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lundi 13 février 2012
par Soyouz

Angoulême 2012 : Carnet de bord de Soyouz


Pour la 39ème édition du festival international de la bande dessinée d’Angoulême, je change légèrement de formule. Enfin surtout, je l’agrandis : allons-y gaiement pour un jeudi-vendredi-samedi. Surtout que cette fois-ci, je n’y vais pas seul.

Jeudi 26 janvier 2012 : tour du monde des dédicaces

(JPEG) Comme en 2010, j’ai logé chez des connaissances, et comme en 2010, nous (oui, cette année, c’est nous. Suivez un peu, je l’ai dit deux lignes plus haut) sommes arrivés la veille par la voie routière. Assez pratique pour l’autonomie, d’ailleurs. Et contrairement aux autres années, je n’ai absolument rien préparé. A peine me suis-je renseigné sur les prix (histoire de voir si le pass de 4 jours valait le coup).

Levé finalement plus tardif que prévu, on arrive tranquillement à 9h50 du côté de la bulle Nouveau Monde, pour acheter nos fameux sésames. Et pourquoi par là : parce qu’il n’y a jamais de queue le jeudi pour y acheter ses places (mais surtout, ne le dites à personne). Bracelet en place, nous voilà partis vers le Champ de Mars, là où les gros éditeurs se retrouvent ... Mais aussi les festivaliers ! File d’attente de taille assez inattendue pour ma part devant le franco-belge et je m’attends donc au pire pour la bulle US-Asie. Il n’en est rien et finalement, malgré un petit retard à l’ouverture, tout se passe assez tranquillement pour entrer sous le chapiteau, tout comme dans le minuscule Stand Panini (ils ont préféré laisser un grand espace pour une exposition Ryan Meinerding à l’occasion de la sortie du film Avengers). Mais ce n’est pas la même chanson pour en sortir. Là, pour le coup, j’aurais pu patienter une demi-heure avant de faire comme beaucoup et prendre les sorties kiosques de février, parce qu’il y a la queue aux caisses. Et les personnes du magasin Pulp à Paris (Album n’a pas été réquisitionné cette année) ne semblent pas très à l’aise avec les machines à cartes (ou alors pas bien réveillées).

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Première déception : le t-shirt offert pour un certain nombre d’euros dépensés ressemble vraiment à un transfert fait à la maison avec une image pas très réussie. C’est la crise en Italie, même dans les cadeaux. Pas grave, on pense aux petits neveux et on empoche speed-skaters Spider-Man et autres lance-planeurs Batman donnés à la sortie.
Ma moitié me demande ce qu’est donc que cet attroupement devant la table paninienne et je lui dis que c’est simplement pour avoir des dédicaces des dessinateurs. Me regardant avec un air désespéré, je la rassure en lui disant qu’on avait bien autre chose à faire que d’attendre 3h en espérant avoir un dessin (si dans le meilleur des cas, j’étais tiré au sort). Ouais, ils sont fous ces festivaliers !

(JPEG) Rapide tour dans l’arrière de la bulle et franchement, la partie asiatique est peu engageante et fait bien vide. Avant, il y avait Soleil, ses filles et ses sonos. Aujourd’hui, c’est bien morne et silencieux. Je note quand même qu’Indeez s’est payé une bonne place, aux côtés d’Atlantic BD et d’Akileos où nous nous arrêtons. Les auteurs de Block 109 sont déjà au taquet et je remarque la présence d’une petite BD au format très comic-book (d’ailleurs, la couverture va jusqu’à reprendre le logo du fameux Comics Code Authority). L’occasion donc de discuter avec Emmanuel Boutoille qui nous explique que Chaos Team est le nouveau projet de Brugeas et Toulhoat et qu’ils ont profité d’Angoulême pour une petite avant-première à moindre coût pour le lecteur. J’en profite pour regarder le planning des dédicaces et c’est finalement Madame qui lance les hostilités avec une dédicace en couleur de Jason Little (au look très anglais) sur Shutterbug Follies.

(JPEG) Changement de bulle, on passe chez les franco-belges pour faire le repérage des dédicaces éventuelles et je rencontre mon premier bouquiniste angevin (c’est décidément devenu une habitude de lui passer un petit bonjour dans les festivals), rapidement afféré avec deux clientes. Puis Stan Sakaï déjà là pour les dédicaces, on ne peut pas louper cela. Surtout qu’il y avait devant nous un Australien avec une sorte d’intégrale-Omnibus d’Usagi Yojimbo dans un format de folie. Et donc, plus la page blanche est grande, plus Sakaï dessine. C’est tout bonnement magnifique et la rencontre entre eux est plutôt sympathique ! Pendant ce temps, je faillis de m’étouffer quand une petite dame attendant dans la file avec un tome 1 pour son fiston est en train de me dire « mais c’est pour les enfants, ça ». Restons calme et cool et entamons une petite explication !

(JPEG) On ressort pour filer enfin vers les Indépendants et l’on rencontre Fredo de Superpouvoir.com. Le typique « on s’appelle, on se fait une bouffe » pour le midi s’organise et voilà qu’à peine rentrés, on voit le plus grand auteur de France s’installer à la Cafetière ! C’est avec un certain plaisir que je le déleste d’un Crouzadès 2 qu’il me dédicace prestement tout en me montrant ses derniers projets en recherche d’éditeurs (du Nikolavitch dans le texte, assurément). Entre-temps arrivent les très sympathiques et souriants Corinne et Thomas Davier, que j’ai donc plaisir à rencontrer après les avoir interviewés par les voies électroniques. Après une plaisante discussion (j’apprends que par le plus grand des hasards, j’ai servi d’entremetteur professionnel), on avance un stand plus loin pour tomber sur celui de la Pastèque et surtout Michel Rabagliati, l’auteur des Paul. Arrêt obligatoire (donc achat de Paul à Québec) et échanges très agréables sur son pays, le tout ponctué d’une dédicace personnalisée. Un homme à rencontrer et qui ne s’ennuie pas avec son personnage. La bibliothèque n’est pas prête de désemplir ! Entre temps, on entend Jean-Marc Lainé arriver chez Eyrolles (le stand était en face de celui de la Cafetière), puis quand on se retourne, il n’est déjà plus là.

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On avance plus dans la bulle (parce que mine de rien, on n’a même pas fait 20 mètres, et on arrive devant le stand des éditions Çà et Là. Arrêt évidemment obligatoire (ce sera un peu le fil rouge du week-end d’ailleurs) et jolie dédicace toute en finesse (elle s’intègre parfaitement à la page) des Gratte-ciel du Midwest par Joshua Cotter. Je regarde le programme et Eddie Campbell est bien confirmé. Je ne m’attends pas à pouvoir l’approcher, surtout avec une seule heure de dédicace prévue dans l’après-midi.
(JPEG) Un peu plus loin, une personne du stand sur la bande dessinée norvégienne se jette presque sur nous pour qu’on prenne leur petite revue gratuite. Après le Québec, les vacances semblent nous poursuivre et on n’a guère envie de contrarier la demoiselle. Du coup, j’en profite pour lui poser quelques questions sur les BD de son pays. Approche l’heure du repas et en remontant, on croise Jean-Marc Lainé, tout dans la préparation de sa conférence sur Marvel. Je promets d’essayer de venir et comme c’était l’objectif de Fredo, après un repas fort sympathique, on se lance vers le lieu de rendez-vous.

On y rencontre évidemment des têtes connues, Nikolavitch et Ed Tourriol notamment. Seulement, la salle est pleine et aucun de nous n’a le droit de rentrer. Bon, ce sera pour une prochaine fois. Vu que Madame tente d’obtenir une place pour avoir une dédicace de Loisel et Tripp pour Magasin Général, je reviens tranquillement avec Niko et passant par la porte des artistes, on repasse devant le stand Çà et Là où Campbell est sans lecteur devant lui, alors qu’il n’aurait même pas dû être là d’après le planning.
(JPEG) Gentiment, il accepte de réaliser une dédicace sur son intégrale d’Alec que je m’empresse donc d’acheter. La barrière de la langue se fait sentir (ma traductrice personnelle ayant décidé de vaquer à ses occupations), mais il répond quand même à mes quelques questions derrière son air concentré (c’est d’ailleurs intéressant de voir qu’il a besoin d’une photo de lui présente sur un badge pour se dessiner). Le tout avec une certaine classe.
Très content, je repars et au stand de la Cafetière, c’est décidément le club de rencontre des traducteurs, puisque c’est le géant et éloquent Patrick Marcel que je retrouve. Imaginez donc la scène du petit Soyouz entouré d’un Nikolavich et d’un Manticore en train de disserter sur les défis intéressants que peut rencontrer leur métier. Le torticolis n’était pas loin.

Je retourne au Champ de Mars pour assister tout de même à la dédicace de Tripp et Loisel puisque ma chère et tendre a eu la patience d’attendre (et surtout avoir la première place, comme une vraie groupie). Par contre, les auteurs-dessinateurs ne dessinent pas, ils accompagnent leurs signatures d’un petit texte. Même pas une petite fleur ou un bout de cake. Après tout, ils font ce qu’ils veulent, ils ne doivent rien (par contre, 20 minutes d’attente supplémentaire, ils ne nous les devaient pas non plus ! Mais c’est aussi ça la loi d’Angoulême).
Après cette relative déception, on tournicote pour se retrouver dans le stand des éditions Emmanuel Proust et surtout une valeur sûre, notre chouchou, Nicolas Otero qui n’arrête décidément pas avec son AmeriKKKa de dédicacer. Un bonjour, des taquineries et de la négociation pour une dédicace du troisième et dernier tome de Sixième Soleil chez Glénat. Malheureusement, pas moyen de mettre la main sur cet album chez l’éditeur, ni même dans la petite librairie du centre commercial. On va remettre ça à plus tard.
(JPEG) La fin de journée approche et j’avais repéré que chez Denoël Graphic, la femme de Robert Crumb serait en dédicace. Un dernier tour donc au Nouveau Monde et il n’y avait quasiment plus personne avec Aline Kominsky-Crumb. Une nouvelle dédicace donc avec une auteure qui parle un peu français et qui évoque assez facilement l’histoire de ce Parle-moi d’amour ! qu’elle réalisa avec son mari. Belle rencontre encore une fois avec une artiste accessible.
Cette fois-ci, le festival ferme ses portes et après un bonsoir à Jean-Marc, Alex et Patrick, nous voilà dans le salon de nos hôtes en train de siroter le fameux Cognac-Schweppes !

Vendredi 27 janvier 2012 : do you speak english ?

En discutant avec l’un de nos hôtes (lui qui n’y connaissait rien en BD, en deux ans de temps, il maîtrise au moins plutôt bien le festival), nous nous sommes dit qu’il serait intéressant de faire quelques expositions cette année. Mais avant, il nous fallait trouver la bande dessinée d’Otero, mais nulle part en pays angoumoisin elle ne s’y trouva (pas même dans la librairie du musée). On rejoint alors Chris et Ronan chez Casterman avant de filer dire un petit bonjour à Otero et lui dire qu’il n’y aura pas de dédicace cette année (une 1ère depuis 2004 !). Néanmoins, on profite du spectacle, tout comme notre hôte qui passait par là et qui souhaitait savoir comment cela pouvait se dérouler (en même temps, avec Otero, c’est toujours un peu particulier !) et se lancer dans un petit reportage photo.
(JPEG) De toute façon, nous allons nous rattraper avec Cartigan 1 de Dan Willet et Daniel Lish chez Akileos. Le deuxième nous réalise un superbe sketch et on échange presque une heure avec le premier, avec son anglais très clair et compréhensible, même pour moi. Une très agréable discussion avec un auteur très curieux des lectures de ses lecteurs, avec notamment Mike Mignola et Jim Starlin comme sujets. Et même Tony Cliff, en dédicace à côté pour Delilah Dirk, a participé. Un des meilleurs moments de ces trois jours, assurément !

(PNG) Et finalement, le temps a défilé vite et il est déjà l’heure de déjeuner. Direction vers une sorte de salon de thé - mini resto, tenu par des Anglaises (pas étonnant avec un tel concept) et qui fait également galerie d’art. Et pour l’occasion, ce sont des affiches de films qui auraient pu exister qui s’exposent, réalisées par des dessinateurs d’une association locale, Café Creed. Cela entraîne forcément de nombreuses discussions (mais comment se fait-il que le Watchmen de Gilliam ne soit pas représenté ?!). Le recueil nous fait de l’œil et file rapidement dans nos sacs respectifs. Le menu sort de l’ordinaire, mais il aurait mérité d’être un peu plus chaud. Au moins, la bière locale au cognac, dont la bouteille est décorée spécialement pour l’occasion, est bien fraîche. Petite discussion avec l’auteur d’Invisibles et nous voilà repartis à la bulle Nouveau Monde.

(JPEG) Chris souhaitait dire bonjour à Tanguy Mouchot, une bonne occasion pour moi de le rencontrer et de découvrir par la même occasion les beaux livres Fantax (vraiment une très belle édition). En remontant vers la sortie, je vois Joe Sacco et seulement une file de deux personnes. Je l’avais raté en 2010 à cause de la foule, cela n’allait pas se réaliser une seconde fois. Et en plus, cet auteur-journaliste est très accessible et plutôt humble. Rare que ce soit un auteur qui pose les questions et qui cherche à savoir pourquoi on vient acheter son livre (mon choix s’étant porté sur Goražde).

Il n’empêche que nous sommes loin de l’un de nos objectifs du jour, à savoir la visite de quelques expositions. Celle de DOG étant sur le chemin, nous profitons par la même occasion pour visiter les beaux locaux de la mairie (escalier en colimaçon en vieille pierre). Étrange bande dessinée que celle de DOG, sans aucun texte et très sombre. En tout cas, elle semble bien avoir intéressé Craig Thompson (que j’ai eu le temps d’observer en action pour Habibi, en attendant Loisel la veille) qui a même pris quelques photos.
Petite pause bouquiniste avec Chris et cette fois-ci, j’arrive tout de même à trouver quelques Spawn manquants. Mais si on va à chaque fois dans l’espace Para-BD, c’est surtout pour le plaisir des yeux et regarder avec envie les planches originales.

Retour chez les éditeurs où l’ont rencontre une nouvelle fois Nikolavitch, mais cette fois-ci au stand du Motif. Il nous raconte son débat avec Jean-Marc Lainé, toujours dans la même salle comble, qui aurait normalement dû se faire avec Harry Morgan. Cela aurait pu être rigolo, mais la SNCF en a décidé autrement et finalement, cela a dû ressembler à du Superpouvoir.com en live ! J’en profite tout de même pour goûter à même la flasque un breuvage réalisé par la tata d’Alex, de la Rakija, à base de prune, de marc de raisin et de noix. Je n’ai pas su quel était le degré d’alcool, mais pour préparer l’apéro, cela passait très bien.
On file dans la bulle des comics, où Chris tente désespérément d’avoir une dédicace de Berthet One pour l’Evasion. Encore raté, mais au moins, on rencontre Jean Depelley qui nous informe de la sortie du DVD de Marvel 14.

(JPEG) Arrive l’heure du goûter et la traditionnelle fouée au chocolat s’impose avant d’aller rencontrer en live Jean-Marc Lofficier, qui ne manque pas de me charrier (si un jour nous réalisons un dossier sur les impubliables de France-Comics, vous saurez pourquoi. Mais pour l’instant, le fichier est classé dans la Zone 51 !). Nous faisons l’erreur de passer une énième fois devant le stand de Çà et Là et malheureusement, l’auteur de Chasseurs de Ptérodactyles est encore en dédicace. Il faut savoir qu’à partir d’une certaine heure, on peut manquer de courage et de volonté. Dessin donc de Brendan Leach, un pur New-Yorkais de Brooklyn (parce que forcément, on a un peu discuté avec lui, mais mon anglais s’étiolait autant que ma volonté) avec une barbe immense. La personne qui gérait le stand (et qui doit sûrement faire partie de l’équipe de l’éditeur) nous reconnaîtra sûrement la prochaine fois et avec le nombre d’achat que l’on a effectué, elle a estimé qu’on méritait bien nos trois badges de Ptérodactyles (oui, parce que j’ai oublié de vous dire : c’est l’année des badges chez la majorité des éditeurs. Donc à chaque achat, toc, un badge lié à la BD !). En tout cas, valait mieux l’acheter en fin de journée, car ce bouquin est immense et ne rentrait pas dans mon sac.

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C’est l’heure de sortir, mais nous rencontrons pour la première fois de la journée Patrick Marcel, qui venait d’être pris dans un guet-apens : un planche originale d’Achille Talon de Greg s’est jetée devant lui, ainsi que deux ou trois autres dessins également (et c’est vrai que cette planche est superbe). Il en profite également pour nous présenter le mythique historien des comic-books, Jean-Paul Jennequin, aussi intéressant à l’oral qu’à l’écrit. Il nous montre par la même occasion l’une de ces dernières traductions, une BD pornographique de Colleen Coover, Small Favors chez La Musardine. On peut en penser ce qu’on veut, mais le coup de crayon de cette dessinatrice est quand même très agréable.
Et alors que ce petit groupe, ainsi que Jean-Marc Lainé qui était encore dans les parages et Odrade, dessinatrice notamment pour Mon Père est un gros chat, scénarisé et autoproduit pour le célèbre Mathieu Doublet. Mais il va être temps de sortir, ça fait une demi-heure que le festival est fermé. En tout cas, c’est ce qu’on nous comprendre. Et puis faudrait pas que le Cognac-Schweppes se réchauffe.

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Samedi 28 janvier 2012 : tout un Art !

Pas pressé d’être en orbite ce dernier jour. Du coup, on arrive tranquillement sur notre lieu de parking habituellement vers 10h, avec la ferme intention de voir l’exposition concoctée par Art Spiegelman, le président du jury, au CIBDI (Cité Internationale de la Bande Dessinée et de l’Image). Mais arrivés sur place, quand on demande où se trouve l’exposition, la personne nous annonce que l’auteur de Maus commence tout juste sa conférence, dans les mêmes locaux, je me dis que ce serait dommage de ne pas le voir en chair et en os. Nous prenons donc place dans la salle de cinéma de la Cité et l’écoutons pendant plus d’une heure évoquer le patrimoine du 9ème art (j’ai pris des notes, ils ont parlé d’œuvres qui ont aiguisé ma curiosité). Et coup de chance, tout était traduit français, vraiment tout (même ce que j’arrivais à comprendre). A la fin de la prestation, nous avons vu une scène hallucinante avec des personnes du public qui voulaient absolument faire dédicacer leur Maus. Un peu de respect quand même, Spiegelman n’était vraiment là pour ça !

Et alors qu’on allait enfin voir la fameuse exposition, on nous annonce que la conférence suivante aurait pour sujet la bande dessinée américaine autobiographique. Étant donné que j’en ai lu un certain nombre ces dernières années (et que j’en ai encore achetés ce week-end), je ne pouvais rater ça. Petite déception quand même, car ce n’était pas généraliste, mais très ciblé essentiellement sur trois auteurs. Néanmoins, cela n’en a pas été moins intéressant et je note que les participants en avaient encore largement sous le coude. Harry Morgan, auteur notamment (en partie) des Apocalypses de Jack Kirby, débuta en présentant l’œuvre de Justin Green, traduit par lui-même et récemment publié par Stara. Son style oral ressemble beaucoup à son style écrit, très académique, trop universitaire, cherchant toujours à citer et à reciter. Ce qui fait qu’au démarrage, il perd énormément en fluidité et il faut parfois s’accrocher pour suivre son propos. Cela ne l’empêche pas d’être très intéressant et de présenter un bouquin qui viendra assurément remplir ma bibliothèque.
Thierry Groensteen évoque avec justesse la question « du récit de survivant au roman graphique » à travers l’œuvre d’Art Spiegelman avec Maus, A l’ombre des tours mortes, MetaMaus (qui vient de sortir) mais aussi d’autres comme le Master Race de Bernie Krigstein et Al Feldstein. Le point positif, c’est que cela a donné envie de lire Maus à Madame.
Le temps s’écoule et il en reste peu pour Jean-Pierre Mercier pour parler de Robert Crumb. Et là, je peux vous dire que ce que j’ai lu de l’Américain s’imbrique parfaitement dans le propos du conférencier et que ce dernier m’a permis de mettre des mots et d’agencer les idées que je mettais faites sur l’œuvre de Crumb. Terriblement trop court, mais très fluide, instructif et intéressant. Pas de temps imparti pour poser des questions, dommage car j’en avais une ou deux pour une fois.

Il est grand temps de retrouver Chris et je me rends compte que cela fait bien longtemps que je ne suis pas venu un samedi. La foule est bien présente et l’intérieur des bulles n’est plus aussi attractif, même chez les Indépendants. On passe dire bonjour à Jean-Marc Lainé au stand Eyrolles et Alex Nikolavitch, qui me file une nouvelle fois sa fiole de Rakija, mais me fait goûter également à une boisson suisse, donnée par Odrade, à base de cerises et légèrement alcoolisée (très légèrement, vous vous doutez bien). Cette espace est vraiment une zone de rencontre puisqu’y passe le toujours très sympathique Jim Dandy et Jean-Marc me présente Luca Blengino (1881, Sept Survivants, Sam & Twitch : The writer, ...).
On se décide quand même d’aller déjeuner avec Chris et Ronan et cela s’avère plus compliqué que les jours précédents. On trouve finalement un endroit assez sympathique et au cours du repas, un murmure traverse le restaurant : « le président du jury est là ». Assez rigolo de voir comment les serveurs réagissent dans un tel cas. Le terme « président » à son importance à leurs yeux.

(JPEG) Dernière ligne droite angoumoisine, on retourne chez Denoël, enfin on tente, puisqu’il y a une queue immense devant la bulle. Question de sécurité, les vigiles à l’entrée doivent limiter les entrées. On finit par y arriver (certains ont attendu 30 minutes, de la vraie folie !!!) et on fait dédicacer Stieg Larsson - Avant Millenium, une biographie dessinée. L’auteur, Guillaume Lebeau, a travaillé 4 ans sur le sujet en réalisant un essai sur Larsson et un documentaire sur la nouvelle vague du polar scandinave. Il semblait un peu agacé avec toute cette histoire autour de la famille de l’auteur et trouvait dommage qu’on oublie l’homme, un marxiste antinazi (la BD promet d’être intéressante).

On retrouve quelques amis (qui n’ont rien à voir avec la BD. Si, ça existe à Angoulême) dans un bar. L’après-midi défile rapidement et il va être temps de prendre congé. Un petit salut à Otero (qui a fait baisser les piles de ses BD qui se trouvaient derrière lui de manière impressionnante), on souhaite un bon voyage de retour à Chris, on observe l’animation lumineuse sur les murs de la mairie (le Fauve avait la bougeotte). Un dernier petit tour (on ne sait jamais, des fois que j’aurais loupé quelque chose) chez les Indé, et voilà que l’on rencontre un membre de la famille. Décidément, ce festival est petit. On rentre chez nos hôtes et c’est l’occasion de montrer l’ensemble des dédicaces, mais aussi pour eux de nous faire une petite séance photo, dont celles qui concernent le Concert de dessin, avec entre autre, Tripp et Thompson. Cela avait assez impressionnant.

Encore une très bonne année qui aura été ponctuée de nombreuses rencontres, de discussions intéressantes, avec de la bonne humeur toujours au rendez-vous. Cette fois-ci, j’ai eu le temps de voir des expositions et des conférences (et je confirme que le samedi ne peut servir qu’à cela). Un grand merci à tous les auteurs, dessinateurs et éditeurs qui nous ont accordé du temps et de l’attention. Et des remerciements spéciaux et chaleureux à nos deux hôtes, les A&A d’Angoulême, pour leur accueil et leur sympathie !

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