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lundi 8 février 2010
par Soyouz

Angoulême 2010 : Carnet de bord de Soyouz


La formule du jeudi-vendredi ayant été un bon choix l’année dernière, je la retente pour cette 37ème édition du festival international de la bande dessinée d’Angoulême.

Jeudi 28 janvier 2010

(JPEG) Cette année, j’étais logé chez des connaissances (d’ailleurs, j’en profite pour les remercier très chaleureusement pour leur accueil et leur disponibilité. Et pour m’avoir fait connaître le Cognac-Schweppes aussi) et comme je descendais en voiture, partir la veille s’imposait naturellement. Grand bien m’en a pris, puisque les routes étaient difficilement praticables en ce jeudi matin, comme ont pu le constater quelques festivaliers, professionnels comme visiteurs.

Armé de mon ticket (à 14 euros, l’inflation n’a pas de limite pour cet art populaire. Le temps de la crise est bien loin) que je change contre un bracelet journalier, je me dirige dans les files d’attente où me rejoignent quelques minutes plus tard, le célèbre Chris Colin et son fidèle compagnon de Présence d’Esprits, Jocelyn. Par la même occasion, je croise mon tout premier bouquiniste, du temps où je n’étais guère plus vieux qu’un Franklin Richards, devenu depuis une dizaine d’année festivalier freelance pour des éditeurs comme Glénat ou Delcourt. Ça me fait toujours plaisir de le revoir, surtout qu’il prend toujours le temps pour un petit bonjour.
10h, ouverture des portes et on démarre comme d’habitude par la bulle Soleil/Panini (non, il n’y avait pas de stand Fusion avec une hôtesse en Buffy. Ne rêvez pas bande de vicelards !) où j’en profite de suite pour aller dire bonjour à Reed Man, bien affairé à mettre en place ses Strange, retardé qu’il était par des intempéries du côté de Limoges. Cette année, il a décidé d’investir pour avoir une meilleure place ce qui explique qu’on le retrouve juste en face de la table à dédicaces de Panini. Je continue mon petit tour pour serrer la pince à Eric Bufkens de Kymera et son acolyte de toujours. Premier achat pour moi et premier acheteur pour eux avec la réédition de Strangers in Paradise #4, qui contient des pages couleur de Jim Lee. Va falloir vraiment que je commence à lire cette série au lieu d’entasser les bouquins. Je continue la visite de la bulle avec le stand Soleil où rien ne se passe, comme d’habitude le jeudi matin, et je zieute rapidement sur les nouveautés d’Akileos. Le seul Américain présent sera Steve Lieber et comme j’ai déjà ses deux Whiteout, je ne passerai pas de temps chez eux, contrairement à l’année dernière. Le troisième chroniqueur de France-Comics, Kab, nous rejoint, juste après notre forumeur tourangeau Boby Le Coyote, près du stand Panini et on en profite pour faire le tour des cadeaux (un bonnet Spider-man et un pistolet Batman, ça fait toujours plaisir aux neveux) et faire les achats des nouveautés de Février. On récolte par la même occasion le T-shirt Dark Reign.

On passe de l’autre côté du champ de Mars pour voir un peu ce qu’il s’y passe. Il n’y a pas foule non plus, les premiers fans se mettent en place devant les stands Delcourt, Glénat, Casterman, Dargaud ... attendant les dessinateurs. On s’arrête chez Ankama pour mater, de loin, les trois premiers volumes de Tank Girl. Difficile de se faire une idée de la qualité de l’objet dans de telles conditions. Néanmoins, cela permet de réfréner les envies de Kab. Nous remarquons également que Joe Sacco sera en dédicace dans l’après-midi. Cela pourrait être enfin l’occasion pour moi de découvrir une de ses œuvres, même si je pense que ce sera sûrement la « guerre » pour espérer le rencontrer. Finalement, ce premier tour de bulle est assez rapide et un passage plus tard sera sûrement plus intéressant.

(JPEG) Direction donc le Nouveau Monde. Et comme la dernière fois, l’équipe des éditions Çà et Là est déjà bien en place. Et ce qui fait encore plus plaisir, c’est que notre petit groupe est reconnu à la fois par Serge Ewenczyk et par un des dessinateurs, Kazimir Strzepek de l’Étoile du chagrin. Dédicace obligatoire pour la majorité d’entre nous et discussion avec l’éditeur, si bien que France-Comics occupe bien la place. Et ce qui devait arriver arriva, nous voilà rendu à vendre et argumenter toutes les qualités de cette BD auprès de visiteurs intéressés. Et finalement, ce n’est pas si simple d’avoir immédiatement un discours cohérent et pas trop enjoué (enfin d’essayer d’être un peu objectif) quand on passe de l’écrit à l’oral sans ses notes. Mais il semblerait que l’exercice fût réussi ! Pendant ce temps, Kab négocie une interview avec Kaz et m’embarque dans l’affaire puisqu’il vient tout juste de se procurer le numéro #1 et n’a donc pas vraiment d’idées de questions. On laisse le temps à l’artiste de s’occuper de ses fans et on finit le tour du Nouveau Monde. On comprend un peu mieux pourquoi certains n’ont pu avoir de stand, puisque ce sont surtout des petits éditeurs qui sont présents en queue de chapiteau, en lieu et place des fanzines.
On revient sur nos pas et on part faire notre interview dans un petit bar latino. Mine de rien, sans qu’on s’en rende compte, elle durera quand même près d’une heure. Vraiment très sympathique, cet artiste est très humble. Et je me moque souvent de mon collègue pour son français, mais j’avoue que les mois passés en Irlande n’ont pas été inutiles. Le boulet que j’étais a en tout cas bien fait rire Kazimir. On rejoint nos collègues affamés et on pose les valises dans un resto japonais, suffisamment vide et calme pour reprendre des forces. Entre un sushi et sashimi, chacun montre ce qu’il a acheté et dédicacé.

(JPEG) Après le repas, mon sac étant déjà bien rempli, je squeeze l’Espace des Collectionneurs et je suis mes collègues qui retournent à l’espace éditeurs. Bien m’en a pris, puisque sur le stand Delcourt, David Heatley est totalement seul, à côté de dessinateurs français très affairés. Surpris, je prends soin de vérifier que c’est bien lui et un passage à la boutique plus tard, je me fais dédicacer J’ai le cerveau sens dessus dessous. Finalement, ce n’est peut être pas étonnant qu’il n’y ait personne, car en plus de l’aspect très particulier de ce comic-book, il dessine très rapidement. Je prends quand même le temps de discuter un peu avec lui, malgré sa timidité. Chez Futuropolis, la file d’attente pour Joe Sacco est immense.

Je retrouve Boby Le Coyote qui m’accompagne au Nouveau Monde, sur le stand Rackham plus précisément. Petites dédicaces de Mike Dawson pour Freddie et Moi et d’Alex Robinson pour Plus cool tu meurs, dont une file s’alimente en continu.


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Je croise Jean-Marc Lainé qui me confirme qu’il sera assez souvent sur stand le lendemain. Je rejoins donc les copains du côté de chez Panini, où je croise Fred Tréglia d’Univers Comics Unlimited qui me narre ses petits problèmes de voitures qui ont retardé son arrivée à Angoulême, ce qui explique son absence ce matin au stand d’Organic Comix. Festivalier, ça tient du périple par moment. On discute sur ce qu’il sortira après la fin de ses collections et je prends son tout nouveau Golden Comics et le dernier Golden Titans. Je retrouve Chris et je salue Jérémy Manesse qui lui aussi a eu quelques déboires pour venir. Le stand Panini est étrangement calme, l’absence de dernière minute de Gabriele Dell’Otto y est peut être pour quelque chose, mais je pense que c’est surtout dû à une nouvelle organisation des dédicaces, qui évite la foire aux bestiaux des années précédentes.

Je passe de l’autre côté, chez les éditeurs pour éventuellement profiter de dédicaces de dernière minute. Et chez Glénat, alors qu’il n’avait pas été annoncé, se trouve Nicolas Otéro, mon dessinateur chouchou, pour le deuxième tome du Sixième Soleil. Passage aux caisses obligé et je rejoins la petite file d’attente pour une bonne heure de franche rigolade, en compagnie des deux artistes l’entourant et du caméraman d’Un monde de bulles. Je ne sais pas si l’émission va passer quelques images, mais on peut dire que l’ambiance était plus que détendue. Dédicace, bière et gâteaux apéro, la bonne formule pour finir la journée. Un grand moment.

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Retour chez mes hôtes à qui je montre mes acquisitions de la journée, tout en buvant ce fameux Cognac-Schweppes. Ils me font me remarquer que j’ai une tendance à acheter du N&B. Hum ... je dois consulter ?

Vendredi 29 janvier 2010

J’arrive un peu plus tôt que la veille. J’ai donc largement le temps de récupérer mon bracelet journalier et de discuter dans la file avec deux Montpelliérains forts sympathiques, notamment sur le sujet du fanboyisme marvelien et paninien. Très intéressant, surtout que nous sommes tous assez conscients de notre dépendance inconsidérée.

La journée sera plus tranquille, j’ai seulement trois dédicaces normalement facilement accessibles. A 10h, comme la veille, je salue Reed Man et Eric Bufkens et je leur demande si la journée a été fructueuse. Chris et Jocelyn me rejoignent. Petit bonjour matinal à Jérémy Manesse à qui je demande des nouvelles sur sa pièce A suivre !. Elle a l’air de bien fonctionner et il faudra que je prenne le temps d’aller la voir un de ces week-ends. Changement de bulle pour aller chez Glénat et taper la bise à Otéro (j’avais promis). Avec Chris, on décide de faire un tour dans le Coin des Collectionneurs où l’on bave devant quelques planches originales. Je fais deux-trois affaires et on continue notre chemin jusqu’au Nouveau Monde. Au stand de la Cafetière, se tient Alex Nikolavitch. Très bon accueil, surtout qu’à peine arrivé, il me donne le T-shirt Fulchibar [1] en édition limitée, spécialement confectionné par Odrade, une habituée de superpouvoir.com.

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Crédit : Patrick Marcel, père du fulchibar

On discute une grosse demi-heure sur la vie, les comics, les scénarios, les traductions tout en me faisant une dédicace sur son Crusades sorti quelques semaines auparavant.
On poursuit et on atteint le stand Eyrolles où Jean-Marc Lainé discute avec ses fans. Ses Manuels de la BD ont franchement l’air d’avoir du succès car tous les ans, qu’il soit présent ou pas, il y a du monde. Pendant qu’il me dédicace son Lettrage des bulles, un crossover superpouvoir.com/France-comics est en cours puisque nous sommes rejoints par Patrick Marcel, alias l’énigmatique Manticore, traducteur entre autres des Mystères du meurtre et de Coraline, et Frédéric Fontès.


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Les sujets se suivent, on bavarde et on repart finalement assez tard. Pas le temps donc d’aller voir le court métrage Marvel 14 de Philippe Roure et Jean Depelley après le repas.

Chris m’accompagne une nouvelle fois au Nouveau Monde, parce qu’avec tout ça, je n’ai pas eu le temps d’aller aux éditions Çà et Là pour voir Peter Kuper que je (JPEG) n’ai fait que de rater jusqu’à présent. Cette fois-ci, c’est la bonne et j’ai le temps de voir une nouvelle fois son magnifique et étrange crayon à papier à plusieurs couleurs officier sur Arrête d’oublier de te souvenir. Cet outil permet d’engager une conversation entre Kazimir Strzepek, Serge Ewenczyk, Peter Kuper et Frank Santoro (auteur de Storeyville) que j’arrive à suivre sans trop de mal. Au bout d’un jour et demi, mon oreille commence enfin à s’habituer à la langue de Gaiman.
Plus loin, la file d’attente pour Sempé chez Denoël prend une allure impressionnante. Certains y sont depuis 10h du matin. On s’arrête chez Vertige Graphic pour prendre des nouvelles de Cerebus. Pas étonnant que je ne le trouve pas en magasin, l’éditeur a pris un peu de retard et la sortie est maintenant prévue pour avril-mai.

Après une pause rafraîchissement (bière et fouée au (PNG) chocolat), je m’arrête (seul cette fois-ci) aux Galeries Lafayette où sont présents les auteurs d’Emmanuel Proust Editions. Je profite de la présence de Marc Piskic pour me faire dédicacer Ontohpage #1, titre qui a attisé ma curiosité par son ambiance et son graphisme. Vu que j’ai pris un exemplaire supplémentaire pour offrir, j’ai le temps de discuter avec cet artiste complet qui a fait la Joe Kubert School of Cartoon and Graphic Art et qui a été le temps de quelques mois, tout simplement le copain de chambrée d’Alex Maleev. La discussion arriva donc très rapidement aux comic-books, qu’il a arrêté de lire pour cause de scénarios trop cycliques. Toujours est-il qu’il apprécie le fait que je trouve que son coup de crayon à un petit côté Bachalo bien sympathique. Un auteur à suivre.

Je retourne à la bulle des éditeurs. Chez Casterman, Nate Powell est en dédicace ... seul. J’en reviens pas, m’assure que c’est bien lui et file dans la boutique (après une course-poursuite avec Nicolas Otéro qui venait (PNG) me taquiner. Toujours en pleine forme ce lascar !). La vendeuse qui tient la caisse ne comprend pas qu’il n’y ait pas un chat pour Powell, m’assurant que Swallow me whole est un excellent bouquin. J’engage la discussion, le bonhomme est plutôt avenant et fort sympathique. Il m’explique qu’il a déjà publié plus d’une vingtaine de comics aux États-Unis, mais c’est son premier en France. A 31 ans, il est visiblement très prolifique, surtout que me voyant intéressé par son travail, il me présente sa prochaine BD terminée, avec le lettrage, qui n’a plus qu’à être envoyée chez l’imprimeur (j’espère qu’elle sortira en France, car c’est graphiquement magnifique) et la suivante qui est au stade des crayonnées. Une rencontre très intéressante.

Je rejoins ensuite les gars qui attendent avec Ronan dans la file de Sylvain Runberg (Orbital chez Dupuis). On croise entretemps Thierry Mornet qui prend le temps nous saluer. Je fais mes derniers achats pour des cadeaux (Dieu en Personne de Marc-Antoine Mathieu, deux premiers tomes de Century de la Ligue des Gentlemen Extraordinaires sorti en avant-première pour Angoulême), je dis au revoir à la majorité des gens que j’ai pu voir durant ces deux jours, je passe une dernière au monde des collectionneurs pour mon ultime achat-cadeau-souvenir et mes hôtes viennent me chercher. Présentation des dédicaces du jour et je prends congé.

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Un festival qui se sera passé de la meilleure des manières. Un très bon accueil ce qui m’a permis de mettre de côté tous les éventuels problèmes logistiques (ce qui n’est pas rien), des rencontres avec des artistes, des éditeurs, des retrouvailles entre potes, des discussions à n’en plus finir, une ambiance plutôt détendue dans l’ensemble. Au fil des années, je découvre par bribes l’envers du décor (enfin, une infime partie). C’est intéressant, mystérieux et captivant. Je confirme donc que le jeudi-vendredi est une excellente formule : la foule n’est pas encore tout à fait là et les festivaliers ne sont pas encore fatigués. Un grand merci à eux !

[1] Toutes les infos sur le fulchibar sont disponibles ici, , là-bas, mais aussi à cet endroit. Oui, le fulchibar est partout !!!!

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