Un événement comme Fear Itself, présenté le long d’une mini-série en sept parties et dans laquelle la décompression scénaristique atteint des sommets rarement atteints, présente néanmoins l’avantage (même s’il y a aussi bon nombre d’inconvénients) d’égrener un chapelets de mini-séries ou de tie-in destinés à apporter un éclairage supplémentaire ou tout du moins différent de ce qui est montré ou pas ou alors tout juste évoqué dans les pages de la mini-série principale. C’est justement là qu’intervient une mini-série telle que Fear Itself : The Deep qui, comme son nom l’indique braque les projecteurs sur les fonds sous-marins et en particulier sur Attuma, éternel rival de Namor et transformé à l’aune de Fear Itself par le Serpent en Nerkkod, le briseur d’océans.
Nous découvrons ainsi de quelle manière Attuma/Nerkkod a vaincu Namor, s’est emparé de son royaume d’Atlantis et procède petit à la destruction du fief du Prince des Mers. Les mers et les océans sont désormais entièrement sous la domination de Nerkkod qui aux côtés de ses fidèles, Tyrak, Requin Tigre et Aradnea envisage déjà de porter un coup fatal à Namor et au monde de la surface.
Namor justement, abattu, affaibli trouve aide et réconfort auprès du Docteur Strange, son ancien camarade de l’équipe des Défenseurs, qui projette grâce au sortilège de Belial de lancer un appel afin de rassembler de nouveaux équipiers et donc en quelque sorte, de lancer une nouvelle mouture des Défenseurs, soit des héros a priori totalement opposés mais qui ensemble, lorsque c’est nécessaire sont à même de sauver le monde. Problème, très peu de monde répond à cet appel et Strange, Namor et la jeune mutante Loa se voient être uniquement rejoints par Lyra, alias la Miss Hulk Sauvage ! Une seule personne supplémentaire certes mais avouons qu’avec une telle puissance de frappe héritée de son père, c’est pourtant déjà pas mal du tout ! Mais ce serait oublier un peu vite qu’au fil des années Namor et le Docteur Strange ont noué des relations avec bien d’autres personnages de l’univers Marvel et très rapidement, un autre de leur ancien compagnon du temps des Défenseurs se joint à la fête, le Surfer d’Argent, qui lui dispose ni plus ni moins que du pouvoir cosmique ! Tout d’un coup, la donne semble capable de s’inverser.
Fear Itself : The Deep se focalise donc essentiellement sur la façon dont Namor va tenter de reconquérir son royaume et de venir à bout d’Attuma/Nerkkod. Le scénariste Cullen Bunn, qui décidément ne cesse de monter chez Marvel, offre ainsi l’occasion au dessinateur Lee Garbett, plutôt en forme, de bien se faire plaisir lors des scènes de combat et elles sont nombreuses. Requin Tigre, Tyrak, Aradnea et autres créatures sous-marines font ce qu’ils peuvent pour empêcher ces nouveaux « Défenseurs » d’approcher de Nerkkod mais cela ne suffit pas. Ce dernier est obligé d’intervenir dans la bataille et c’est ce moment que choisit Strange pour convoquer tous ceux qui furent ne serait-ce qu’une fois au cours de leur vie membres des Défenseurs : Moon Knight, la Gargouille, Manta, Daimon Hellstrom, l’Epée, ils sont tous là pour venir à bout des troupes en déroute d’Attuma qui lui est occupé à livrer un ultime duel avec le Prince Namor.
Fear Itself : The Deep est à mon sens la mini-série tie-in par excellence telle qu’elle devrait toujours être lors d’événements tels que Fear Itself. C’est un parfait complément scénaristique à la mini-série principale, qui apporte un éclairage très important sur un aspect tout juste évoqué dans les pages de l’histoire mère et surtout cette mini-série est très bien réalisée. C’est simplement une bonne histoire, compréhensible, avec un début, des rebondissements et une fin. Du travail solide !
Parution française dans Marvel Monster Edition : Fear Itself #01.