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Les Sentiers de la Perdition


jeudi 31 mars 2005
L'avis de Soyouz


Delcourt

Mafia, trahison, meurtre, vengeance, flingues, prohibition, argent ... tous les ingrédients pour un bon polar.

(JPEG) Hiver 1930, à Rock Island, Illinois. Le gang Looney dirige le trafic d’alcool, les bordels, les tables de jeu, ... Cette influence leur permet d’avoir un lien privilégié avec le gang Capone à Chicago. Michael O’Sullivan, appelé l’Ange de la mort, est le loyal et fidèle tueur à gage de John Looney. Vétéran de la grande guerre, il ne parle jamais de son travail en famille. Si bien qu’un jour, ses deux fils qui le comparent au héros Tom Mix, s’arrangent pour que le plus grand l’accompagne « en cachette » en mission (ah, la curiosité des enfants). L’ange, accompagné du fils Looney, doit régler un contentieux. Evidemment cela ne se passe pas comme prévu et le jeune Michael Jr, qui a tout vu, est repéré par Connor Looney.

Autant vous le dire tout de suite : Max Allan Collins a avoué s’être inspiré du célèbre manga Lone Wolf and Cub de Koike et Kojima qu’il considère comme un chef d’œuvre. Parenthèse fermée.
Cela faisait un bout de temps que je lorgnais sur ce bouquin et finalement je me suis décidé à l’acheter. Grand mal m’en a pris ... de ne pas l’avoir acheté plus tôt. C’est une œuvre bien construite, sombre mais pas glauque, violente (il y a de véritables tueries) mais on a aussi droit à une scène très émouvante, dure, et qui m’a bien pris les tripes. Il n’y a pas de place pour l’humour et il n’y a pas vraiment de héros parmi les personnages principaux.

L’enfant est plutôt considéré comme un innocent et plus observateur qu’acteur. D’ailleurs, c’est lui qui raconte l’histoire en s’appuyant sur ses souvenirs et sur ce qu’il a lu à propos de son père. Le tempérament du celui-ci est assez bien développé par Collins tout au long du récit et cela a son importance pour comprendre les relations père-fils : c’est un irlandais catholique qui a fait la guerre, un vrai soldat, professionnel, masquant tout sentiment, fidèle et respectueux de l’autorité. Il ne veut que le bien de sa famille, les éduquer du mieux possible (le détail de la brosse à dents), en respect avec la religion et les éloigner le plus possible de ses activités non recommandables. Alors imaginez ce que cela donne quand l’autorité le trahit et implique sa famille.

L’avantage de ce comic, c’est qu’il fait très réaliste. L’auteur va jusqu’à impliquer des guests-stars comme Al Capone et Eliot Ness. Enfin, j’avoue avoir été doublement surpris par la fin, à la fois par la conséquence directe et par celle sur le long terme (et qui n’est pas si surprenante que cela après coup). J’ai bien aimé aussi le double sens du titre.

Généralement, les dessins en noir et blanc, avec beaucoup de traits, sont assez bien adaptés aux polars. Il n’y a pas de raisons qu’il en soit autrement pour Les sentiers de la perdition. Ceux de Richard Piers Rayner sont adaptés à la noirceur et à l’ambiance du récit. Des visages très expressifs et des scènes d’actions qui se passent de textes : je l’ai trouvé assez bon story-teller. Même si des cases ne comportent pas de détails ou d’arrière-plans, le rythme de la BD nous le fait oublier. Et puis on a suffisamment d’éléments pour se sentir plongés dans les années 30 (costumes, armes, voitures ...). Certains penseront sûrement que c’est un peu brouillon ou qu’il y a trop de traits, mais je vois mal un dessin léché avec ce genre de récit.

Sans vouloir faire de comparaison avec le film que j’ai vu après, on peut tout de même noter des différences notables qui font que la version papier sera appréciée différemment. Tout d’abord, j’ai trouvé le comic plus violent. Le film aurait sûrement été interdit au moins de douze ans si le visuel avait été identique. Dans le film, Eliot Ness et Al Capone n’apparaissent pas, ce qui modifie tout de même l’intrigue. A l’inverse, Maguire (Jude Law), qui est un des personnages principaux dans l’adaptation, n’existe pas dans le comic-book (quand je vous dis que ce n’est plus tout à fait la même intrigue). Aussi il n’y a pas de relations entre les deux enfants et John Looney (Paul Newman) dans la BD. Sans vouloir spoiler, les conséquences de la fin sont aussi différentes. Donc, même si des scènes, des faits, des dialogues sont copiés-collés à la version papier, toutes ces différences changent les effets au niveau de l’intrigue, de la psychologie des personnages, des relations et, au final, l’impact n’est pas du tout le même.

De toute façon, que vous ayez vu le film ou pas, dirigez-vous vers les sentiers de votre librairie (elle était facile celle-là).

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