Osborn veut le Monde !!!! N’entendez pas par là la Terre en elle-même, bien que cela lui plairait sûrement beaucoup mais plutôt le fameux laboratoire géant servant à créer et contrôler des supersoldats pour le programme Arme Plus.
Marvel Boy, ayant décidé de quitter les Vengeurs Noirs pour différents philosophiques et cherchant à mettre des bâtons dans les roues de son ancien chef, prévient Wolverine, qui décide finalement d’y mettre son grain de sel. Une fois sur place, le Canadien est rapidement sous l’emprise mentale de l’Arme XVI, une sorte de gaz-virus fabriqué par le Monde devenu conscient et intelligent. L’Arme contrôle alors tout ceux qui ont la « foi ». C’est ainsi que les soldats-zombies envoyés par Osborn sont dans le même état que le mutant. Mais fort heureusement pour le Kree, Fantomex, athée de par ses nannites, traînait dans les parages. Le duo va finalement permettre au griffu de retrouver ses esprits et de contrecarrer les plans du Bouffon Vert. Le Monde, une fois miniaturisé, sera dorénavant gardé par Fantomex.
Même s’il est estampillé Dark Reign, ce one-shot n’a pas une grande influence sur l’évènement, ni même sur les personnages qui y sont présents excepté peut être pour Fantomex qui devient une sorte de « conservateur ». Au moins, on ne pourra pas reprocher à Marvel de ne pas faire les fonds de tiroir sur tout ce que pourrait exploiter Osborn pendant son règne.
On sent dès la première page que Jason Aaron veut faire sourire le lecteur, notamment avec un directeur du HAMMER ayant une attitude d’enfant gâté et capricieux mais aussi avec les différents dialogues qu’il y a au sein de ce trio inédit (dont le clin d’oeil à l’habituelle baston avant le rabibochage de rigueur). Ce choix est sûrement fait pour compenser et alléger ses allusions et ses positions sur la religion, qu’il montre plutôt sous un jour agressif et une sorte de défense contre l’inconnu, une peur qu’il résout simplement par l’amour. Manichéen, me direz-vous ? C’est également ce que l‘auteur doit penser puisqu’une seconde courte histoire complète ce numéro, où l’on voit clairement une bonne âme croyante et pleine de bonté ne pas résister à la violence qui entoure le héros. A mon sens, c’est vulgariser et simplifier un sujet très complexe sans qu’on comprenne réellement quel message il a souhaité faire passer en souhaitant être religieusement correct. Une imprécision que l’on retrouve également dans une intrigue pourtant simple, avec deux répliques de Fantomex (dont on se demande également ce qu’il fait là) qui mettent le trouble sur l’identité des zombies, à la fois familiers de l’Arme XIII et fabrication d’Osborn ( ?). Si on oublie ces détails, le scénariste mène bien son épisode, avec beaucoup de rythme et d’efficacité en utilisant surtout le surprenant duo de créations de Morrison avec beaucoup d’humour (Wolverine devient presque un faire-valoir).
Esad Ribic a mis de côté son style figé, illustratif et froid comme on peut le voir sur la couverture (ou dans Loki), qui n’aurait pas été adapté du tout à cet épisode, avec un résultat peut être plus classique et plus comic-book mais qui est franchement très réussi. Il participe assurément au dynamisme qui en ressort, avec sa mise en page et des personnages quasi-continuellement en mouvement. Il serait dommage qu’il laisse cette voie de côté tout comme il est dommage que ce soit le studio Udon qui ait dessiné la deuxième partie.
Parution française dans Dark Reign Hors Série #1.
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