Depuis plusieurs années, Philippe Cordier anime un blog sur les comics (mais pas que), dans lequel il fait preuve d’un certain talent pour analyser les planches et le travail des dessinateurs (John Romita Jr y est très, très présent) et des encreurs des bandes dessinées américaines (mais pas que). Il écrit également des articles dans Scarce, qui parlent généralement d’encrage (mais pas que).

Avant de créer l’ouvrage dont il est ici question, il en a également commis 3 autres, sur Spider-Man, Daredevil et le Spirit, qui ont toujours été richement illustrés (mais pas que). Mais ce n’est rien à côté de ce que présente John Romita Jr : Storyteller. Ce sont près de 280 planches crayonnées (avant encrage, donc) du dessinateur américain qui sont présentes dans cet album. Un impressionnant travail de recherche, de fouilles, de prises de contact, de récupération (en prenant par moment des chemins inattendus, évoqués par Cordier) d’image de ces planches, qui ont été produites entre 1988 et 2018.

Avant de rentrer dans le vif du sujet, Philippe Cordier nous présente rapidement les caractéristiques (qualités) de JR², puis les deux grandes méthodes de réalisation d’un scénario aux États-Unis (grosso modo, sans vouloir généraliser, c’est la distinction entre Marvel et DC), afin de mieux nous expliquer ce que cela peut entraîner chez le dessinateur.

Quand arrivent les dessins, l’ouvrage est alors organisé par série et par période, classés bien évidemment dans l’ordre chronologique afin de mieux suivre l’évolution du style et des techniques (parce qu’on peut en deviner quelques-unes) de JR². Y sont présentes des pleines planches de Daredevil, Iron Man, Punisher/Batman, Spider-Man The Lost Years, Thor, Spider-Man, Gray Area, Wolverine, Black Panther, Kick Ass, World War Hulk, Amazing Spider-Man, Captain America, Superman, All-Star Batman, ainsi qu’une nouvelle creation espérée pour 2018 (le fan que je suis regrette l’absence de dessins issus des Uncanny X-Men des années 90 ou des Amazing Spider-Man de la période Straczynski, mais on en veut toujours plus). Pour chaque section, Philippe Cordier réalise une rapide présentation, en évoquant généralement l’auteur, mais aussi l’encreur, ce qui peut permettre aux lecteurs d’appréhender les caractéristiques de ceux-ci en comparant les crayonnés de Romita Jr avec les pages finies présentes dans les comics. Parce que c’est ce que provoque ce magazine, que l’on ressente une certaine admiration, de la curiosité (de professionnel ou d’amateur) et/ou l’envie d’encrer sur les pages. Car c’est aussi un vrai outil pédagogique pour tout encreur en herbe.

Mon avis : un ouvrage riche et ludique, que les Américains peuvent nous envier. Et il n’a jamais été aussi vrai de dire que c’est un indispensable pour tout fan de John Romita Jr.

Publication française dans John Romita Jr : Storyteller aux éditions Phil Comics.