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mercredi 28 février 2007
par Soyouz

Ghost Rider


C’est la première adaptation cinématographique d’un comic de l’année. Espérons qu’elle ne donne pas le ton pour les suivantes ...

(JPEG) Barton Blaze et son fils vivent de spectacles de cascades en moto : cercles de feu, rampes, mais pas les rangées de voitures. Cela reste assez soft. Alors qu’il prévoyait de quitter son père et de partir à l’aventure avec la jeune Roxanne Simpson, Johnny apprend que son père a un cancer. Le soir même, alors qu’il nettoyait ses motos, un homme étrange apparaît et lui propose un pacte : la santé de son père contre son âme. Mais Blaze Sr décèdera le lendemain même d’un accident lors d’un spectacle. Se sentant trahi, le fiston laissera tout tomber et partira à l’aventure, seul ! Des années plus tard, devenu recordman mondial du saut à moto, Méphistophélès (car oui, c’était bien lui, vous aviez compris) se rappelle et lui explique le marché : la nuit, il devient son agent et se transformera en Ghost Rider. Sa mission : combattre Blackheart qui cherche à supplanter son papa Méphisto en récupérant des âmes perdues il y a plus d’un siècle.

(JPEG) Commençons par les différences par rapport au comic originel. Que ce soit son père naturel et non adoptif qui soit malade ou que Roxanne ne soit pas sa demi-sœur (en plus, pour avoir une histoire d’amour, ça ne ferait pas sérieux) ne change fondamentalement rien à la donne. La grosse différence réside surtout dans le fait que ce soit Méphisto qui vienne à Blaze et non l’inverse. L’effet ressemble beaucoup à un Deus Ex Machina, mais ce n’est guère pire qu’un mec pensant d’un seul coup à invoquer le prince des ténèbres pour sauver son beau-père. Et puis, on peut aussi évoquer le fait que Satan sait trouver les âmes en peine ou dans le besoin.

A part cela, en relisant le premier épisode du cavalier fantôme (Marvel Spotlight #5 d’août 1972 par Friedrich et Ploog, traduit en France dans Etranges Aventures #40 chez Arédit et dans Strange Spécial Origines #235 chez Semic), je n’ai pas vu de différences notables. A noter tout de même que l’histoire utilise un point tout nouveau du mythe développé actuellement par Garth Ennis dans une mini-série aux Etats-Unis.

Et le film alors, me direz-vous ? J’y allais avec une grosse appréhension et je n’ai pas été déçu. On peut tout de même signaler que si la mise en place (c’est à dire tout ce qui se passe avant la première transformation) a duré une quarantaine de minutes, cela n’a pas paru si long que cela car on avait des alternances avec la situation du méchant de service. Parlons de lui justement, car il vaut le coup d’œil. Chez Marvel, c’est un vilain de seconde zone (c’est dur d’être le « fils de ») qu’on a dû voir à tout casser une petite dizaine de fois. Et bien là, il respecte sa version originelle en ayant autant de charisme qu’un vampire dans Blade (alors imaginez l’importance que peuvent avoir ses trois acolytes élémentaux). Méphistophélès (incarné par un Peter Fonda) n’est guère mieux. Au début, s’il joue, comme il se doit, le manipulateur, il est, à la fin, totalement ridicule quand Blaze lui sort sa super phrase de justicier tout aussi ridicule (et complètement out of character). Quant à Eva Mendes, qui joue Roxanne, elle a tout à fait le rôle d’une potiche dans cette histoire d’amour aussi impossible que navrante (et j’avoue ne pas avoir trouvé qu’elle jouait très bien)

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En voilà de belles têtes de vainqueurs

Tout cela, c’est aussi un problème de réalisation. Et bien oui, vous avez mis le doigt dessus. Mark Steven Johnson n’est pourtant pas à son premier coup d’essai, puisqu’il avait fait Daredevil en 2003. Il donne l’impression d’avoir du mal à gérer son intrigue en utilisant toutes les ficelles du monde et en créant des scènes inutiles (des prétextes en quelque sorte) comme la rencontre entre le père et le fils dans une allée bordée d’arbres en pleine nuit, ou la moto qui s’arrête comme par hasard là où il fallait. On a l’impression de retrouver les clichés des comics Marvel des années 60. Il cherche aussi à faire de l’humour, à la limite de la dérision, mais là encore, il fait dans le lourd et on voit venir les blagues 30 secondes avant. En fait, si la salle rigolait, je pense que c’était grâce au jeu de Nicolas Cage. Je ne suis pas particulièrement fan de l’acteur, mais force est de constater qu’il sauve en partie le film (hormis dans sa répartie finale face à Méphisto). Il semble s’amuser comme un petit fou, que ce soit dans les moments comiques ou tragiques (la première scène de métamorphose est plutôt bien réussie).En voyant l’affiche, j’avais peur qu’il fasse la tronche tout le film, mais c’est loin d’être le cas et il utilise une bonne palette d’expressions.

Autre point positif (oui, il y en a deux), ce sont les effets spéciaux. En regardant la bande annonce, j’avais peur, à l’instar de celle des quatre Fantastiques, qu’elle nous montre tout. Il n’en est rien, bien au contraire, les métamorphoses sont très souvent utilisées, les effets sont superbes et se fondent bien dans le réel (excepté le carton pâte sur la fin). Ce qui n’est tout de même pas rien dans ce genre de film.

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Je ne vous conseillerais donc pas d’aller voir ce film au cinéma. Si vous avez un grand écran plat, profitez de votre investissement en attendant la sortie DVD si vous souhaitez vraiment le visionner, car, il est, sauf pour les effets spéciaux et le jeu de Cage, guère meilleur qu’Elektra.

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