Le retour du Messie lors de Second Coming ne s’est pas fait sans douleur et l’un des faits les plus marquants est indubitablement la mort de Diablo. C’est en tout cas ce qui semble le plus toucher Wolverine dans sa chair et dans son âme. Kurt était son meilleur ami au sein des X-Men, son compagnon de route depuis l’arrivée du Canadien dans l’équipe. Alors quand son testament demande une dernière faveur à Logan, ce dernier n’hésite évidemment pas. Mais la tache va s’avérer tout de même ardue : amener un piano à queue à l’église de l’Ascension, située en haut d’une montagne du Venezuela et isolée du monde extérieur. Comprenez : sans route et sans piste pour atterrir ! Il lui faudra huit jours pour y arriver, ce qui lui permettra de réfléchir sur toutes les leçons de morale que lui auront donné Kurt et sa foi et d’entrevoir la lumière à l’issue de cet ultime enseignement.
Si cette série n’a que peu (voire pas du tout) d’impact sur le reste de l’univers des enfants de l’atome, rien n’interdisait Jason Aaron de s’appuyer sur les évènements en cours pour raconter une histoire. D’autant plus qu’un hommage pour finir une série s’y prête plutôt bien.
En tant que fan du farfadet bleu depuis mes premières lectures de la seconde génération de X-Men, il me semblait tout à fait normal que Marvel fasse un épisode hommage et il n’est aussi guère étonnant que ce soit fait par l’intermédiaire d’une série ayant Logan en principal protagoniste. Néanmoins, même si la thématique est en phase avec les aspirations du prêtre Wagner, j’avoue que le prosélytisme de l’auteur gêne un peu le lecteur athée. D’autant plus que ce n’est pas la première fois qu’il évoque ce sujet dans une histoire de Wolverine (voir The list). Alors, est-ce un simple hommage, un tremplin bien préparé en amont pour de nouvelles intrigues ou un message personnel ? Ce dernier point peut sembler un peu tiré par les cheveux, mais encore une fois, le religieux est présenté comme celui qui donne la bonne, la vraie leçon à l’incroyant (et peut être même au Darwinien) et lui permet lui aussi de découvrir la lumière (céleste), représentant ici son ami et de voir son âme monter au ciel, après cette ascension (belle parabole pour un mutant qui ne meure pas ou qui ressuscite tout le temps). Et là, c’est étonnant qu’elle n’ait pas duré dix jours car on vit clairement la Pentecôte de Kurt. De mon point de vue, voilà une religion légèrement revisitée et il ne manquerait plus que Logan aille prêcher l’évangile pour que cela devienne complet.
Même si cet hommage est clairement adapté au personnage, on ne peut pas dire que ce soit le meilleur de cette catégorie, même s’il ne s’est pas voulu larmoyant, contrairement à ce qui se fait habituellement. Et finir cette série (la suite se déroulera dans la quatrième série de Wolverine) plutôt réussie par cet épisode est plutôt dommage et gâche un peu ce qu’on a vu jusque là. D’autant plus que le dessin de Davide Gianfelice, au coup de crayon un peu grossier à mon goût (surtout sur les planches où ils sont en costume), n’est pas au niveau de ses prédécesseurs. Mais il est vrai qu’il n’a pas eu l’occasion de se mettre en évidence sur des pages dynamiques.
Avis : un épisode hommage évident, de transition inter-série de surcroit, mais qui aurait pu être plus réussi.
Parution française dans Wolverine #209