Difficile à croire et pourtant il faudra désormais s’y habituer, Deadpool est un héros ! Il a beau faire partie de l’équipe d’X-Force aux côtés notamment de Fantomex, de Wolverine, de Psylocke et d’Archangel, il n’en poursuit pas moins ses activités en solitaire, toujours sur la bonne vielle base du mercenariat, une activité pourtant par définition fort éloignée des actes héroïques attendus de la part d’un héros toujours prêt à secourir la veuve et l’orphelin.
Daniel Way au scénario et Bong Dazo au dessin restent fidèles au poste pour conter les aventures toujours aussi loufoques de ce bon vieux Wade Wilson. A la suite des événements survenus dans la dernière série X-Men en date, écrite par Victor Gischler, un nouveau clan de vampires, mené par Xarus, le propre fils de Dracula a émergé. Tout d’abord, Xarus a assassiné son père puis a équipé son armée de vampires de médaillons réfracteurs de lumière afin de pouvoir se mouvoir en toute sécurité en plein jour. L’intervention décisive des X-Men de Cyclope, alliés pour un temps à un Dracula ressuscité a permis de mettre un terme aux ambitions de Xarus. Mais les vampires n’ont pas dit leur mot, loin de là et voici que Deadpool rentre lui aussi dans la danse vampirique.
Ce court arc en deux parties se situe durant le coup d’Etat et la prise de pouvoir de Xarus sur la Nation Vampire. On découvre ainsi une faction vampirique venue trouver Deadpool et qui se propose de l’engager moyennant bien évidemment une monnaie sonnante et trébuchante, afin de les protéger et surtout de venir à bout de la Secte de la Griffe, une organisation rivale des commanditaires de Deadpool. Ce dernier, ayant sur le coup (et on le comprend) du mal à réaliser qu’il se fait engager par des vampires, ou plutôt des Draculaz comme il aime à le redire, a besoin d’un léger temps de réflexion mais très vite, ses nouvelles tendances héroïques reprennent le dessus et le voilà en train de lutter face à une armada de Draculaz déchaînés en plein cœur d’une clinique, officieusement subventionnée par la Nation Vampire en échange des poches de sang contenues dans la banque du sang de l’hôpital.
Deadpool face à des vampires en surnombre, cela donne forcément plus de scènes de combats, de décapitation et de mutilation teintées d’hémoglobine qu’il n’est nécessaire. Mais l’humour ravageur du mercenaire à la grande gueule permet d’alléger la situation sans aucun souci. C’est d’autant plus agréable que ce cher Wade Wilson en profite au passage pour égratigner la saga vampirique pour adolescents Twilight dans une petite parodie humoristique. Et puis, romantique comme il l’est au plus profond de lui-même, au fur et à mesure du combat, Deadpool lutte finalement pour une autre récompense, sans doute plus belle qu’une simple liasse de dollars, à savoir les beaux yeux d’une charmante doctoresse qui pourrait d’ailleurs succomber au pouvoir de séduction du mercenaire. Mais avec Deadpool, la déception n’est jamais très loin...
En conclusion, la série Deadpool nous propose une nouvelle fois une petite saga très sympathique, fun, décalée et surtout courte où l’humour reste omniprésent, et même si je me répète, Dieu que cela peut faire du bien en ces temps de déprime et de sinistrose ambiante !
Parution française dans Deadpool #11.