Un homme sous le costume de Captain a piraté des serveurs informatiques ultra-confidentiels contenant le nom de chaque personne qui a jamais donné une info à la police, au FBI, à la CIA, aux super-héros et autres... Bref, tous les informateurs du monde sont maintenant en grand danger. Steve Rogers ne prend pas cette menace à la légère et réunit son équipe secrète car ce type de mission est typiquement le but du groupe.
Vu le grand nombre d’informateurs, l’ex-Captain America sait qu’il ne pourra pas sauver tout le monde vu le peu de temps imparti. Il décide donc de concentrer ses efforts sur une personne, Benjamin Abrahams qui a fourni des informations sur une attaque biologique majeure lancée par l’AIM. Selon le commandant, c’est le seul à remplir tous les critères pour être sauvé, il a donné ces infos par acquis de conscience (mieux vaut tard que jamais) plutôt que par cupidité.
La mise en place du plan commence par la Veuve Noire qui doit obtenir des informations. Après avoir obtenu des coordonnées, c’est au tour de l’équipe de terrain de se mettre en marche. War Machine est en couverture aérienne avec L’Homme-Fourmi prêts à sauter pour s’infiltrer discrètement, Valkyrie est la force d’assaut au sol. Abrahams est trouvé facilement mais ce n’est pas lui qui a donné les informations, c’était sa femme. C’est elle qui en réalité travaille pour l’A.I.M., son mari est juste un leurre pour la protéger. Moon Knight est envoyé d’urgence au domicile conjugal mais trop tard.
Un peu plus tard, Rogers trouve la cache du faux US Agent et l’arrête.
En un seul épisode, Nick Spencer a fait ce que je voulais voir sur cette série depuis le premier épisode. On a tout d’abord une équipe qui fonctionne comme tel avec chacun ses points forts et faiblesses. Tous les personnages du groupes sont présents, on a une vraie mission d’agent secret avec tenant et aboutissant, on comprend la menace et ce qu’il faut faire... Toutes ces petites choses qu’a oublié Brubaker en chemin lors de son passage horriblement ennuyeux sur la série.
Ajouté à ça, Nick Spencer prend une idée très intéressante et met nos héros en situation d’échec par avance. En révélant la liste de tous les traîtres, il était évident que nos héros ne pourraient tous les sauver mais le voir l’admettre dès le départ, c’est très rare. De plus, leur échec a même sauvé une vie montrant bien que malgré tous leurs talents, les super-héros n’en demeurent pas moins faillibles.
La scène de fin entre le faux US Agent et Steve Rogers est aussi très bien faîte. Le scénariste met en avant le fait que Steve a quitté le gouvernement à une époque se faisant appelé simplement Captain car il était contre la corruption au sein du gouvernement et ne croyait plus en ces hommes. Maintenant, Rogers est devenu l’Establishment avec tout ce que celà comporte, les secrets, les décisions en demi-teintes, les compromis... La réponse est elle aussi tout en nuance, Steve bien conscient qu’il ne peut plus se permettre des avis tranchés comme lors de la guerre civile et qu’il est maintenant bien obligé de faire des choix, mais jamais il ne mettra une vie innocente en jeu et ça lui donne pour le moment le sentiment de bien faire.
Au dessin, c’est le trop sous-estimé et méconnu Scott eaton qui nous offre des planches de toute beauté. c’est détaillé, précis, on voit les visages entiers des personnages (ce qui n’était pas souvent le cas avec Deodato), les arrières-plans sont conséquents sans être trop surchargés, le cadrage est lui aussi sympa et les planches sont très dynamiques. Mon seul reproche sera envers Marvel car j’aimerais bien qu’il le mette sur une série régulière bien en vue.
Parution française dans Marvel Stars #10.