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lundi 9 mai 2011
par Soyouz

Thor


Marvel Films continue de préparer avril 2012 (non, non, pas le premier tour des élections présidentielles) et son ambitieux Avengers en initiant le public à ses héros. Cette fois-ci, c’est dans l’Asgard de Kenneth Branagh que les spectateurs vont se balader.

(JPEG) Thor est sur le point d’être couronné roi par Odin son père mais les Géants des Glaces ont décidé de gâcher la fête. Furieux et contrarié comme un enfant n’ayant pas eu son jouet, il part défier en Jötunheim, en compagnie de ses amis et de son frère Loki, leurs éternels ennemis, ce qui courrouça le Père de toute chose qui lui avait formellement interdit de les provoquer. La punition ne se fit pas attendre et il exila Thor sur Terre, sans pouvoir et donc sans Mjolnir, tant qu’il sera irresponsable, vaniteux et indigne de régner !

Si les raisons de l’arrivée de Thor sur Terre sont similaires à celles qu’on a pu lire dans les comic-books, les scénaristes du film ont fait le choix de simplifier les origines du personnage en évitant soigneusement de lui donner un alter ego humain, le Docteur Donald Blake n’étant plus qu’un clin d’œil (l’un de ceux qui jalonnent le film) servant de couverture temporaire pour l’Asgardien. On aurait pu donc croire que cette facilité aurait permis d’avoir le temps de construire une histoire un peu plus complexe, moins prévisible et plate comme celle qu’ils nous ont servi pour cette version cinématographique bien pâlichonne et manquant cruellement d’envergure, notamment sur l’intrigue autour de Loki peu crédible et bien mal amenée pour le non-initié. En effet, même si Tim Hiddleston tente de faire un Loki aigri et différent de son frère, ses côtés facétieux, maléfiques, fourbes et sa qualité de Dieu du mensonge sont peu explicites et pas bien rendues, excepté dans la scène post-générique, dorénavant traditionnelle pour tout film estampillé Marvel, où l’effet est particulièrement bien rendu.

Mais revenons à Thor et surtout à Chris Hemswoth. La perle du Nord australienne, qui ne va pas avoir le prix de la finesse, donnant l’impression de surjouer l’assurance et la prétention de son personnage, mais qui devient plus crédible quand il est fâché et qu’il s’agit de donner des bourre-pifs aux agents du SHIELD (bien plus présents dans ce film, ce qui ne gâche rien). En plus, Kenneth Branagh a fait le choix d’injecter des pointes d’humour dans plusieurs scènes, et là encore, cela ne prête souvent qu’à sourire quand il s’agit de Thor. Et pourtant, le dialoguiste n’a pas accentué la difficulté en utilisant un registre de langage plus marqué, recherché et désuet, puisque celui-ci est finalement très proche d’un vocabulaire contemporain, à moins que la version française soit édulcorée. Pour le reste des Asgardiens notables, Anthony Hopkins et Rene Russo sont majestueux en Père et Mère, Idris Elba est resté inflexible dans son rôle monofacial d’Heimdall, les trois guerriers sont bien à l’image que l’on a d’eux dans la bande dessinée, contrairement à Sif qui est bien transparente avec une Jamie Alexander trop effacée, qui manque de force, de prestance et de justesse.

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A croire qu’il n’est pas facile d’être un Dieu, puisqu’on ne ressent pas ces manquements chez les « Terriens ». Sans forcer son talent, Nathalie Portman est très à l’aise dans son rôle de scientifique un peu timide et gauche (notez que Jane Foster n’est plus infirmière) et le trio qu’elle forme avec son mentor, joué par Stellan Skarsgard, et son amie-assistante, Kat Dennings, est certes classique, mais plutôt efficace et réussi. Tout comme les Géants des Glaces, qui montrent bien que la technologie peut donner des facilités intéressantes en matière de costumes et de maquillages, mais aussi de véritables déceptions, les armures des Ases faisant bien plus plastiques que métalliques.

Il en est de même pour les décors. J’avoue avoir du mal à comprendre les décisions de Marvel en ce qui concerne l’esthétique d’une Asgard étalée, très colorée, très moderne, trop brillante, qui ressemble plus à un royaume du Monde de Narnia qu’à ce que qu’on a pu voir jusqu’à présent dans les pages de Thor, même du temps de Kirby. Et c’est sans évoquer les grandes salles du palais, souvent vides et qui font penser à des environnements issus des séries télévisées comme Xena ou Stargate, aux moyens incomparables. Reste le Bifröst, dont la représentation est plutôt judicieuse et le fonctionnement intéressant, reprenant l’idée d’un mélange de technologie et de magie.

Pour ce qui est des scènes d’action, c’est la bérézina. Elles sont pauvres, pas toujours bien travaillées visuellement (la première me rappelle l’une de Van Helsing), sans punch et trop prévisibles. Les pouvoirs de Thor ne sont pas vraiment exploités (même dans la grosse scène) et Loki ne fait que s’effacer ou créer des multiples de lui-même.

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Étrangement, on ne s’ennuie pas et il ne faut croire que les nombreux défauts évoqués font de ce film le Thor-boyaux cinématographique de l’année mais force est de constater qu’on ressort avec un vrai sentiment de déception pour un résultat que je considère comme bâclé !

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