Geoff Johns l’avait annoncé dans les derniers épisodes de sa série Flash, tout allait changer, et ce le temps d’un seul éclair. C’est chose faite alors que s’ouvre le premier épisode de la mini-série Flashpoint, nouvel événement d’importance dans l’histoire de l’univers DC. En effet, à l’issue des cinq épisodes formant le cœur de cette gigantesque saga, cette fois-ci rien ne sera jamais plus comme avant.
Flashpoint est la suite directe des récents événements de la série Flash, il n’est donc pas surprenant de retrouver Barry Allen aux premières loges de cette histoire, le bolide écarlate est ainsi appelé à jouer un rôle déterminant dans cette saga. Mais voyons plus précisément de quoi il en retourne.
Entre la conscience et la veille, Barry Allen se réveille à la lueur du jour, comme s’il émergeait d’un long, beau et doux rêve. Il se trouve dans les bureaux de la police scientifique de Central City et on l’informe tout juste du meurtre d’une certaine Miss Alchimie, par ailleurs totalement inconnue du bolide écarlate, ainsi qu’un secret qui entourerait Citizen Cold le plus grand héros de Central City. Confus et interloqué, Barry se demande qui peut bien être ce Citizen Cold qui visiblement n’a rien à voir avec son ennemi habituel Captain Cold, membre des Lascars qui visiblement sont inconnus de tout le monde sauf de Barry. Toujours est-il qu’une fusillade entre Citizen Cold et le Fifre vient d’éclater devant le musée Cold (et non Flash comme on pourrait le penser !) et ni une ni deux Barry s’élance sur le lieu de l’affrontement et s’apprête à revêtir son costume rouge et or jusqu’au moment où il se rend compte que d’une part il n’a plus son anneau au doigt, et que d’autre part il ne possède plus non plus sa super vitesse. Et comme pour en rajouter le voilà qui se retrouve nez à nez avec sa mère supposée morte depuis des années. Barry sent que quelque chose cloche et que cette réalité dans laquelle il s’est réveillé il y a quelques minutes à peine n’a plus grand-chose à voir avec son monde d’origine, d’autant que s’il existe bien un Batman, personne n’a jamais jusqu’à présent entendu parler de la Ligue Justice.
Batman justement, est la terreur de Gotham City, toujours en lutte contre le Joker et ses nombreux acolytes, mais il n’est pas le seul héros en activité dans ce nouvel univers. Le plus grand héros de l’Amérique est Cyborg qui vient trouver Batman et lui propose une alliance avec d’autres héros afin de mettre un terme définitif au conflit qui ravage l’Europe, déchiré entre d’une part les Amazones de Wonder Woman qui ont fait du Royaume-Uni leur nouvelle Themyscira et d’autre part, le peuple atlante mené par l’empereur Aquaman. Parmi les héros présents lors de cette réunion au sommet, Citizen Cold, l’Outsider, Sandman, les nouvelles incarnations du Capitaine Tonnerre (anciennement connu sous le nom de Captain Marvel), l’Enchanteresse, le Fifre et le Green Lantern du secteur 2814, soit Abin Sur. Après Paris, inondée et dévastée par la guerre que se livrent Wonder Woman et Aquaman, le monde est sur le point de sombrer et seule une alliance de tous ces héros pourra empêcher le monde de courir au désastre. Or, Batman décline l’offre de Cyborg et retourne chez lui au manoir Wayne. Il n’y est cependant pas tout seul. Après avoir appris l’existence et la présence de Batman à Gotham, Barry Allen a tracé la route en voiture pour y retrouver son vieil ami Bruce Wayne. Seul problème, arrivé dans la Batcave, Batman n’y tolère que modérément les intrus et Barry ne tarde pas à comprendre que l’homme sous le masque et la cape du chevalier noir n’est pas Bruce, mais le père de ce dernier, le docteur Thomas Wayne ! C’est Bruce, et non ses parents qui a trouvé la mort lors de l’événement fondateur du mythe de Batman, dans cette fameuse ruelle connue sous le nom de Crime Alley.
Son identité découverte par cet intrus, Batman ne compte pas en rester là et après un affrontement musclé demande des comptes à son agresseur présumé. Barry commence à échafauder diverses théories, que peut-être il se trouve sur une autre terre, dans un monde miroir ou parallèle au sien, avant de comprendre qu’il s’agit en fait de la réalité et qu’il n’a plus que des bribes de souvenirs de son ancienne vie, une mémoire qui moment après moment s’efface de plus en plus. Mais dans l’immédiat, il importe pour Barry de retrouver sa super vitesse. Seule solution pour lui, reproduire l’expérience qui lui conféra sa vélocité, soit être frappé par la foudre. Problème, ce monde est différent et tout ce que Barry Allen réussit à accomplir c’est d’être purement et simplement foudroyé ! Au bord de la mort, Barry demande pourtant à Batman de l’aider à réitérer une seconde fois l’expérience, et cette fois-ci c’est un succès. Flash est de retour dans son costume rouge et or plus flambant que jamais. A nouveau doté de sa super force et de toutes ses capacités, Barry ne tarde pas à suspecter le Professeur Zoom alias Néga-Flash d’être responsable de cette situation. C’est lui qui aurait redéfini notre monde. Un monde dans lequel la Justice League n’existe pas. Le plan de Barry est donc simple : reconstituer la Ligue de Justice. Seulement, les cartes ont été totalement redistribuées. Hal Jordan n’est jamais devenu un Green Lantern puisque c’est Abin Sur qui est chargé de la protection du secteur spatial 2814 et Jordan est toujours pilote d’essai chez Ferris Air. Quant à Superman, on ignore quasiment tout sur ce qui a été présenté comme une attaque sur Metropolis alors qu’en réalité, il ne s’agissait que de la fusée transportant le jeune Kal-El et que le gouvernement américain a maquillé comme étant une attaque terroriste. Il semble donc absolument nécessaire et vital pour Barry et Batman de découvrir ce qu’il est advenu de Superman. Mais pour ce faire, Batman devra demander de l’aide à Cyborg afin de découvrir où Superman est retenu captif quitte à revenir sur sa décision et a finalement rejoindre les rangs de l’armée super-héroïque de Cyborg.
Ainsi, Flash, Batman et Cyborg se rendent à Metropolis, au cœur d’une installation souterraine secrète censée renfermer le mystérieux « Projet Superman ». Les gardes et les sécurités neutralisées, les trois justiciers découvrent enfin le dernier fils de Krypton mais Flash ne sait trop quoi en penser. Enfermé depuis des années, Superman est maigre comme un clou, la peau extrêmement pâle puisque n’ayant jamais été au contact du soleil et surtout totalement inadapté à la vie en société ou bien au plus simplement au contact d’autres êtres vivants. Parvenant à s’échapper avec Superman, une fois à l’air libre, ce dernier en profite pour s’éclipser sans plus demander son reste, alors même que Cyborg, Flash et Superman se retrouvent seuls face aux soldats du complexe militaire. Sauvés in extremis par Emily Sung, alias Elementale qui vient elle aussi de rejoindre l’alliance mise en place par Cyborg, les héros parviennent à s’échapper et s’en vont à Fawcett City afin de trouver refuge et surtout aide auprès des jeunes détenteurs du pouvoir du Capitaine Tonnerre.
Le temps presse et il faut agir vite, Flash perdant de plus en plus tout souvenir de son ancien monde. D’autant plus que l’armée américaine s’apprêtant à opérer des frappes aériennes sur la Nouvelle Themyscira a été purement et simplement éradiquée. Le conflit entre les Amazones et les Atlantes est en passe d’atteindre son point de non-retour. Il va s’agir de débusquer Néga-Flash et surtout de le mettre hors d’état de nuire afin de sauver le monde et de le réaligner comme il était auparavant.
L’attaque finale menée par Cyborg et les autres héros aura lieu sur la Nouvelle Themyscira alors même que Wonder Woman et Aquaman se livrent une ultime lutte impitoyable. La trahison de l’Enchanteresse, travaillant en réalité pour le compte de Wonder Woman et des Amazones porte un coup fatal à Cyborg et ses troupes. C’est le moment que choisit Zoom pour apparaître en plein milieu du chaos et se réjouir de la détresse de Flash, responsable de cet état de fait, manipulant le temps afin de sauver sa mère. L’implication héroïque de Batman portant un coup fatal à Zoom ainsi que l’arrivée de Grifter et des autres membres de sa Résistance face aux troupes amazones et surtout l’arrivée inespérée d’un Superman gonflé à bloc fait finalement pencher la balance en faveur de la communauté super-héroïque. Il ne reste plus à Flash qu’à courir, à s’élancer sur la route cosmique afin de rééquilibrer les mondes et de corriger cette erreur spatio-temporelle, véritable acte de naissance en réalité du nouvel univers DC qui démarre sitôt la parenthèse Flashpoint refermée. Les différents univers (pré-Crisis, post-Crisis, Wildstorm, certains personnages Vertigo tel John Constantine) fusionnent pour donner naissance à cet univers nouvellement établi.
La scène finale de Flashpoint voit Flash remettre à Batman/Bruce Wayne, une lettre écrite par son père Thomas, véritable fil conducteur de la saga pour un moment lourd et chargé en émotions. Une nouvelle ère héroïque est sur le point de s’ouvrir pour DC Comics !
A l’occasion des cinq épisodes de la mini-série principale Flashpoint, le scénariste Geoff Johns nous présente donc un nouvel univers dans lequel les cartes ont été rabattues et nous délivre une belle saga de qualité, parfaitement auto-contenue et sublimée par un Andy Kubert au dessin qui comme souvent est en très grande forme. Les similitudes avec « L’Ere d’Apocalypse » sont nombreuses et tout amateur de réalités parallèles, de mondes miroirs ou de terres alternatives ne pourra qu’être aux anges à la lecture de cet événement.
Un mot enfin sur les récits annexes à cet event. Ainsi, aux Etats-Unis ce sont près d’une quinzaine de tie-in divers et variés qui ont vu le jour, certains sous forme de one-shot (Grodd Of War, Green Arrow Industries,Reverse Flash), d’autres sous la forme de mini-séries de trois épisodes, parmi lesquelles on peut citer Emperor Aquaman, Citizen Cold, Project Superman, Knight Of Vengeance, Deathstroke And The Curse Of The Ravager ou bien encore Deadman And The Flying Graysons. Evidemment, comme à chaque fois avec ce type d’événement, les nombreuses histoires afférentes ne se valent pas, et l’excellence côtoie sans vergogne le plus médiocre, mais reconnaissons cependant le fait que dans ce genre d’opération, ces divers numéros enrichissent considérablement l’univers et la mythologie du monde de Flashpoint.
Avec Flashpoint, une page de l’histoire de l’univers DC se referme. Mais c’est désormais un tout nouveau livre qui s’écrit avec la renaissance du New 52 !
Parution française dans Flashpoint #01 à #03.