Astro City volume #1 :
Ce premier tome est divisé en plusieurs histoires assez indépendantes les unes des autres.
La première histoire nous montre Samaritan (le Superman d’Astro City) dans une de ses journées quotidiennes. Tout est chronométré, chaque pause un peu plus longue que prévue peut mettre le monde en danger.
Busiek nous raconte ce que pourrait être la vie de Sup’ s’il n’avait pas Loïs Lane pour se poser. Le seul moment où il peut "vivre", c’est dans ses rêves.
La seconde histoire raconte comment on peut passer à côté d’un formidable scoop si on ne possède aucune preuve. Elle met en scène Elliot Mills, rédacteur en chef du Rocket, et un jeune journaliste. Le reporter s’étonne de voir placarder un petit article qui semble insignifiant en apparence, comparé aux nombreuses unes et trophées qui garnissent le mur. Elliot Mills lui raconte alors son premier scoop.
Ce récit permet à Busiek de bien ancrer son univers et de présenter de vieux héros et la première mouture de l’Honor Guard (qui fait alors penser aux Vengeurs). Cet épisode semble aussi être un clin d’oeil à Marvels, mais en plus réaliste.
Que se passerait-il si un petit malfrat venait à voir le visage de Spidey sans son masque ?
Eisenstein, une petite frappe, s’échappe d’un plan qui a mal tourné. Alors qu’il passe par les toits, il tombe sur Jack in the Box qui se change en civil. Malheureusement pour lui, Jack se retourne à ce moment. L’a-t-il vu ou non ? Eisenstein tente de mettre un nom sur le visage du justicier, mais que va-t-il en faire ? La vendre à un gros bonnet ? S’est-il fait repérer ? Toutes les options vont lui passer par la tête, au fur et à mesure que sa paranoïa augmente.
Cette histoire qui fut récompensée par un Eisner Awards, montre que savoir ce genre de secret n’est pas toujours une aubaine. Elle nous dit aussi qu’il faut toujours ouvrir l’oeil, on ne sait jamais.
Shadow Hill est un quartier où la magie règne en maître. Le seul protecteur de ce quartier est Le pendu. Marta est une jeune fille vivant à Shadow Hill, elle y connaît les dangers et sait comment se protéger. Son travail se trouve en ville, endroit qu’elle apprécie aussi. Elle travaille dans la même compagnie que la fiancée de Nick First de la First Family. A Astro City, Marta se sent protégée et intégrée. Une attaque de l’Alliance Impie lui prouvera que la ville n’est pas forcement un endroit plus sûr que chez elle.
Kurt joue ici sur les différences de cultures : les habitants d’AC ne comprennent pas comment on peut vivre à Shadow Hill, ville ressemblant plus à une ville hongroise du XIXème siècle plutôt qu’à un quartier de la plus grande mégalopole. Il en va de même pour les habitants de Shadow Hill. Busiek nous montre une jeune femme attirée par la scintillance d’AC mais qui, par peur, ne semble pouvoir se décider à y vivre.
Reconnaissance, c’est l’histoire d’un vieil homme, prenant des notes sur tous les super-héros. Il se met à suivre alors Crackerjack, un héros présomptueux, bâclant son boulot et celui des autres.
La dernière histoire met en avant les deux plus grands héros d’Astro City : Samaritan et Winged Victory. Loin des rencontres habituelles, nos deux héros ont un rendez-vous arrangé par leurs coéquipiers. Mais que faire lorsque l’on ne possède plus de vie privée depuis plusieurs années ? De quoi parler ?
Cet épisode nous montre une facette de ce que pourrait être la relation entre Superman et Wonder Woman. On y aborde aussi deux manières d’agir et de penser. Samaritan veut sauver tout le monde sans aucune distinction alors que Winged Victory, à danger égal, irait secourir une femme en priorité.
Astro City volume #2 :
Kurt Busiek change le style de récit et passe a une histoire complète.
Le jeune Kinney décide de quitter sa campagne pour tenter sa chance à Astro City. Son but : devenir un héros. Seulement voilà, on ne devient pas héros comme ça en claquant des doigts. Kinney les approche petit à petit, en commençant par bosser dans un bar où vont les vieux briscards, puis il monte et se retrouve dans un hôtel select où viennent de manière anonyme les super-héros. Mis à part le fait qu’il les cotoie, rien ne change dans la vie du jeune homme jusqu’au jour où Glue Gun le prend en otage. Là, il fait ses preuves, à la sortie du service d’autres jeunes voulant devenir des sidekicks l’attendent fort mécontents. Mais ils ne sont pas les seuls, Le confesseur aussi semble vouloir lui parler.
C’est là que le rêve de Kinney s’accomplit. Le jour, il étudie et le soir il est Altar Boy, le jeune compagnon du Confesseur. Dorénavant, sa vie oscille entre apprentissage théorique et pratique.
Mais les choses commencent à empirer : Crackerjack est accusé de vol avec violence, des meurtres sanglants et horribles se perpétuent à Shadow Hill. Alors que la chaleur monte, la population est consternée de voir que les héros n’arrivent pas à mettre la main sur le mystérieux meurtrier du quartier de la colline. La tension monte à tel point que le maire s’en mêle demandant à tous les sur-humains de s’enregister. Altar Boy s’interroge de plus en plus sur l’utilité des héros et sur son mentor qui est bien mystérieux et dont il ne sait rien.
Kinney met alors en pratique ce que lui à enseigné le Confesseur et tente de percer la vérité.
Kurt Busiek manie son récit avec maestria et nous montre l’évolution d’un adolescent parvenant à devenir sidekick. Tout le monde pourra remarquer la ressemblance entre Batman et Robin et c’est bien là ce qui est fort. Là où Robin doit trouver que Bruce est Batounet, Kinney doit faire de même mais tout en faisant face à une grave crise capable de changer la vie des méta-humains. Busiek utilise le concept de grosse chaleur pour faire monter la pression d’un cran à chaque fois. On se plonge avec délice dans cette aventure dans la droite lignée des petites histoires lues précédemment.
Astro City Volume #3 :
Et hop, on reprend les bonnes vieiles habitudes. Ici point d’histoires complètes mais une succession d’histoires diverses et variées.
"Bienvenue à Astro City" montre les réactions d’un père de famille nouvellement arrivé avec ses deux enfants. Interrogé par une journaliste qui lui demande pourquoi il vit à Metropolis, monsieur Pullam ne sait que répondre, mis à part le fait qu’il vient d’emménager. C’est alors que Samaritan apparaît et arrète deux méchants. Peu réconforté par la violence environnante, ce jeune père ballade ses enfants dans la ville. Mais le soir, Thunderhead menace de tout dévaster et Pullam se demande s’il a bien fait de quitter Boston.
Ici, le héros, c’est l’homme de la rue. Busiek tente de montrer comment les gens peuvent vivre dans une ville en perpétuel danger où les super-héros ne cessent de se battre contre tout type de menace. Il décrit aussi l’inquiétude d’un père de famille en plein divorce qui tente de recommencer sa vie dans la grande ville. Bref une petite histoire fort sympathique nous montrant un autre aspect des histoires de super-héros.
Le récit suivant présente la First Family (équivalent des FF chez Marvel), et plus particulièrement Astra, la petite dernière.
Astra est contente, elle a des pouvoirs, elle vit des aventures merveilleuses, mais voilà, Astra n’a pas d’amis de son âge et ça lui manque cruellement. La jeune fille s’enfuit pour vivre sa propre aventure sans sa famille et peut-être se faire des amis.
Busiek présente ce que peut ressentir une petite fille extraordinaire qui aimerait avoir des amis. Un récit touchant qui permet aussi au scénariste de nous raconter l’histoire de la First Family et de nous montrer ses ennemis.
Le Junkman est un vieux voleur connaissant bien son métier. Son dernier casse est tellement réussi que personne ne sait que c’est lui qui l’a commis. Et c’est justement là que ça cloche. Au final, notre vieillard se rend compte que ce n’est pas l’argent qui l’intéresse mais la gloire. Il repart donc à l’assaut des banques. Mais son objectif est différent, il veut ridiculiser les héros.
Qu’est-ce qu attire les vilains ? Busiek nous répond à la question en mettant en scène un vilain qui réussit son coup, mais qui se rend compte que ce n’est pas cela qui l’intéresse. Une histoire bien menée et très intéressante de par son point de vue.
Jack-in-the-Box a tout pour être heureux : c’est un super-héros, il a de l’argent et une femme superbe. Son univers prend pourtant une tournure différente le jour où deux individus costumés se présentent à lui comme étant ses fils, chacun d’une lignée temporelle différente. Mais ces deux fils possibles sont loin d’être des héros, ce sont plutôt des psychotiques qui pensent être la loi.
Jack se retrouve donc dans l’obligation de les arrêter. Il y arrive grâce à l’aide de Roscoe et de sa bande, les Trouble Boys. Suite à ses révélations, Zack (alias Jack-in-the-Box) doit prendre des décisions concernant son futur.
Parfois il suffit d’un petit rien pour que toute votre vie change, c’est le cas de Jack-in-the-Box dont toute la vie bascule en une nuit. Busiek redéfinit son personnage de manière fort sympathique grâce à l’évolution de tous les jours. Là où les comics (de Marvel et DC principalement) n’avancent pas dans le temps, dans Astro City si.
(Note du Sgt : Ce troisième volume reprend des histoires qui "encadrent" l’arc Confession dans l’ordre de parution originel.)
"Vous quittez Astro City soyez prudent."