Comme le titre de cette chronique l’indique, nous arrivons à la fin d’une époque, celle de la deuxième grande ère de l’univers Ultimate. En effet, après 160 épisodes, la série Ultimate Spider-Man tire sa révérence. Mais comment en sommes-nous arrivés là ? Un peu d’histoire pour démarrer.
Lancée en 2000 aux Etats-Unis la gamme Ultimate avait pour but non seulement d’attirer de nouveaux lecteurs, rebutés par près de 500 épisodes d’Amazing Spider-Man et 400 d’Uncanny X-Men, avec une continuité éditoriale très lourde, mais surtout de simplifier la lecture de comics et d’essayer de rendre tout davantage considérable et pour les fans de longue date et pour les nouveaux venus. Lancés en grandes pompes, Ultimate Spider-Man et Ultimate X-Men furent les deux premiers titres de la gamme, avant d’être rejoints quelques mois plus tard par la série Ultimates de Mark Millar et Bryan Hitch, un équivalent des Ultimate Avengers. La mini-série Ultimatum de Jeph Loeb et David Finch sonna le glas de la première époque des séries de la franchise Ultimate. Ultimate X-Men s’arrêta au numéro #100 tandis qu’Ultimate Spider-Man eut droit à son clap de fin au #133. Ecrite par Brian Michael Bendis depuis le premier épisode, Mark Bagley fut en charge du dessin jusqu’au #111, épisode au cours duquel il passa la main à Stuart Immonen qui mena à la série à son terme.
Mais avec la fin d’Ultimatum, Marvel inaugura alors la deuxième grande ère de l’univers Ultimate, lançant de nouvelles séries, et notamment un second volume d’Ultimate Spider-Man, avec un redémarrage au #1. Et si Brian Bendis était toujours présent au scénario, David Lafuente puis Sara Pichelli se chargèrent de la partie artistique. La série s’arrêta au #15 avant que sa numérotation ne fusionne à l’occasion d’Ultimate Spider-Man #150. Et après un court arc prélude à celui chroniqué ici (du #153 au #155), afin de fêter en grandes pompes cet événement d’importance, il ne s’agit ni plus ni moins que de la mort de Spider-Man (rendez-vous compte !) Mark Bagley est exceptionnellement de retour au dessin le temps de ces cinq ultimes épisodes, bouclant ainsi la boucle.
Evidemment, la vie du jeune Peter Parker, alias Spider-Man a connu de nombreuses évolutions en plus de 150 épisodes, mais au moment où démarre cette histoire, tout semblerait aller pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles. Il a enfin réussi à mettre un terme aux agissements de Mystério et du Caïd, alors que du côté de sa vie sentimentale, il file à nouveau le parfait amour avec Mary Jane. De plus, Iron Man se charge de lui enseigner les rudiments super-héroïques dont il a besoin s’il veut un jour pouvoir rejoindre l’équipe des Ultimates. Mais c’est toujours lorsqu’on s’y attend le moins, que tout peut basculer en une fraction de secondes.
Norman Osborn, également connu sous le nom du Bouffon Vert, némésis de Peter Parker/Spider-Man est enfermé au Triskelion et sous très bonne garde. Alors qu’on pensait qu’il ne possédait plus ses pouvoirs de Bouffon, ce dernier dévoile son véritable visage après avoir bien endormi ses adversaires et prend la fuite, emmenant avec lui d’autres détenus du Raft, tous des ennemis jurés de Spider-Man et qui sont loin d’être des enfants de cœur. Une nouvelle équipe de Sinistres Six est ainsi formé comptant dans ses rangs outre le Bouffon Vert, Kraven le Chasseur, le Vautour, Electro, le Docteur Octopus et l’Homme Sable. Leur but ? Se venger de Peter Parker !
Pendant que les Vengeurs échangent des amabilités avec leurs rivaux des Ultimates, Spider-Man se retrouve pris entre deux feux et d’interpose entre une balle tirée par le Punisher (membre des Vengeurs) et Captain America, sauvant la vie de ce dernier. Déjà considérablement affaibli par cette blessure, Peter Parker ne peut qu’être témoin du chaos provoqué par Osborn et ses sbires à travers la ville, qui veulent non seulement se venger de Parker, mais également de tous ses proches. Mary Jane, Gwen Stacy Tante May, personne n’est à l’abri. Et malgré une résistance héroïque de la part d’Iceberg et de la Torche, « cousins » de Peter Parker, les Sinistres se déchaînent jusqu’à l’arrivée de Peter. Le combat final entre Spider-Man et les vilains se déroulent au cœur même du quartier d’habitations de Peter et de sa famille.
La confrontation finale, qui dure près de trois épisodes est de toute beauté. Mark Bagley y est à son meilleur niveau, la narration est claire, dynamique, efficace et surtout empreinte d’énormément d’émotion. Bendis livre une copie sans fautes. Le combat est héroïque, épique, tout en tension et à la dramaturgie étoffée. Quant à savoir si Spider-Man en réchappera ou non, je n’en dévoilerai évidemment rien, mais sachez tout de même que les Sinistres Six ne seront pas épargnés pour autant, n’ayant besoin de personne d’autre pour s’entretuer.
Ultime arche narrative de la série Ultimate Spider-Man, « La mort de Spider-Man » est un réel petit chef d’œuvre, qui conclut avec maestria une série qui tout au long de ses 160 épisodes aura été, il faut le souligner, d’une rare régularité en terme de qualité. Et pourtant, l’univers Ultimate ne tire pas encore sa révérence définitive. Au contraire, le début de la troisième ère grande Ultimate est déjà pour demain !
Parution française dans Ultimate Spider-Man (Vol. 2) #11 et #12.