Dans cet Elseworld, c’est Catwoman et pas Batman qui a la charge de la protection de la ville de Gotham. Alliée au commissaire Gordon, la riche héritière Selina Kyle, équipée de sa Catmobile et de ses Cat-gadgets dame le pion à des psychopathes comme Killer Croc ou le Joker. Il n’y a qu’un seul adversaire qui lui tienne tête, l’assassin psychopathe Bruce Wayne/Batman. Wayne découvre le secret de Kyle, l’épouse et tente de la tuer après leur nuit de noces pour pouvoir hériter du magot mais la féline Selina ne vas pas se laisser faire...
Je dois dire que cet Elseworld est à la fois surprenant et décevant. Surprenant car le thème peut paraître assez tiré par les cheveux (et peut être résumé assez facilement en “Et Si Catwoman était Batman ?”) mais Doug Moench, qui a écrit de nombreux comics de l’homme chauve-souris et est le créateur de Moon Knight et de Deathlok, a su tenir le lecteur en haleine en lui laissant même quelques surprises de taille. La mise en page de Jim Balent (dessinateur et scénariste de la série Tarot) est très dynamique. Il y a de bonnes séquences d’action dans un cadre gothique avec de nombreuses batailles à couper le souffle. Il est même amusant de voir les versions alternées de personnages de la Bat-Family avec une version féminine de Two-Face, un ex-mannequin défiguré et Alfred remplacé par Brooks, une soubrette sexy.
Décevant car ce récit baigne dans une certaine facilité, Batman ne pouvant être que le côté noir de Catwoman et son obscur créateur (déjà entendu cette tirade-là quelque part...). Bien qu’il date à l’origine de 1999, cet Elseworld est un témoignage visuel des comic-books des années 1990 avec ses aventurières sexy, ses méchants psychopathes, ses scènes d’action over the top et sa psychologie de bas-étage, que ne renierait pas un mauvais téléfilm de cette époque. Cependant, il n’en reste pas moins plaisant et se lit très rapidement. Pour ne rien gâcher, l’intégralité de ces deux Elseworlds a été rééditée en 2011 dans un seul volume de la collection DC Comics Presents.