Debbie Manton, fille de millionnaires, est enlevée par les acolytes d’un gangster emprisonné et accusé de meurtre, pour lequel la jeune femme est le principal témoin. Batman connaît bien cette étudiante engagée et se sent tellement investi dans les recherches qu’il en perd don sang froid et oublie toutes précautions : en découvrant le repaire des malfrats, il est piégé et hautement électrocuté.

Pour les médecins, il est cérébralement mort, même s’il respire encore et que son cœur bat encore pour quelques heures. Le professeur Ray Palmer, alias Atom, est justement en conférence à l’hôpital de Gotham, et même si son avis est demandé, il confirme le diagnostic des médecins. Cependant, devant la détresse de Gordon, sans rien dévoiler à personne, il entreprend un pari fou : faire vivre à Batman une dernière aventure en s’infiltrant en tant qu’Atom dans son cerveau, en le stimulant et l’activant « manuellement » pour le diriger comme une marionnette. Grâce aux instincts du détective et à ses derniers souvenirs, il retrouve la cachette et délivre la victime. Et alors que tout l’hôpital essaie de comprendre comme le héros de Gotham a pu se mettre en mouvement et que les examens confirment toujours sa mort, une activité cérébrale réapparait sur les instruments branchés au corps du justicier, qui finalement revit comme s’il ne s’était rien passé.

Avec cette série, Bob Haney aime bien parler aux lecteurs via des récitatifs. Cet épisode n’y échappe pas et l’auteur peut même être bien insistant, puisqu’à la première et à la dernière page, il écrit à chaque fois que c’est « l’équipée la plus bizarre » de Batman. Il faut dire que c’est en effet assez particulier, il est rare que son partenaire du jour vive l’aventure dans son corps et le conduise comme un pantin.

Ce genre d’histoire existe déjà depuis 1966, avec le film Le Voyage fantastique de Richard Fleischer, même si ici, Atom (le héros évident pour cette aventure, créé pour cette incarnation en 1961 dans Showcase #34) ne se baladera essentiellement que dans le cerveau de Batman. Haney s’appuie sur des connaissances médicales pour conduire son récit (et surtout les mouvements de Batman), qui sont vulgarisées pour être suffisamment compréhensibles pour tout lecteur, malgré, tout de même, quelques approximations et erreurs. On notera, qu’à l’instar de ses homologues marvelliens, le physicien Ray Palmer a plusieurs cordes scientifiques à son arc. Après, malgré tout cet habillage réel, l’auteur va quand même bien exploiter le sens du merveilleux des comic books (on reste dans le domaine du super-héros tout de même) quand il va s’agir « d’activer » Batman et de le manœuvrer comme une poupée, de faire appel automatiquement à ses réflexes et sa mémoire, ou encore de le guérir. Et puis il y a toujours des petites astuces sympathiques, comme cette caméra sans fil permettant à Atom de voir en réel ce qu’il y a devant Batman.

Cette histoire permet aussi à Haney de montrer un héros plus humain, qui peut se mettre en colère et qui peut aussi mourir, malgré ses extraordinaires capacités.

Cette fois-ci, Jim Aparo doit faire évoluer l’invité du bimestre dans un environnement pas très simple à retranscrire de manière réaliste. Cependant, de ce qu’on peut connaître aujourd’hui et avec les descriptions des différentes zones du cerveau, le dessinateur n’a pas vraiment à rougir de sa représentation des différentes zones du cerveau concernées par l’histoire (il a dû se renseigner sur le sujet).

Aparo a aussi la volonté de quasiment toujours présenter Atom dans des plans moyens, de manière à ce qu’on le voie entier, et qu’il fasse toujours petit au milieu de la case ou de la planche, renforçant l’effet pour le lecteur ! Enfin, encore à cette époque, si le super-héros a son costume et son masque, le scientifique avait toujours sa pipe à la bouche

Parution française dans Batman, La Légende #01 aux éditions Urban Comics.

 

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