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lundi 2 février 2009
par Soyouz

The Spirit


Après avoir travaillé conjointement avec Robert Rodriguez à la réalisation de Sin City, Frank Miller se lance seul sur l’adaptation du célèbre personnage de Will Eisner, le Spirit.

(JPEG) Denny Colt, un policier de la ville de Central City revient étrangement d’entre les morts. Il profite de cette situation pour prendre une nouvelle identité et combattre le crime, avec ou sans les forces de la Police. Il n’a plus de nom, il n’a plus de famille, il est tout simplement le Spirit.

Pour les petits jeunes et les néophytes, il est peut-être bon de rappeler que Frank Miller est le scénariste qui a relancé Daredevil chez Marvel au début des années 80, orchestré par la suite le début et la fin du Batman avec le Year One et Dark Knight, et créé, entre autres, les séries 300, Sin City et Ronin.

Très attiré également par le cinéma, il se lança dans l’aventure Robocop, en scénarisant le 2ème (mais qui fut très largement remanié) et 3ème opus, non sans connaître de sérieuses désillusions avec ce monde (il suffit simplement de parler du projet Year One). Il revient en 2005 bien aidé par Rodriguez, sur la version live de son œuvre Sin City.

Fort de ce succès, il continua sur sa lancée et prit les rênes du Spirit, film qui était en gestation depuis quelques années. A l’origine, c’est un comic-book créé par Will Eisner en 1940 pour des pages du dimanche d’un quotidien américain. La publication durera 12 ans, où Eisner fourmilla d’idées de toutes sortes, sur le fond comme sur la forme. Beaucoup d’éditeurs sortirent une version française des aventures de Denny Colt, le dernier en date étant Soleil (7 volumes à ce jour).

Mais revenons au film. Comme dans toute adaptation ciné d’œuvre du 9ème art, Miller a pris des libertés par rapport au matériau d’origine. On pourrait discuter longuement de ses choix, mais malheureusement, il y a beaucoup à dire avant d’arriver là. Tout d’abord, on a l’impression qu’il ne sait pas quel style il veut donner à son film, entre le super-héros, le polar ou le comique ridicule. Les mélanges de genres ne me dérangent habituellement pas, surtout que c’était la marque de fabrique de la série, sauf qu’ici, la sauce ne prend pas !

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Des dialogues, encore des dialogues !

Le rythme du film y est aussi pour quelque chose. On a droit à une addition de scènes de dialogues, entrecoupées par moment de bourre-pifs sans réelle intensité (un des changements décidés par Miller lui permet d’ailleurs de faire n’importe quoi de ce côté-là). Et quand le héros est seul, il se met en mode Sin City et nous expose toutes ses pensées et toutes ses déductions, comme si le spectateur avait besoin de cela pour suivre l’intrigue, qui brille par son manque d’originalité. En gros, on s’ennuie rapidement et pendant très longtemps.

On ne peut même pas se rattraper avec la performance des acteurs. Non pas qu’ils soient mauvais, mais on a l’impression qu’ils sont à peine dirigés, Samuel L. Jackson en tête, cabotinant à tout va dans les multiples costumes du vilain qu’il interprète (ce qui est drôle, c’est que de ce fameux Octopus, on n’en voit que les mains dans la bande dessinée). Il éclipse totalement Gabriel Macht, qui est pourtant le héros du film et pas si mauvais que cela, mais assez insipide à côté de la forte armada féminine du film (Scarlett Johansson, Eva Mendes, Sarah Paulson, Paz Vega, Jaime King, Stana Katic). Il est vrai que la présence de superbes femmes était récurrente dans la BD, mais trop c’est trop, et le réalisateur flatte un peu trop le côté macho de ses spectateurs masculins.


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Des vilains ridicules ...


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... et des bimbos surabondantes !

On peut donc considérer que The Spirit est un film raté, à cause de beaucoup de manques (rythme, histoire, gestion d’acteurs ...). Personnellement, certains choix de Miller ne me semblent pas très judicieux et j’ai l’impression que son influence sur le personnage déborde plus que celle d’Eisner ! Je ne retrouve pas vraiment l’ambiance de mes lectures et le créateur de Sin City a du mal à se soustraire au style de son premier film. Quant au genre, Miller donne l’impression ne pas assumer ses choix et l’ensemble souffre d’un grand manque de cohérence. Peut- être faut-il arriver dans la salle en le prenant au second degré et espérer voir un nanar. Mais l’œuvre d’Eisner ne méritait pas cela !

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