Eisenstein est une petite frappe, un voyou, qui pense que la vie peut lui sourire s’il ouvre bien les yeux. Après un braquage raté car ses yeux n’ont pas bien fait le guet, il rentre chez lui par les toits et tombe sur Jack in the Box en train de se changer en civil. Ce bon vieux Eyes ouvre bien les yeux et voit son visage, sauf qu’il lui semble que Jack l’a vu.

Trente ans que Jack in the Box affronte le crime et personne n’a percé son secret, mais Eisenstein connait son visage. Son imagination s’emballe et il se voit déjà en haut de l’affiche, puis, comme c’est un loser, il s’imagine trahi par ses « amis ». Quand Jack apparaît dans le bistro de truand qu’il fréquente, les délires de notre criminel prennent le pas sur tout. Il s’imagine que Jack le poursuit car il sait qu’il a vu son visage. Des jours plus tard, un autre coup rate par la faute de Jack. Eisenstein n’en dort plus la nuit, il veut demander la protection du Deacon, un gros caïd, mais il s’imagine déjà se faire tirer les vers du nez par la torture. Une peur plus tard, c’est celle de trop et ce bon vieux Eisenstein comprend qu’il ne suffit pas d’ouvrir les yeux pour avoir la belle vie. L’Amérique est grande, il pourra tenter sa chance ailleurs.

Nouveau one-shot pour Kurt Busiek qui prend le parti pris de mettre en avant un petit truand, qui découvre un bien grand secret. C’est vrai ça, on suppose tous que c’est un grand méchant qui découvrira l’identité de Batman, mais et si c’était une petite frappe, qu’en ferait-il ? Pourrait-il utiliser cette info pour s’élever ? Ce sont là les questions que nous pose Kurt Busiek et il y répond avec un certain aplomb. La réponse est non.

Avec cet épisode, Busiek fait une sorte de triplé : il pose une question intéressante pour les fans, développe sa ville vu que le personnage passe beaucoup de temps dehors à parler en voix off des différends quartier et de ce qui a changé, et surtout il en introduit un nouveau, une sorte de croisement entre Batman et la Panthère Noire.
Le talent de narration permet de rendre le tout fluide et d’en apprendre encore une fois beaucoup sur les personnages en un minimum de pages sans que cela ne soit indigeste.

La seconde partie du duo Brent Anderson est toujours présente et colle une ambiance sombre à son histoire. On pourrait être dans Gotham, mais non, on est bien à Astro City. C’est rétro, c’est maîtrisé, c’est classe et pour le coup je trouve que l’encrage est plus présent que d’habitude.

Mon avis : J’ai trouvé cet épisode moins prenant que les deux premiers, mais par contre bien plus intéressant par la question posée et la réponse donnée, ainsi que par les différentes options possibles.

Publication française dans Astro City (Collection privilège) aux éditions Semic.