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lundi 18 janvier 2010
par Soyouz

Les Cannibales


Éditions du Masque / Atmosphères

The Eaters

(JPEG) Vu de l’extérieur, les quatre membres de la famille Quill semblent plutôt bien sous tous rapports. D’ailleurs, elle a été élue « meilleure famille de l’année » par une grande entreprise américaine. Mais ce que le deuxième meilleur vendeur d’Apple Pie Inc. ne sait pas, c’est que ce respectable foyer a tendance à accueillir ses visiteurs... jusque dans ses marmites (même les petits amis de Cassie). Mais un retour aux sources et de vieilles histoires vont obliger les Quill à changer de régime !

Ce généreux one-shot (60 pages quand même) est sorti chez Vertigo en 1995 dans le sous-label Vertigo Voices qui ne comprend que des histoires complètes. Peter Milligan nous raconte l’histoire d’une famille pour qui il semble tout à fait normal de se nourrir de chair humaine, jusqu’à réinterpréter la Bible et considérer les autres êtres humains comme du bétail. Ils exposent cela de manière flegmatique, décontractée et pince sans rire, ce qui donne un ton complètement décalé au récit. Surtout qu’ils ne sont pas avares de jeux de mots.
L’auteur anglais nous surprend aussi dans la direction qu’il prend. Alors qu’on pouvait y voir un récit semi-horrifique, on y retrouve une intrigue un peu plus étoffée et surtout une critique de notre société de consommation, notamment en matière de nourriture. On y voit également une ébauche de son travail dans X-Static sur la mise en avant d’une télévision à la recherche de spectacles et d’informations toujours plus morbides, de la starification facile en dépit de toute moralité.

C’est un autre Britannique, issu lui aussi de l’école 2000 AD, Dean Ormston, qu’on a pu voir dans Lucifer, qui assure la partie graphique. Il sert à merveille le scénario de Milligan qui demande une certaine expressivité de visage, notamment pour les phases d’introspection des personnages (Cassie en a quelques-uns) ou pour être en phase avec le décalage des dialogues. Son trait est donc suffisamment détaillé et précis, sans abus pour éviter toute confusion dans les pages.
Son story-telling a également son importance pour gérer les sous-entendus et savoir accélérer le rythme quand l’action arriva.

Pour la petite histoire de l’édition française, c’est Emmanuel Proust qui gérait la collection en cette fin d’année 1999, celui-là même qui lança sa propre maison quelques années plus tard où sortirent entre autres The Fountain de Darren Aronofsky ou Jenny Finn de Mike Mignola dernièrement.

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