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vendredi 1er février 2008
par Christophe Colin

Interview de T.J. Behe


(JPEG) Bonjour. Pouvez-vous vous présenter au public français ?

Je suis un écrivain canadien vivant à Londres avec ma femme Stephanie et mon jeune fils Théo. Après avoir passé dix ans à développer du contenu sans fils pour des sociétés de divertissement comme la BBC, MTV ou T-Mobile, j’avais envie de créer un travail reflétant comment la technologie mobile pouvait changer la société. Contraband est la première fiction que j’ai écrite.

Quel est le sujet de votre nouvelle parution ?

Un mélange d’aventures comiques où Tintin rencontre la sous-culture anarchique de Fight Club, Contraband est un triller mené par ses personnages, mettant d’une manière frappante en lumière ce que nous pourrons faire dans un futur proche - et parlant de l’abus d’utilisation de la technologie mobile. Travaillant dans un cyber-café paumé du nord de Londres, Toby, fanatique du mobile se vante d’aider les « laissés pour compte de la société » qui ont besoin d’ordinateurs pour communiquer et accéder aux contenus vidéos. Ennuyeux, ambitieux et incapable de supprimer son désir de filmer des événements sensationnels, Toby utilise la caméra de son travail pour filmer une transaction illégale.

Mais, quand il est pris sur le fait par son employeur Tucker, il est contraint de traquer Charlotte, une activiste qui a saboté la chaîne de téléphonie mobile Contraband de Tucker. Ses recherches le mènent à un milieu de voyeurs où des jeunes ayant soif de profits rôdent dans les rues à la recherche d’événements violents à filmer pour satisfaire le besoin grandissant de notre société en contenu sensationnel.

Quand Toby trouve Charlotte, il est complètement hypnotisé par cette activiste charismatique et péremptoire prête à tout pour démontrer les dangers de la vidéo mobile. Toby est sympathisant de ses idéaux et sa mission initiale disparaît. Mais quand Tucker apprend la déloyauté de Toby...

Pourquoi cherchez-vous à être publié en VF ?

J’aimerais traduire Contraband en Français. Je pense que ses dessins et son histoire pourraient attirer un lectorat très fort. Quand Phil m’a conseillé d’attendre le festival d’Angoulème pour rencontrer les éditeurs français et belges, j’étais très excité ! Nous avons alors pris des passes professionnels pour cet événement. De très nombreux participants d’un site internet ont été sympas en traduisant notre premier chapitre et notre synopsis en français et flamand, ainsi nous avions quelque chose à montrer. C’est vraiment très drôle, car quand j’étais enfant grandissant dans la ville de North Bay (à côté de la frontière québecoise), j’ai étudié le français jusqu’à l’âge de 9 ans. Je me rappelle qu’il y avait de nombreuses BD d’éditeurs européens comme Casterman, Delcourt ou Glénat réparties dans toutes les classes. Nous sommes ici 25 ans plus tard et nous allons montrer Contraband à ces mêmes grosses compagnies.

Voudriez-vous travailler avec une major ?

(JPEG) Le label DC de Vertigo est un label étonnant. J’achète beaucoup ce qu’ils produisent mais je préfère quand même les petits éditeurs indépendants comme Slave Labor - ces gars travaillent vraiment dur pour leurs artistes. Je pense maintenant que je travaillerai uniquement sur des séries que j’ai créées. Actuellement, je commence à chercher un bon dessinateur colombien ou brésilien pour mon prochain projet. En Novembre prochain, j’achèverai les 130 premières pages d’un nouveau thriller. Il traitera de la façon utilisée par la société pour décider qui est un « terroriste ». J’y ai mis des scènes très dures, des crimes haineux, de la cocaïne, des scènes de combat guerrières dans la jungle luxuriante ou dans la ville. Une bonne partie de l’action est située au Brésil ou en Colombie, ça serait donc formidable de trouver un artiste qui puisse offrir un style riche issu de cette région. Ceci étant dit, j’aimerais revisiter le monde de Contraband avec Phil Elliott. C’est un artiste fantastique avec lequel j’ai eu l’opportunité de travailler.

Quelles sont vos influences ?

(JPEG) J’aime lire toutes sortes de comics indépendants mais je pense que mon écriture est plus influencée par de très bons films étrangers. J’en vois autant que je peux, ce qui est facile au Royaume-Uni. En regardant en arrière vers les 20 dernières années, je peux nommer au moins une bonne demi-douzaine de films qui ont mérité l’Oscar du film le mieux écrit - comprenant la dernière trouvaille allemande La vie des autres. Ceci dit, j’aime aussi me goinfrer de tous ces bons films américains comme Fight Club ou Blade Runner, ils font aussi probablement partie de mon inspiration.

Quelle est la question que vous auriez aimé qu’on vous pose ?

« Pouvez-vous nous dire ce qui vous a inspiré pour écrire cette histoire ?

(JPEG) L’idée de Contraband m’est venue en travaillant sur un projet généré par les utilisateurs de téléphonie mobile au Royaume Uni. Un sale gamin avait soulevé la jupe d’une femme dans un train de banlieue et l’avait posté sur notre réseau. Pendant que les managers se cassaient la tête et que l’équipe technique commençait à vérifier un projet de loi sur l’âge légal d’utilisation de ces réseaux, je me suis demandé comment un abruti pouvait proposer d’offrir un bon revenu à des gamins fouteurs de merde en lui en envoyant encore plus.

C’est ainsi que Tucker est né. Cette chaîne violente appelé Contraband a émergé d’une sorte de « théâtre urbain », où les jeunes rôdent dans les rues des villes filmant secrètement des vidéos mobiles sensationnelles, érotiques et violentes. Les hommes ne peuvent plus se laver dans des douches au gymnase, les femmes en jupe s’asseoir sur des fauteuils dans des trains. Les jeunes sont à la tête de blogs exhibitionnistes mettant en scène leurs amis et les membres de leurs familles. Les caméras mobiles espions de ces utilisateurs deviennent un business de plus en plus grand au fur et à mesure que la société demande des vidéos encore plus radicales.

Il est aussi facile de penser que des personnes comme Tucker sont corrompues car ce ne sont pas les sociétés d’opérateurs de téléphonie mobile qui rapportent le plus. Ils ont battu les gouvernements (cartes d’identité), les forums de communauté internet et les banques dans la course à la création de fichiers personnels robustes pour traquer les gens, leur vendre des produits et envahir leur vie privée pour des gains commerciaux. C’est une spirale infernale hors de tout contrôle...

Merci à TJ Behe pour cette interview, à Soyouz pour sa collaboration et à Micheline pour la correction d’orthographe !

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