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mardi 31 août 2010
par Soyouz

Interview Edmond Tourriol


Cet homme multi-casquette finira par avoir son lit dans la rubrique interview de France-Comics. Edmond Tourriol n’est pas qu’auteur-traducteur-chef d’entreprise : il est également depuis quelque temps lettreur pour ses propres productions, ainsi que pour la publication comics de Merluche Comics.

(JPEG) Salut Ed. Je pense qu’il n’est plus nécessaire de te présenter pour nos fidèles lecteurs. Comment t’es-tu retrouvé à lettrer Dynamo 5 ?

J’ai toujours été frustré de ne pas lettrer moi-même les comics que je traduisais. J’ai traduit des centaines de comics mais je n’avais jamais pu en lettrer un seul. Jusqu’à présent, je lettrais surtout mes propres histoires (Zeitnot, Mix-Man, Neon, Urban Rivals...) et quelques fois celles des autres (comme récemment avec le Juge Bao aux éditions Fei)... mais jamais mes traductions. Thomas Rivière, le patron de Merluche, a eu la bonne idée d’accepter ma proposition de coupler le lettrage à la traduction. Je suis très content d’avoir pu essayer cette méthode qui était vraiment très pratique pour les questions de calibrage du texte.

Hormis cet avantage pour ton côté traducteur, qu’est-ce que cela change pour toi de lettrer tes traductions par rapport à tes propres créations ou celles de tes collègues français ?

Ce qui était super, par rapport à une traduction simple (où je ne gère pas le lettrage), c’est que je voyais le résultat en temps réel. La planche prenait vie en VF devant moi et je voyais d’autant mieux ce qui marchait ou pas. C’est une façon de m’approprier encore mieux les dialogues. C’est bien plus satisfaisant qu’une traduction où il se passe des mois entre le rendu de mon fichier et la sortie du bouquin en VF.

As-tu fait une formation particulière pour savoir lettrer ?

Oh, tu sais, à l’époque où j’ai commencé à lettrer mes premiers comics, pour les fanzines CLIMAX, à la fin des années 90, je ne crois pas qu’il y avait assez de boulot dans le milieu pour justifier une formation spécifique. Même aujourd’hui, d’ailleurs.

Ma formation, essentiellement, elle vient de l’observation de ce qui se fait et de ce qui marche. Je lis des BD de super-héros depuis tout petit, j’ai quasiment appris à lire dedans. D’ailleurs, globalement, les comics américains sont bien mieux lettrés que les BD franco-belges. Là-bas, il y a une vraie culture du lettrage. Le lettrage est au service de l’histoire. Au service de la narration, comme chaque étape de la création d’un comic book, y compris le dessin.

En France, trop souvent, c’est encore le côté purement esthétique qui prime. Les bulles vont là où le dessinateur veut bien les mettre, au détriment d’une narration plus efficace.

Le vrai métier de lettreur, c’est dans le bullage qu’il s’exprime. Avec un ordinateur, le premier stagiaire venu peut coller des textes dans une bulle en changeant la police. Mais créer une bulle, la mettre au bon endroit, l’enchaîner correctement avec les autres... ça, c’est une mission qui nécessite de l’expérience et une compréhension du médium.

Donc ma formation, elle s’est faite sur le tas. En admirant les travaux de types comme John Workman, Tom Orzechowski ou Chris Eliopoulos. Et de Richard Starkings aussi, bien sûr. Son ouvrage didactique sur le lettrage assisté par ordinateur m’a beaucoup appris sur la technique.

Justement puisque tu en parles : outre le bullage, en quoi consiste le lettrage ? Peux-tu décrire ce métier à nos lecteurs ?

Eh bien, en pas grand chose. Tu copies le texte et tu le colles dans la bulle.

Parfois, la bulle américaine est dégueu, genre le texte d’origine a été écrasé sur le fichier image. Il faut alors nettoyer les bulles dans un logiciel de retouche d’image, pour obtenir des bulles vides.

Une fois que la bulle est propre, tu cales un pavé de texte dedans, bien centré, avec une bonne police, et tu colles le texte correspondant.

Quand les Américains ont bien fait leur travail (c’est rare mais ça arrive), ils peuvent te fournir un fichier avec les textes sur des calques différents et la police qui va avec. Là, c’est facile, il faut juste coller le texte dans les pavés déjà en place. Les polices restent les mêmes, sauf si elles ne contiennent pas de caractères internationaux comme les "é" ou les "ô", par exemple.

Certains te diront que le travail du lettreur, c’est aussi de retoucher l’image pour traduire des panneaux genre un écriteau "interdit d’entrer" sur une porte. Je ne suis pas de cet avis. Quand on regarde une série TV, il n’y a pas d’effet spécial qui retouche les textes pour nous faire croire que ça se passe en France. En BD, ça devrait être pareil. Si ça doit être traduit, j’aime autant que ça soit en petit, en bas, soit sous la case, soit dans un petit pavé. Mais retoucher l’image, je trouve ça contre nature.

Parfois, il faut aussi retoucher les onomatopées. Là, au contraire, je suis pour. C’est plus dur mais ça se justifie si la prononciation française n’est pas la même qu’en anglais (c’est aussi un choix du traducteur mais si ce dernier opte pour une adaptation de l’onomatopée, le lettreur doit se démerder pour effectuer le boulot).

Pourtant, dans les images, il y a des fois des indices cachés dans les dessins (je pense à la série 52 chez DC ou à des histoires de Morrison). Toi qui considères pourtant que tout doit être traduit, tu penses qu’il ne faut pas retoucher ces « textes » ? Et si tu mets le texte ailleurs, tu perds tout le côté jeu de piste de l’auteur ? Cela ne devient pas aussi contre-nature ?

Là, tu parles d’un cas particulier. Je parlais d’une philosophie générale. J’imagine que dans 52, c’est nécessaire. Mais dans la plupart des cas, avons-nous vraiment besoin de la traduction d’un panneau "no smoking" ? Je ne crois pas.

Tu évoquais également la retouche des onomatopées. Dans ce cas, tu reprends le même format (couleur taille, police ...) ?

En fait, je n’ai jamais eu à retoucher d’onomatopées. Soit je les crée moi-même (lettrage original), soit je les laisse en l’état (comics).

Est-ce que le lettrage peut comprendre également la maquette du titre ?

Je suppose qu’en général, la plupart des lettreurs savent utiliser les logiciels de mise en page. Personnellement, ça m’est arrivé de faire les deux, sur Dynamo 5, par exemple. Chez MAKMA, on fait souvent de la maquette. On ne court pas après parce qu’on n’est pas venu dans la BD pour ça mais s’il faut le faire, on sait le faire. Et on le fait.

Quelle est ta méthode de travail ? Traditionnelle ? Moderne ?

Aujourd’hui, pour ce qui est des comics, quand le matos américain arrive en France, c’est un DVD ou un dossier compressé à récupérer sur un FTP (NdSoyouz : File Transfer Protocol). L’époque des films est révolue et plus personne ne travaille à la main. Et quand bien même un artiste tenterait le coup, il serait obligé de scanner ses textes manuscrits pour les insérer dans les planches via son logiciel de retouche d’image. T’imagines le prix de revient ?

Les seuls à bosser encore à la main (et c’est de plus en plus rare), ce sont les bédéastes qui font tout eux-mêmes : les bulles et les textes dedans. Il doit en rester quelques un sur le marché franco-belge. Mais je dis ça au hasard, hein... si ça se trouve, c’est fini, ça aussi.

Quand je dois bosser sur du lettrage, il est 100% numérique dans sa réalisation.

Et quels matériels, logiciels, ... utilises-tu pour lettrer ? Un simple ordinateur, une souris et un clavier suffisent ?

Un simple ordinateur, non. Il en faut un bon. Avec un grand écran, de préférence. Comme logiciel, le mieux, c’est Adobe Indesign. Certains éditeurs un peu old school bossent encore avec Quark Xpress. Et parfois, pour des raisons de matos écrasé, on est obligé d’intervenir avec Adobe Photoshop. Voilà, rien de bien extraordinaire. Sinon, pas besoin d’instruments de science-fiction : un clavier et une souris suffisent.

Mon ordi a planté la semaine dernière. Je suis obligé de lettrer une BD sur mon portable en attendant de dépanner le bouzin. Eh ben, je peux te dire que ça fait chier la bite de bosser comme ça.

Tu disais que tu lettrais tes propres créations. On sait également qu’Urban Rivals est traduit en plusieurs langues. Est-ce que cela change quelque chose pour toi de lettrer en espagnol ou en anglais ?

Héhé. En espagnol ou en anglais, non, pas grand chose. Je parle anglais donc je sais comment fonctionne la langue. Je ne parle pas espagnol mais je comprends à peu près ce que je dois faire pour qu’une bulle tienne la route. Idem pour l’allemand ou l’italien, par exemple. C’est surtout pour le russe que j’ai eu du mal ! Non seulement au niveau de l’alphabet mais au niveau des structures de phrases. Où couper une phrase ? Un mot ? C’était toujours un peu l’aventure...

Et comment travailles-tu avec les autres traducteurs d’Urban Rivals ?

Il y a plusieurs cas de figure.

La version anglaise est traduite en interne chez MAKMA par mon pote Jérôme Wicky. J’adore son travail parce qu’il ne se contente pas d’adapter mon texte de départ : il invente carrément de nouveaux dialogues encore meilleurs ! Si une opportunité se présente pour lui de caser une super réplique ou un bon jeu de mot, il le fait sans hésiter. Au final, même s’il y a de la perte dans la trad du français à l’anglais, Jérôme apporte une telle valeur ajoutée que le lecteur anglophone est loin d’être perdant ! Ensuite, je reprends sa traduction et je la lettre. Il bosse vraiment bien car il pense à mettre en gras ou en italique les mots qui doivent l’être. C’est appréciable. Il sait aussi comment présenter une trad pour que le lecteur gagne du temps en sélectionnant le contenu des bulles plus rapidement. On sent le mec qui a de l’expérience.

Sur Urban Rivals, c’est mon ami Matias Timarchi qui gère la version espagnole. Il traduit et il lettre lui-même dans mon fichier de départ. Je gagne du temps et lui aussi (en traduisant directement dans le fichier de lettrage). On y gagne tous. Enfin, pour les autres langues (allemand, italien, néerlandais, portugais, russe), je reçois de la part de l’équipe Urban les fichiers des traductions et je lettre à partir de ça. Je n’ai aucun échange avec les traducteurs. On bosse dans une telle urgence au moment de la récupération de ces fichiers que je m’occupe juste de récupérer les fichiers et de lettrer l’épisode dans toutes les langues à toute vitesse !

Sur Dynamo 5 ou sur un autre titre, as-tu déjà eu besoin parfois de retravailler les bulles ?

Oui, bien sûr. Quand un personnage crie, souvent, son texte est plus gros, traité un peu comme une onomatopée. Souvent, le texte dépasse de la bulle pour rendre le tout plus dynamique. Et là, il faut un gros travail de maquillage pour récupérer le truc.

Sur D5, le matos de départ était pas évident à gérer. Déjà, tous les textes étaient écrasés dans les bulles : j’ai dû tout gommer avant de commencer le collage des textes. Et parfois, c’était duraille.

Et ce travail de maquillage change quelque chose dans la mise en page ?

Pas vraiment, non. Au contraire, le principe est de changer le moins de choses possible par rapport à la version d’origine. Donc ça change juste un mot anglais en un mot français un peu plus gros, puisqu’il doit recouvrir le précédent.

As-tu déjà créé une police de caractère ? Parce que pour certains personnages, elles sont souvent différentes (Robot, Moyen-âge, ...) quand même.

Eh bien, à mon grand regret : non. J’ai essayé mais j’ai abandonné en cours de route. J’y reviendrai un jour, quand j’aurai le temps.

Quand j’ai un besoin spécifique, je vais voir chez Comicraft ou Blambot (NdSoyouz : fonderies américaines qui créent et vendent des familles de polices de caractère) et je fais mes courses.

Quel est ton avis de la mise en gras de certains mots dans les bulles ? Est-ce aussi important en français que cela l’est en anglais ?

Si tu trouves que ça l’est en anglais, alors ça l’est aussi en français.

Mon avis perso, c’est que si l’auteur d’origine a enrichi son texte, le lettreur doit respecter ça. Mais pas n’importe comment. C’est au traducteur de trancher et de définir quel mot il faut mettre en gras. Le mot sur lequel la langue française insisterait (qui n’est pas forcément le même mot qu’en anglais).

Est-ce qu’il y a une différence de fonctionnement entre éditeurs ?

Oui. Grosso modo, on peut dire qu’ils ont tous leurs manières de fonctionner. Déjà, rien que le choix du logiciel est déterminant. C’est souvent une question de résistance au changement, de capacité (ou de volonté) à contrôler le produit fini. Rien de bien important, en vérité.

Comme avec un traducteur, il y a donc des discussions, des aller-retours, entre l’éditeur et le lettreur avant que le produit soit considéré comme fini ?

C’est plutôt des discussions de calage, en amont. C’est pas une fois que les 180 pages d’un bouquin sont lettrées qu’il faut se poser les questions d’ordre esthétiques. C’est dans les 3 ou 4 pages d’essai. Je m’applique à faire ce qui me semble le mieux, l’éditeur valide ou demande des modifs, on se met d’accord, et ensuite, on continue comme ça sur tout le bouquin.

Est-ce qu’il y a des différences entre un lettrage pour un album franco-belge et un lettrage pour comic-book ?

Dans le franco-belge, les bulles sont calibrées n’importe comment. Les dessinateurs casent les bulles là où ça les arrange et tant pis s’il n’y a pas la place de mettre le texte dedans. Et bien sûr, le scénariste envisage pas de réduire son texte. C’est au lettreur de se démerder, ça lui apprendra à arriver en fin de chaîne.

Dans les comics, les bulles sont calibrées au poil pour le texte US. Si le traducteur est correct, ça va assez vite de caser tout ça comme il faut.

T’es vraiment pas tendre avec les dessinateurs européens. T’as eu de mauvaises expériences en tant qu’auteur ? Obligé de changer ton texte ?

Dans la mesure du possible, je préfère de toute façon éviter de figer mon texte afin de l’ajuster au mieux à la planche finale. Je n’ai pas trop à me plaindre des dessinateurs avec lesquels je collabore, tout simplement parce que je collabore avec eux, justement. Quand j’interviens en fin de chaîne sur une BD qui n’est pas de moi, je suis davantage un exécutant et moins un créatif. Donc, oui, dans ces moments-là, je me dis que l’écriveux et le dessineux auraient pu collaborer un peu mieux pour éviter les complications à la fin.

Eh bien. Peut-on donc considérer que c’est l’aspect que tu aimes le moins dans le métier ? Ou peut être un point plus technique ?

En fait, même pas. Il n’y a pas d’aspect que je n’aime pas dans le métier de lettreur. Et le mieux, c’est que je peux lettrer en écoutant des podcasts intelligents, même quand c’est difficile. Alors que pour écrire ou pour traduire, je ne peux avoir, au mieux, que de la musique.

Qu’est-ce que tu apprécies le plus dans ce métier ?

J’aime bien avoir le pouvoir absolu sur les dialogues quand je lettre mes propres BD. Je peux avoir des idées qui viennent au dernier moment, pendant que je lettre. C’est un sacré avantage. J’aime bien cette liberté. C’est comme si le scénariste d’un film pouvait intervenir au moment du montage et rajouter des dialogues dans la bouche de ses acteurs.

Qu’est-ce que tu trouves le plus facile à faire ?

Effacer les textes dans les bulles qui sont écrasées. Ce genre de travail, c’est tellement automatique que tu peux le faire en dormant. Moi, je le fais en écoutant des trucs compliqués genre Les Nouveaux Chemins de la Connaissance, sur France Culture que je recommande à tous ceux qui veulent refaire leur retard en philo.

Et le plus difficile à faire ?

Détourer proprement une tête ou un élément de la BD qui est censé passer devant une bulle. Je déteste ça.

En quoi consiste le détourage et pourquoi es-tu obligé de le faire ?

Ben... c’est l’action de détourer, quoi... une tête ou un élément de la BD qui est censé passer devant une bulle. Et la bulle passe derrière. Si tu ne détoures pas l’élément, il reste derrière la bulle et on ne le voit plus. Pour une tête, ça fait con.

Mais je ne suis pas obligé de le faire, en fait. Seulement le résultat final est plus joli et plus efficace si je le fais.

Quel est lettrage le plus compliqué que tu es eu à faire ?

Euh... sans doute sur Le Juge Bao (éditions Fei) car le texte est très bavard et l’espace très petit. J’ai dû morceler les bulles en plusieurs parties, jouer avec les chaînages entre les bulles, tricher sur la taille des caractères, etc. C’était un vrai défi mais je suis super fier du résultat. En plus, le scénario et les dessins sont brillants. J’en recommande chaudement la lecture.

A ton avis, quelles sont les qualités requises pour être un bon lettreur ?

Un goût esthétique certain, la connaissance des règles de typographie, la capacité à déceler une faute d’orthographe ou de grammaire (bref, savoir parler et écrire le français). De la curiosité (pour savoir ce qui se fait, découvrir les bonnes trouvailles d’autres lettreurs). Et l’expérience : beaucoup d’expérience.

Et le plus important, quand le lettreur est aussi un bulleur : une très bonne compréhension de l’art séquentiel et de la narration graphique. Les bulles de dialogues doivent guider le lecteur à travers la planche. Si le scénariste ou le dessinateur n’imposent pas leur disposition des bulles, c’est au lettreur de savoir placer au mieux ces éléments pour enrichir l’expérience de lecture.

Tu sais que sur France-Comics, on a l’habitude de terminer nos interviews par une forme de tribune libre. Alors imagine des bulles sans texte et si tu veux rajouter quelque chose à ton témoignage, c’est le moment :
- Quelle question aurais-tu aimé que je te pose ?

En tant qu’homme de lettres, peux-tu citer le nom d’un révolutionnaire ?

- Quelle question aurais-tu aimé que je ne te pose pas ?

En tant que lettreur, quelle est ta lettre préférée ?

- Et quelles auraient été les réponses ?

Danton, Q.

Ahahah, évidemment, j’aurais dû y penser. Encore merci Ed pour ta participation et ta disponibilité.

Tout le plaisir était pour moi !

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