, mutilant, torturant et tuant la population de son monde d’origine. Afin de remédier à la situation, il sait qu’il lui faudra de l’aide et qui de mieux pour l’assister dans sa mission que son ancien élève, Hal Jordan, au trente-sixième dessous après avoir commis un nouvel impair amoureux avec Carol Ferris. Les retrouvailles entre Hal Jordan et celui qui fut son mentor sont pour le moins animées, Jordan ne voyant pas vraiment quel avantage il pourrait tirer en aidant son ancien ennemi, d’autant qu’il n’est plus un Green Lantern. Qu’à cela ne tienne, Sinestro lui crée derechef un nouvel anneau, dépendant de celui de Sinestro, un moyen comme un autre de s’assurer de la fidélité de Hal Jordan.
Tandis que les médias s’épanchent sur le fait que Green Lantern est réapparu dans le ciel de Coast City, Hal Jordan et Sinestro se rendent sur le monde natal de Sinestro, la planète Korugar. Leur objectif : libérer la population emprisonnée et venir à bout du Corps de Sinestro en déposant la lanterne verte de Sinestro au cœur de la batterie centrale jaune afin que les anneaux jaunes des membres du Corps perdent tous leurs pouvoirs et leur énergie. Le plan semblait simple, mais sitôt Hal Jordan rendu au centre de la batterie centrale, il est littéralement désintégré par l’énergie jaune avant d’être finalement fait lui aussi prisonnier du Corps de Sinestro. Cependant, Sinestro retrouve son peuple dans les geôles de la planète et découvre à quel point le peuple de Korugar lui voue une haine tenace, le tenant pour responsable de tout le chaos engendré sur son monde.
La situation semble désespérée, mais sur les conseils de Hal Jordan, retenu prisonnier dans la cellule attenante, Sinestro crée des dizaines d’anneaux verts, aux pouvoirs certes limités dans le temps qu’il destine aux Korugariens retenus captifs. Si dans un premier temps, le peuple de Korugar veut profiter de ce nouveau pouvoir pour faire payer Sinestro, il se rend toutefois bien vite compte qu’ils ne peuvent retourner le pouvoir de leurs anneaux sur leur concepteur. Ils sont donc forcés de collaborer et c’est un Sinestro remonté à bloc et avide de haine et de vengeance qui se livre à un véritable massacre sur les membres de son ancien Corps. Korugar libérée de ses tortionnaires, Sinestro et Hal Jordan s’en retournent et tandis que Sinestro a ses propres projets, notamment concernant les Gardiens de l’Univers, loin d’être tout à fait aussi innocents qu’ils le prétendent, il renvoie son ancien disciple sur terre, sans pouvoirs et sans anneau.
Geoff Johns et Doug Mahnke, toujours aussi efficace au dessin, sont deux habitués du titre Green Lantern, de ses personnages et du volet cosmique qui les accompagne. Si l’on peut regretter la décompression mise en place par Johns le temps de ces cinq épisodes, le scénariste place néanmoins le personnage de Sinestro sur le devant de la scène. C’est lui désormais qui étrenne l’anneau donné par les Gardiens, et non plus Hal Jordan. De même, fidèle à sa tradition et à son écriture, Geoff Johns nous distille déjà de nombreuses sous-intrigues qui devraient orienter la conduite du titre dans les épisodes ultérieurs. Les Gardiens de l’Univers y apparaissent plus retors que jamais, n’hésitant pas à lobotomiser purement et simplement Ganthet et évoquant non plus la prophétie de la Nuit Noire à venir, mais l’avènement de la mystérieuse troisième armée, qui doit succéder au corps des Manhunters (ou Traqueurs comme désormais traduits par les éditions Urban Comics) et au Corps des Green Lantern, et qui serait conduite par le premier Lantern. Autant d’intrigues et de mystères qu’on ne peut qu’attendre avec impatience !
Parution française dans Green Lantern #01 : « Sinestro » ainsi que dans Green Lantern Saga #01 à #05.
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