Après deux précédentes séries régulières, la première au cœur des années 1990, la seconde plus récemment dans le sillage du Dark Reign de Norman Obsorn, voici que Marvel redonne sa chance à James Rhodes alias War Machine, fidèle acolyte depuis maintenant fort longtemps de Tony Stark/Iron Man, dans une nouvelle série régulière très sobrement nommée Iron Man 2.0.
James Rhodes a connu de nombreuses turpitudes depuis un certain nombre d’années et on ne peut pas vraiment dire que Marvel y soit allé de main morte avec lui. Supposé mort, réincarné dans un corps de cyborg, revenu à la vie, les récentes péripéties de Rhodes n’ont pas non plus brillé par une folle et pertinente ingéniosité des scénaristes. Heureusement, grâce au travail de longue haleine de Matt Fraction et Salvador Larroca (qui dessine d’ailleurs toutes les couvertures d’Iron Man 2.0, en quelque sorte un signe de continuité) sur le titre Invincible Iron Man, le personnage semble être revenu en grâce, bénéficiant même d’une certaine pointe de popularité, suffisante en tout cas pour qu’il ait droit à son propre titre, la série Invincible Iron Man devenant trop étroite pour deux héros en armure.
Le scénariste Nick Spencer, très populaire chez Marvel ces derniers temps hérite ainsi de la lourde charge d’écrire cette nouvelle série régulière, aidé au dessin par le classique mais toujours très efficace Barry Kitson ainsi que par Kano, l’italien Carmine Di Giandomenico et malheureusement aussi du froid et articiel Ariel Olivetti qui devient le dessinateur officiel du titre dès l’épisode #04. J’avoue que j’aurais préféré voir Kitson rester plus longtemps. Les voies des comics sont parfois bien impénétrables...
Nick Spencer poursuit le travail réalisé par Matt Fraction autour du personnage dans la série susmentionnée et on retrouve donc James Rhodes qui travaille à nouveau pour le compte de l’armée américaine et du général Babbage qui ne le porte pas vraiment dans son cœur. Rhodes rejoint une équipe d’enquêteurs spéciaux des services secrets formée d’Ernst Hoyer, de Kaylie Doran et de Mike Zelinsky en charge d’un dossier complexe et épineux, celui de Palmer Addley. Ce dernier est un ingénieur de génie qui a longtemps collaboré avec la Darpa et les services américains. Seul problème : Palmer Addley est mort, il s’est suicidé et son funeste héritage essentiellement composé de nouvelles armes révolutionnaires essaime partout à travers le monde, sauf au Pentagone et est responsable de nombreux et récents attentats terroristes. A Rhodes donc et à son équipe d’enquêteurs de régler la situation.
Avec son armure de War Machine, James Rhodes peut donc être d’une aide providentielle dans cette course aux armements laissés derrière lui par Palmer Addley. Mais il pourra également compter sur le soutien, moral, technologique et financier à la fois de son vieux complice Tony Stark ainsi que d’une autre vieille connaissance, l’analyste financière Suzi Endo.
En quelques épisodes seulement, Nick Spencer nous présente donc un environnement certes familier, mais néanmoins neuf pour James Rhodes, ajoutant de nouveaux personnages réguliers au casting plus traditionnel d’une série dérivée d’Iron Man et compose une menace ou plutôt un mystère, celui de Palmer Addley donc, extrêmement intéressant. L’épisode #04, qui voit aussi l’arrivée d’Ariel Olivetti au poste de nouveau dessinateur régulier du titre est ainsi passionnant à plus d’un titre puisqu’il se présente sous la forme de plusieurs témoignages nous éclairant encore davantage sur ce curieux personnage. On peut cependant regretter que l’intrigue autour de Palmer Addley est tout bêtement laissée en suspens à l’issue de ce quatrième épisode, puisque les trois épisodes suivants sont des tie-in à Fear Itself et délaissent donc totalement l’histoire en cours. Une pratique assez maladroite à mon sens de la part des rédacteurs éditoriaux de Marvel et surtout aussi très malheureuse puisque c’est exactement le genre de phénomène qui ne fait qu’accélérer la chute d’une série sans jamais lui laisser le temps de se développer par elle-même. Il ne faudra donc pas s’étonner si je vous apprends que la série Iron Man 2.0 s’est éteinte à l’issue de l’épisode #12. Messieurs de chez Marvel, beau travail !

Parution française dans Avengers Extra #01.