Nous sommes le , bienvenue ! Derniers dossiers en ligne : En travaux


Dernières chroniques V.F.
Dernières chroniques V.O.

lundi 18 juillet 2005
par Vincent ’Old School’ Nasello

La mort de Gwendoline Stacy


(JPEG) Cet événement tragique a traumatisé toute une génération de lecteurs, ses répercussions se font sentir encore aujourd’hui, 32 ans après la première publication. Je me demande même si il n’y a pas eu plus d’épisodes mettant en scène Gwen Stacy après sa mort qu’avant.

Son impact a été immense et l’on a pu parler, avec raison, à son propos de « La fin de l’âge de l’innocence ». D’ailleurs, Kurt Busiek et Alex Ross ne s’y sont pas trompés en en faisant la conclusion de leur mini-série événement Marvels et chaque nouvelle apparition est en général chargée d’émotions (je pense en particulier au magnifique Spider-Man Blue de Jeph Loeb et Tim Sale)

(JPEG)

Paradoxalement, ces épisodes n’ont fait en France l’objet que de 2 éditions : la première dans Strange 104 en 1978, la seconde dans Spider-Man Extra 15 en 1999, en attendant une prochaine intégrale couvrant l’année 1973.

Encore mieux : dans les 2 cas il n’est pas le sujet de la couverture. Pour Strange, c’est la cover du 105 qui y fait référence, suite à ce qui semble bien être un cafouillage dans les plannings de parution. A noter que pour l’édition américaine, la première édition annonce une mort sans autre précision, il faudra attendre la ré-éditon en graphic novel pour avoir cette mort en cover.

(JPEG)
(JPEG)

Enfin, l’homme qui est à l’origine de tout ça n’est crédité au générique de l’épisode que pour son travail d’encreur. En effet si Gerry Conway et Gil Kane ont respectivement écrit et dessiné, c’est John Romita Senior qui, en tant de superviseur en chef, a décidé la mort de la douce Gwen et Stan Lee, sans doute dans la lune ce jour là, a donné son accord sans mesurer les conséquences.
John Romita estimait que Gwen était trop effacée et que Mary-Jane donnerait plus de peps à la série.

Cette mort était-elle prévisible ? Oui et non à la fois. Non, car l’élimination définitive d’un personnage principal n’était pas dans les règles d’écriture d’un comic (pour mémoire, il faudra attendre encore près de 8 ans avant la mort d’un héros d’un groupe, en l’occurrence les X-Men) ce qui explique le choc causé par cette disparition.
Oui, car dès cette époque, l’univers de Spider-Man était un monde très dur où la pègre n’hésitait pas à éliminer les gêneurs. De plus, la mort du père de Gwen 3 ans auparavant montrait clairement la voie suivie. Par ailleurs, il n’y eut aucune surprise pour le lecteur français : non seulement depuis quelques mois Lug publiait une seconde série Spider-Man (Peter Parker) plus récente dans laquelle Gwen n’apparaissait pas, mais il y a plus fort.

(JPEG)

A l’occasion du n° 100 de Strange, au milieu de pages supplémentaires consacrées au tisseur, sur une double page, on nous annonçait la mort prochaine de Gwen Stacy « qui va bouleverser la vie de Peter » soit quatre mois avant le numéro fatidique ! Quand je pense que certains râlent pour les spoilers de Christian Grasse !

Pour ce qui est de l’histoire proprement dite, après son voyage au Canada (dont JMS saura se servir pour son run) Peter, rentré à New-York, retrouve tout son entourage dont sa charmante fiancée, mais le Bouffon Vert retrouve la mémoire et se souvient de l’identité de sa Némésis. Dès lors, quoi de plus simple que de le faire souffrir à travers sa frêle compagne ? Il l’enlève et l’emmène droguée sur le pont de Brooklyn où les 2 adversaires s’affrontent une nouvelle fois.
Une petite poussée et Gwen est précipitée dans le vide.

Là plane un petit doute : était-elle déjà morte ou Peter lui a-t-il brisé les cervicales en essayant de la rattraper ? Une onomatopée figurant sur le dessin tend à étayer la seconde hypothèse, mais finalement cela importe peu. Le résultat est là : l’Amour de sa Vie est mort et Peter s’en sens responsable !
L’arc se finit sur la mort du Bouffon Vert. Norman Osborn disparaîtra du Marvel Universe pendant près de 20 années éditoriales et Mary-Jane reste seule en piste pour le rôle de petite amie du Héros.

(JPEG) Mais John Romita va la jouer finement : elle ne remplacera pas Gwen immédiatement, Peter va faire une dépression qui ne dira jamais son nom et Miss Watson prendra progressivement de l’importance, d’abord comme amie puis comme amour de Peter.

Bien sûr, après le tollé des fans, la tentation fut grande de ressusciter Gwen. Ce sera chose faite près de 2 ans plus tard avec l’apparition du clone de Gwen. Mais Stan Lee, clairvoyant sur ce coup là, a compris que c’était une erreur et ce clone quitte la vie de Peter après quelques épisodes dans lesquels intervient le Chacal. Ces épisodes fourniront bien plus tard le point de départ de la très controversée « Saga du Clone ».

L’Histoire, finalement, réserve bien des surprises. John Romita est un immense artiste ; ses histoires sont des classiques, il dirige une école d’art renommée, son fils est le digne fils de son père, mais sa plus grande contribution à l’histoire des comics fut une décision prise pour une fonction quasi-bénévole de superviseur !

Envie de discuter à propos de cet article ?
Créez un topic sur notre forum : http://france-comics.dynamicforum.net/

Une erreur ? Un oubli de notre part ?
Pas de soucis : envoyez-nous un mail pour que nous corrigions francecomics@gmail.com

Cet article a été lu par 6117 visiteurs

France-Comics est un site animé par des rédacteurs bénévoles. Vous pouvez prendre contact avec nous via notre forum : http://france-comics.dynamicforum.net/