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mercredi 28 février 2007
par Soyouz

Angoulême 2007 : Carnet de bord de Soyouz


Pour sa 34ème édition, le festival international de la bande dessinée d’Angoulême fait peau neuve, avec une réorganisation complète des bulles et avec de nouveaux tarifs. Voyons tout cela de plus près ...

Vendredi 26 janvier 2007

Comme l’an passé, départ de la gare à 7h00 du matin, et comme l’an passé, un des forumeurs, Boby Le Coyote me rejoint à la gare de Tours. Les objectifs sont aussi les mêmes que l’année dernière, puisque cela avait été plutôt positif : essayer de voir un maximum de monde et avoir un maximum de dédicaces. Etant donné que tous les éditeurs sont réunis pour la première fois dans la même bulle, je me suis dit que cela devrait êtrre plus facile que les autres années. On va voir que cela n’a pas été le cas, et cela pour plusieurs raisons.

On arrive à 9h30 à la gare d’Angoulême. Comme tout est maintenant excentré et que le salon des Editeurs est à 25 minutes de marche, on décide de prendre les navettes gratuites destinées au festival, surtout avec la neige et le froid. Le fait d’avoir pensé à ces navettes est un des points positifs de cette nouvelle organisation (et heureusement qu’elles étaient là). Le premier bus étant bondé (aspect qui sera récurrent par la suite), on décide de prendre le suivant.

On arrive donc au salon à 10h00, à l’heure de l’ouverture. Et magnifique, pas d’attente quand Boby achète son billet d’entrée. D’ailleurs, un peu d’explication pour celui-ci. Cette année, les organisateurs ont décidé de faire des forfaits bizarroïdes : exit le Pass 4 jours, que des 3 jours dorénavant (qui ne permet même pas d’aller à l’espace Manga car il faut y ajouter 2 euros, un comble quand on voit l’importance que prend ce genre dans l’hexagone). Le billet de base vous donne droit à quelques expositions et faut sortir les billets pour avoir le droit de tout voir. J’ajoute que le prix de base passe de 9,5€ à 11€ (soit plus de 15% d’augmentation !!!!!). Jene vous parlerai pas de l’autre forfait, c’est tout aussi intéressant que de remplir sa feuille d’impôt.

On entre dans le salon et on va directement chez Panini. Et oui, l’année dernière, cela avait bien fonctionné, malgré la désorganisation made in Album, on remet donc ça. Et Ô surprise, déjà plus une seule place dès 10h02. On voit es gens qui s’en vont déjà, bref grosse catastrophe d’entrée de jeu. J’enquête quand même pour savoir comment cela se passe cette année. En fait, se sont ceux qui n’ont pas eu leurs dessins la veille qui ont droit aux dédicaces ce vendredi. Je n’y crois pas trop en me disant qu’il va sûrement être possible d’avoir des tickets pour les dessinateurs de l’après-midi. C’était sûrement possible, mais comme Panini avait mis un anglais qui ne parlait pas un traitre mot de français, avec un débit qui dépassait mes compétences (j’étais pourtant entraîné depuis quelques mois), j’ai décidé de laisser tomber. Et par la même occasion, j’ai boycotté leur stand en n’achetant aucune de leur parution. Après tout, ils ne font aucune réduction, et mon libraire me fait 5% (la fameuse loi Lang [1]), donc je ne vois pas pourquoi je paierai le prix fort. Je sais, cela a un côté Don Quichotte frustré, mais contrairement à ce que certain pourrait penser, je ne leur en veux pas pour les dédicaces. Je suis assez réaliste. Je n’ai réussi en avoir que deux en 6 participations, et je me doute bien qu’il y a au moins 200 fans pour un dessinateur qui ne peut fournir qu’entre 6 et 10 dessins par séance.

(JPEG) Boby et moi laissons notre déception de côté et rejoignons Chris Colin. On file vers le stand Eyrolles/Superpouvoir/Kymera. Point de Bryan Talbot à cette heure matinale (10h15), mais nous croisons tout de même Jim Lainé, présent pour son livre La création d’un univers de fiction. Toujours est-il que le créateur de Luther Arkwright ne sera là qu’à 12h, donc on repassera. Comme les bouquinistes sont cette année dans la même bulle que les éditeurs, on se dit qu’il y aura aussi quelques affaires à faire. Nouvelle déception, un écrémage a dû être effectué à l’entrée, puisqu’à part les belges de Forbidden Zone, tous les autres revendeurs ne font que dans l’édition originale ou rare. Peu d’intérêt pour nos petites bourses. Cela me fait aussi penser que ceux qui pouvaient éventuellement profiter gratuitement des bouquinistes, peuvent aller se brosser (d’habitude, ils sont dans un immeuble accessible sans aucun billet, donc à tous).

Heureusement, il ya toujours le quotidien La Charente Libre qui vend pour 3€ son journal avec une bande dessinée. Et cette année, il y avait un sacré choix, avec notamment 4 comics.

On décide donc de traîner dans les couloirs (à noter que ceux-ci sont plus espacés qu’à l’accoutumée, ce qui est bien agréable) afin de voir comment sont placés les éditeurs, puisque qu’il n’existe aucun plan indiquant comment sont agencés les éditeurs. Pendant ce temps, Chris attend une dédicace de Sergio Toppi, le dessinateur qui a fait les couvertures de 1602 : New World, ce qu’il semble avoir oublié d’ailleurs d’après Chris : "J’ai demandé à Sergio Toppi une dédicace du Captain America de 1602 (un indien blond avec un A sur le front) sur un album de la série Le Collectionneur et je suis passé pour un fou sur le stand des éditions Mosquito." Vous avez dit geek ?(JPEG)

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On remarque la présence d’Andi Watson chez les éditions Çà et Là et surtout l’absence de stand Akileos, ce qui est bien dommage, car ils avaient amené beaucoup d’artistes l’année dernière. Je vous avouerai que je comptais un peu sur eux pour égayer ce début de matinée. Et oui, car ce début de festival manque un peu de punch. Et ce n’est pas le stand de la Nébuleuse BD, habituellement beaucoup plus dynamique, qui nous contredira (et oui, même les indépendants et les fanzines sont dans le salon des éditeurs), car même le nouveau numéro de L’Homme des Banlieues est guère visible. Et sur le stand Soleil, les vendeurs ne savent même pas ce qu’ils ont à vendre (heureusement que les fans sont là pour informer les éventuels acheteurs)

Brodieman (un autre forumeur) et sa sœur nous rejoignent et nous font découvrir sur le stand Rackam Peter Kuper et sa Jungle. Du coup, nous sommes trois à prendre son bouquin et à demander une dédicace. En regardant son portfolio, je remarque une sorte de McDollar ressemblant à Superman. Les habitués du site ne seront pas étonné de voir que je lui ai demandé une reproduction de ce dessin, ce qu’il réussi fort bien d’ailleurs, au crayon pastel !(JPEG)

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12h approche, on file donc au stand Kymera. On attend un peu Talbot qui est un peu en retard. Du coup, Brodie en profite pour demander à Cyrille Munaro un CoqMan et Poussin et on discute avec un des responsables de l’éditeur de Strangers in Paradise. A noter qu’eux, au moins, faisaient des prix sur certains achats. Arrive enfin l’auteur d’Au cœur de l’Empire, l’Héritage de Luther Arkwright, qui me fait une dédicace bien plus grande que l’année dernière. Deux dédicaces dans la matinée, finalement, c’est moins pire que je le craignais.(JPEG)

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Comme les Usagi Yojimbo sont difficiles à avoir chez les libraires parisiens, nous nous dirigeons vers le stand paquet pour notre fournée de lapin samouraï. Même Boby, pourtant sceptique, se laissera tenter plus tard dans la journée en prenant les dix parutions, et il obtiendra même un prix d’ami. Comme quoi, il y a bien que les gros éditeurs qui sont fermés aux réductions.

(JPEG) Avant d’aller manger, on s’arrête au stand Legends pour prendre notre exemplaire de la nouvelle mouture Strange, que je fais dédicacer au passage par Reed Man, avec qui on cause bien évidemment de Kirby, de Mikros : Kaos (repoussé finalement pour mars ou avril), de la différence entre le comic indépendant et underground ... bref, une discussion très sympathique avec un gars qui ne se prend pas au sérieux et se fait plaisir. On en profite aussi pour jeter un œil sur la toute nouvelle encyclopédie géante Marvel, publié par Tournon. Va falloir économiser pour se la procurer celle-ci !

(JPEG) On prend enfin le bus pour aller manger dans le centre ville. On sort à 14h30 et on profite d’être dans le secteur pour aller aux Nouvelles Galeries, non pas pour les soldes, mais pour aller voir le rebelle des éditeurs, Emmanuel Proust Editions. S’y trouve Nicolas Otéro, le dessinateur d’AmeriKKKa, pour sa toute nouvelle bande dessinée Bonecreek, et le scénariste Bat. Ambiance très sympathique et très drôle, les deux artistes sont à l’aise avec leur public (surtout quand se sont des habitués).

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Chris en profite pour acheter le dernier volume de Sylvain et Sylvette et le faire dédicacer par Jean-Louis Pesch, toujours aussi vaillant à presque 79 ans et intarissable sur les anecdotes de festival (notamment une incroyable et qui force le respect : plus de 1200 dédicaces en 3 jours de festival). Ce qui me surprend surtout, c’est que se sont aussi des parutions Dargaud qui sont en dehors des bulles. Il s’est dit là-bas qu’il n’y avait pas assez de place dans le salon des éditeurs, mais on peut se demander si cet éditeur n’envoyait pas des dessinateurs en éclaireurs. Car il y avait tout de même un peu de monde (beaucoup moins que dans le salon, c’est sûr), mais le prix du stand ne doit pas être le même non plus. Se ne sont bien sûr que des suppositions personnelles, mais l’affaire est à suivre.

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On sort à 17h (on est donc resté deux heures dans le magasin) et on reprend une nouvelle fois le bus pour rejoindre les autres qui prenait un pot dans le salon des éditeurs (oui, maintenant, il y a même des buvettes). J’en profite pour prendre une fouée au chocolat (sorte de pain chaud garni de Nutella) au passage. Un dernier petit tour au cas où, on s’arrête chez Dupuis pour une photo souvenir et on repart pour la gare (en reprenant une autre fouée au chocolat pour la route). Encore de l’attente pour le bus (dans lequel on arrivera tout juste à rentrer) et le train arrive bien à 19h00. De retour chez moi à 22h30, après une bonne journée entre potes.

Bilan : Je vais passer outre les considérations personnelles (« ouinnn, je n’ai pas eu ma dédicace ») qui sont de l’ordre du fan déçu sur le moment et qui ne mettent pas en cause l’organisation (ce dont on se rend compte avec un minimum de jugeote et d’objectivité). Le gros point important de cette année, c’est la réunion en un seul chapiteau de tous les éditeurs. Reste à savoir, entre autre, pourquoi Dargaud a exilé une partie de ses dessinateurs et pourquoi Akileos n’est pas venu cette année (manque de fond ou manque de place). Ce regroupement permet aux éditeurs indépendants et aux fanzines d’avoir une plus grande visibilité, contrairement à l’année dernière. Les visiteurs n’ont pas besoin de traverser la ville pour voir tous leurs BD préférées (même s’ils doivent chercher un peu dans le salon car il n’y avait pas de plan des emplacements). Seulement maintenant, la ville de la BD a totalement perdu ce qui faisait son charme et son appellation. L’ambiance dans les rues a quasiment disparu puisque les bédéphiles ne circulent plus que par bus (surbondés) pour aller d’un salon à un autre. Cette circulation et cet agencement ne permet pas de gagner du temps et par conséquent, il est quasiment impossible d’espérer voir des expositions (qui semblaient très intéressantes et de qualité) et avoir des dédicaces dans la même journée (chose qui l’était les années précédentes). Bref, le festival aurait pu se passer dans n’importe quel parc des expositions de n’importe quelle ville de la France, cela n’aurait pas fait de différence. Dommage, j’appréciais cette ambiance festive. De plus, l’accessibilité gratuite à la Maison des bouquinistes (qui ne vendaient pas que pièces rares et chères) permettait aux petits moyens de profiter eux aussi de la fête (surtout que les tarifs ont augmenté cette année, sauf peut être pour les familles).

Toutefois, j’aimerais nuancer mes propos (et ma déception) par un fait, semble t’il, irréfutable : l’affluence du 34ème festival international de la bande dessinée d’Angoulême a été record. Et cette preuve est bien plus représentative que celle d’un forumeur déçu.

[1] Cette loi oblige tout libraire à vendre au tarif indiqué par l’éditeur avec, s’il le souhaite, une réduction maximum de 5%. Elle permet de protéger les petits revendeurs face aux grosses écuries. Plus d’infos vers ce lien

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