Depuis 15 ans que Jackson T. Winters végète en prison, le grand cambrioleur de génie n’est aujourd’hui plus que l’ombre de lui-même. Mais le multimilliardaire et grand collectionneur de raretés Markus Schrecken ne l’a pas oublié et organise une violente évasion pour le libérer en échange d’une mission : voler, pour parfaire sa collection, un fantôme d’une maison hantée, avant qu’elle ne soit transformée en parking de supermarché sous deux semaines ! Même s’il n’a pas le choix de tous les membres, Jackson réunit une équipe aux talents divers et particuliers. Mais le plan ne se déroule pas sans accroc, surtout quand leur donneur d’ordre connaît et profite des faiblesses de Jackson, tout en se gardant bien de dévoiler ses secrets.

Joshua Williamson (peu connu encore en France) lance un concept plutôt intéressant, avec un début assez classique : présentation du contexte et du « héros » et mise en place de l’équipe avec revue des effectifs (tout en mettant déjà un doute sur un éventuel traître), où on retrouve une médium, des spécialistes de la caméra, un sceptique réaliste et un voleur de la vieille école.

Rapidement, on sent que le ton est dur, qu’il n’y a aura que peu (ou même pas) de place à l’humour. Jackson est un personnage amer, qui ne sourit jamais, marqué par le drame de son dernier coup. Si le personnage a des allures « ellisiennes », il n’a pas la verve ni le côté iconoclaste d’un héros de l’anglais. Les dialogues sont d’ailleurs majoritairement écrits au premier degré, même les deux frères de la télé n’apportent que peu de fraîcheur. En fait, chaque personnage est individualiste et fait juste son boulot, il n’y a pas vraiment de travail d’équipe et on a du mal à ressentir une certaine empathie pour eux. On s’attend donc à ce que certains disparaissent au fil des épisodes et finalement, il n’est pas étonnant que l’auteur se « débarrasse » des plus innocents. Et pour continuer dans les joyeusetés, les scènes violentes, principales ou secondaires, ne sont pas suggérées. Si bien qu’elles éclipsent les premières scènes où apparaissent les fantômes (qui manquent un peu de mystère, à force de leur trouver des origines et un lieu de provenance), et qu’il est difficile de ressentir une certaine émotion quand ils menacent les personnages, malgré quelques mises en page plutôt efficaces.
Au final, on se retrouve avec une histoire qui manque d’intensité et de percussion (mais au moins, la narration est limpide et l’histoire s’avère très facile à lire) et la fin arrive comme si on l’avait toujours attendue.

Goran Sudzuka, qu’on a pu voir dans Wolverine, Y le dernier homme, Wonder Woman ou encore dans un album de L’Histoire Secrète chez Delcourt, à l’occasion de mettre sa patte sur la série dès le début. Si son style manque de personnalité, son graphisme est sûr, ses pages sont bien équilibrées, que ce soit pour l’encrage et les arrière-plans, avec une mise en page classique (la légèreté de la narration aide également à la lisibilité), ses personnages sont très expressifs (comme dans les films d’horreur, les personnages crient) avec des sentiments bien retranscrits.

Mon Avis : Étonnamment, la lecture n’est pas si désagréable, notamment grâce à un dessin réalisé avec sérieux. Ce comic-book peine à sortir du lot et c’est vraiment son concept initial qui pousse à voir comment il va être développé.

Parution française dans Ghosted #01 : Mission Fantôme aux éditions Delcourt.

 

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