L’écrivain G.R.R. Martin (Le Trône de Fer, Wild Cards, Armageddon Rag) avait envoyé une lettre à Marvel publiée dans Fantastic Four #17 et l’avait titrée « Stan Lee meilleur que Shakespeare ». Tout en restant un très grand fan du bonhomme, je n’irai pas aussi loin que lui et aurais plutôt remplacé Shakespeare par Jerry Lewis car Stan est un sacré blagueur.
Pour cela, il faut malheureusement lire des comics en VO car des blagues n’ont pas traversé l’Atlantique. Ainsi, Stan avait d’abord surnommé DC Distinguished Competition (Compétition Distinguée, ce qui peut être flatteur) et ensuite Brand Echh (Marque Beurkk, ce qui l’est beaucoup moins). En petit malin, Lee a même réutilisé ce sobriquet pour un titre Marvel de la fin des années 1960, Not Brand Echh, parodiant les super-héros et d’autres icônes de la pop-culture comme Frankenstein ou Bonnie & Clyde.
Aux débuts de l’univers Marvel, il faut aussi lire en VO le Marvel Bullpen Bulletin, une page réservée à Stan où tout en parlant des publications à venir et des changements d’artistes, il réussit à faire de la pub pour ses comics. Cette rubrique, le fief de Stan, diminuera avec le temps pour devenir Stan’s Soapbox (la boîte à savon de Stan) et sera confiée aux éditeurs qui lui ont succédé. Le courrier des lecteurs regorge aussi de petites pépites du même acabit.
Ainsi dans Tales To Astonish #77 de Mars 1966 (une autre de mes trouvailles d’Angoulème achetée 1 € avec un quart de sa couverture manquante avec Adam Austin, pseudo de Gene Colan pour Namor et Jack Kirby encré par John Romita Sr pour Hulk), Stan casse allègrement la concurrence en les accusant de copier le style Marvel et en leur proposant de leur revendre des vieux scripts.
Dans le courrier des lecteurs de ce même numéro où un lecteur lui demande de lui expliquer comment Rick Jones avait un lien mental avec Hulk, la réponse de Stan est surprenante ! Il lui dit que si ce pauvre lecteur ne comprend pas ce lien psychique, ils sont deux dans le même cas car il ne le comprend pas non plus et pire que tout, il ne s’en rappelle même pas ! Le plus drôle est que cette même histoire a été écrite par Stan Lee quelques années auparavant, mais l’aplomb avec lequel il répond à ce fan le rend sympathique et humain au vu de cette faute de mémoire importante.
Avec cet édito, je veux prouver que j’adore le boulot de cet artiste et je ne peux le finir que par un seul mot : EXCELSIOR !