En disgrâce à l’issue des événements de Shadowland, Matt Murdock alias Daredevil, l’homme sans peur et protecteur du quartier new-yorkais de Hell’s Kitchen est contraint de quitter la ville afin de se reconstruire tant psychologiquement que physiquement. Mais le héros aveugle n’abandonne pas son quartier pour autant et charge T’Challa, la Panthère Noire de veiller sur son territoire et de rendre la justice dans un quartier dont la criminalité atteint toujours des sommets. En somme, un nouvel homme sans peur prend la suite de Daredevil à Hell’s Kitchen.
Changement de personnage principal et de titre pour la série classique Daredevil, interrompue au #512 et qui se transforme dès le #513 en Black Panther : The Man Without Fear. Le romancier David Liss effectue ici quasiment ses premiers pas dans le domaine de la bande dessinée. Associé aux dessinateurs Francesco Francavilla et Jefte Palo et dans la grande tradition de la série Daredevil, l’ambiance du titre reste résolument sombre, urbaine, glauque et teintée d’une atmosphère de polar ou de film noir.
Avant que Daredevil ne soit corrompu par le démon Snakeroot lors de Shadowland, le justicier aveugle avait pour ambition de nettoyer définitivement le quartier de Hell’s Kitchen de la pègre locale, des criminels et autres maffieux qui infestent cette jungle urbaine d’un type particulier. Les choses ne se sont pas tout à fait déroulées comme prévues et c’est à présent à T’Challa de reprendre le flambeau et de nettoyer la ville de sa sombre crasse.
Avec l’aide de Foggy Nelson, l’ancien ami et collègue de Matt Murdock au sein du cabinet d’avocats Nelson & Murdock, T’Challa se voit attribué une toute nouvelle identité. Il est désormais Monsieur Okonkwo, un ressortissant de la République Démocratique du Congo, nouveau manager du « Devil’s Kitchen », un petit restaurant situé en plein Hell’s Kitchen, ce qui lui permet de bénéficier d’une couverture idéale. De jour, il sera un honnête commerçant au courant de toutes les petites affaires du quartier et la nuit, il se transformera en justicier, en nouvel homme sans peur chargé de faire régner la justice à Hell’s Kitchen.
Mais qui dit nouveau héros, dit nouvelles menaces. Et les vilains ne tardent pas à montrer le bout de leur nez et à tenter de faire main basse sur le quartier. C’est le cas de Vlad Dinu alias l’Empaleur, un maffieux, en lien étroit et direct avec des laboratoires pharmaceutiques dont les recherches sur l’amélioration génétique ne seront pas sans créer des troubles d’importance. De même, une charmante voisine, plutôt insistante à l’égard de T’Challa/Okonkwo risque de croiser et de confondre la route d’un tueur en série d’un genre nouveau.
Et si T’Challa pourra toujours compter sur l’aide de l’inspecteur Alex Kurtz, déjà vu dans les précédents épisodes de la série Daredevil, d’autres héros, parmi lesquels Luke Cage et Spider-Man verront d’un mauvais œil, du moins dans un premier temps, l’arrivée de ce nouveau justicier aux méthodes brutales et quelques fois plutôt radicales.
Ainsi, ce premier arc introductif dédié à la nouvelle série Black Panther : The Man Without Fear se révèle très agréable à suivre, tel un bon petit film policier. La partie graphique est de grande qualité, et reste dans une tonalité proche de celle initiée sur la série Daredevil grâce à des gens comme Alex Maleev, Michael Lark ou bien encore Marco Checchetto. De même, et ce sans doute pour la première fois depuis bien longtemps, le personnage de T’Challa n’est pas le monarque arrogant, prétentieux, orgueilleux et imbu de lui-même comme on l’a trop souvent vu par le passé. Au contraire, T’Challa/Okonkwo est un citoyen sympathique, certes à la personnalité affirmée, mais il apparaît bien comme une personne soucieux du bien-être des autres et tout à fait altruiste. C’est assez rare concernant la Panthère Noire pour être souligné.
Seul gros reproche à mon sens, c’est celui de la menace présente dans cet arc inaugural, que je trouve relativement quelconque ou en tout cas au charisme très limité. Connaissant les ennemis habituels de Daredevil, voire de manière générale la faune de New York, il y aurait eu moyen de faire intervenir quelques vilains d’un tout autre acabit que celui de Vlad l’Empaleur. Une certaine déception donc.
Parution française dans 100% Panthère Noire #01 : L’homme sans peur.