Comme moi, vous lisez des comics depuis plus ou moins longtemps et vous avez sûrement entendu cette phrase : « Ouah, les comics, c’est trop simple, ils passent leur temps à se taper dessus ! ». Vous en conviendrez, cette phrase, sans vouloir être méchante, vous a un petit peu blessé et vous a fait passer pour l’idiot de la famille ou le barjo de service.
Pourtant, tout n’est pas si simple dans les comics, tout n’est pas si noir et blanc. Pour illustrer mon propos, rien de mieux que plusieurs exemples...
Si vous lisez le Punisher, ça parle d’armes à feu, de vengeance et de justice expéditive, mais aussi de prolifération et d’utilisation intensive des dites armes ainsi que du premier amendement américain, cher à la NRA (New Rifle Association), qui autorise la possession et l’utilisation d’armes.
Le comic-book X-Men parle de différence, d’exclusion et de famille. Pour le premier, et bien que Marvel ait du mal à l’admettre, le droit à la différence fait de ce comic l’un des préférés du public gay américain. Les mutants vivent en société et malgré leur différence sont partie intégrante de cette même société. Les sentinelles, Bastion et Nimrod sont des résonances des persécutions qu’a subi la communauté juive européenne pendant les années 1940. Le rêve de coexistence pacifique humains/mutants de Xavier est digne des actes du Mahatma Gandhi. Enfin, la famille joue un rôle important dans ce comic, bien que des X-Men comme Gambit, Wolverine, Tornade ou Malicia n’aient pas ou plus de famille. Les X-Men sont une famille au sens large du terme avec les parents (la première génération d’X-Men, le quintette original de Jack Kirby et Stan Lee), les enfants (la deuxième génération cosmopolite de Len Wein et Dave Cockrum) et les petits-enfants (Nouveaux Mutants, Génération X et X-Force confondus).
Pour finir, j’utiliserai comme exemple l’un de mes personnages favoris, Darkseid et la planète Apokolips. Jack Kirby est né Jacob Kurtzberg, juif américain et a mis dans cette création une dictature complète avec un culte de la personnalité déifié et un reniement des valeurs positives comme l’amour ou la compassion. A n’en pas douter, par ce côté sombre et cette apocalypse, Kirby a voulu mettre en garde le monde contre le renouveau de toutes les dictactures (politiques, morales ou scientifiques) et leur non-disparition de la surface de notre terre. Pas étonnant pour l’homme qui a co-créé Captain America avec Joe Simon.
Les comics ont toujours été une façon linéaire d’aborder les problèmes de société. Ainsi, avec Civil War et Uncle Sam and The Freedom Fighters, les créateurs mettent leurs lecteurs en garde contre les dérives de leur gouvernement représentées par le Patriot Act.
Finalement, pour quitter ce côté noir et blanc, il suffit d’un peu d’éclairage. A l’instar de Léonard de Vinci, les créateurs de comics ont peut-être caché un code que seule une tribu d’initiés peut comprendre. Vous avez dit Illuminati ? Dommage que tout le monde n’ait pas les pouvoirs de Dazzler pour pouvoir éclairer cette cène.