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Seven Soldiers : Zatanna #1


samedi 4 juin 2005
L'avis de Hush


DC Comics

(JPEG) Ce que j’aime dans le comic-book, c’est de ne rien savoir sur une série ou sur les personnages. Ce que j’apprécie encore plus, c’est les décortiquer, les mettre à nu et apprécier leurs motivations dans leur dévotion. En somme, arriver en terrain vierge.

Le dernier exemple en date reste Ultimate Fantastic Four par Bendis, Millar et Kubert. A la lecture, il y a cette sorte d’engouement, de curiosité et la « fan attitude » fait le reste. Impossible de ne pas plonger dans le récit, ces petits monologues, ces cases graphiques au service d’une histoire. Mais pour Seven Soldiers, le niveau est tout autre à l’instar du défi.

En ce qui concerne Grant Morrison, j’avoue que je connais assez peu l’ancien auteur des New X-Men. A vrai dire, je crois avoir toujours esquivé ne serait-ce qu’une lecture de sa JLA et consorts. Une sorte de délit de sale gueule, il a écrit les X-Men après tout ( !!!). Presque impardonnable, car je déteste ça. « Fais ce que je dis, pas ce que je fais » répète-on.

Par des jours de beau temps - dans le Nord c’est pas si rare que ça ! -, j’offre des comics à mon entourage familial et amical. Je leur « comicse » la vie en quelque sorte. Neuf fois sur dix, ils ravalent leurs préjugés sur le médium. Ils me rapportent que les récits sont adultes et que les Héros ne sont en fait qu’une manière de valoriser un thème dans le développement narratif. Si les autres savent donner l’exemple et s’ouvrir sur d’autres médias, je me dois de rendre la pareille.

Dans le comic, « être passionné » et « ouvert d’esprit » font rarement bon ménage. Avouez-le tous, on défend nos artistes avec beaucoup de mauvaise foi ! Pour revenir sur le cas du divin chauve, c’est un fan qui me tend les exemplaires de Seven Soldiers.
Certes les articles de Chris louent, avec une certaine retenue caractéristique de notre Dico préféré, mais c’est du Grant Morrison que Diable ! Il a écrit les Mutants. Réveillez-vous bon sang ! Plus sérieusement, je décide d’être sage le temps d’une lecture.

Je ne connais rien des Seven Soldiers et nul besoin de connaître quoi que cela soit. Sachez juste que c’est un groupe de Héros un peu oublié du DCU (parfois en guest-stars dans diverses séries) et, petite anecdote, originaire d’un roman. Mais au-delà du simple aspect historique, le projet de GM est bien plus ambitieux que le simple retour de Héros oubliés. En effet, son projet de réactualisation des Sept Soldats est tout simplement titanesque. Sept personnages, une re-conceptualisation totale d’une équipe de Super-Héros et une introspection par personnage sont au programme. C’est presque une création à part entière. Logiquement la construction de l’équipe viendra plus tard sans compter donner de la cohérence à tout ce beau monde complètement déjanté. Plus qu’un simple chantier, je vous dis.

Si tout commence par la mise en bouche du #0, G. Morrison se devra de développer et de crédibiliser pas moins de sept personnages aussi différents que déroutants entre un chevalier de la table ronde, un sorcier, un Héros recruté par un quotidien, un monstre, une miraculée d’un accident, un roi de l’évasion et une artiste. Je vous propose de nous attarder sur cette dernière, en la personne de Zatanna Zatara.

Nous retrouvons la fille du grand magicien Giovanni Zatara en thérapie de groupe, en compagnie d’individus plus que bizarres. Au cours du récit, nous apprenons que ce personnage, l’un des plus puissants du DCU, a perdu ses pouvoirs ! Ces 22 pages nous expliquent l’évènement qui a créé ce blocage par le biais d’une séance qui a mal tourné. Si je ne dévoilerai guère plus sur l’histoire, il apparaît que la finalité de la mini-série sera bel et bien de reconstruire la puissance et la confiance de Zatanna. Grant Morrison nous promène dans l’aspect magique du DCU, un aspect que je connais très peu en fait. A la première lecture, c’est assez troublant et presque repoussant. On relit, on s’habitue et on craque. Le comic se lit très bien, on n’en perd pas une miette et on se régale avant d’entreprendre une énième lecture.

Ryan Sook, encré par l’excellent Mick Gray (déjà vu sur Hawkman avec le même penciller), participe beaucoup à l’ambiance. Sans esbroufe, mais avec beaucoup d’expressivité, l’artiste donne beaucoup de relief au récit. La petite escapade « astrologico-magico-mystique », notamment retranscrite dans des doubles pages de folie, s’avère tout simplement magnifique. Dans ce genre de récit il convient de féliciter le coloriste Nathan Evring qui contribue beaucoup à l’oeuvre. La magie reste un monde de couleurs !

A la fermeture, une sensation de trop peu se dégage. En réalité, le scénariste nous fait languir car l’histoire développée remplit de belle manière ce book de 22 pages. Amorce réussie, plaisir de lecture au rendez-vous, personnage à fort potentiel ... Vivement la suite !

Avis : Celui qui dit du mal de Morrison, je le tue !

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