Jean-Marc Lofficier, qui gère l’univers Hexagon, n’avait pas encore de groupe de héros évoluant pendant la deuxième Guerre Mondiale, faisant écho au All-Star Squadron de DC ou encore aux Invaders de Marvel. Il s’appuya donc sur des personnages de son écurie comme Baroud, Sadko, Lys Noir ou l’Homme de Métal, mais piocha également chez Terry Stillborn en utilisant son Garde Républicain et sa Marianne, dans leurs incarnations des années 40 (mais pas que, ce qu’on verra après). Un nouveau personnage fut également inventé, Ricky Rox. En face, il fallait bien un groupe de super-vilains à la solde d’Hitler, des Übermensch, tous nantis de superpouvoirs : Stahlmann, Vampyr, Bouche Rouge, Udo Rasch ou Blaue Light, pour ne citer qu’eux.
Quant à l’histoire : Pour que le Débarquement sur les plages de Normandie ait une chance de réussite, Churchill et De Gaulle envoient le groupe de héros afin de neutraliser les Grotesques du Führer, la veille du jour le plus long.

Ce n’est pas moins que Roy Thomas, créateur des deux équipes américaines citées ci-dessus qui assure le scénario (les dialogues étant parfaitement assurés par Jean-Marc Lofficier). 48 pages axées vers l’action, avec un passage obligé dans une présentation succincte, mais largement suffisante des personnages, et de manière à ce que cela soit correctement intégré à l’histoire. On sent qu’il est habitué à écrire pour des équipes, car, même si dans chacune d’elle, il y a en a qu’on voit plus que d’autres, les meneurs (comme dans chaque groupe), aucun n’est vraiment oublié et chaque individualité a sa place dans ce récit, lui permettant de présenter différents comportements, essentiellement chez les Grotesques (parce que les héros sont forcément tous courageux face à l’adversité). Le récit s’intègre assez naturellement dans la vraie Histoire et l’auteur l’utilise même pour apporter un aspect très intéressant dans le concept du Garde Républicain. On voit s’opposer celui d’avant l’Occupation (qui fait partie de la Résistance) à celui que le gouvernement de Vichy a mis en place, chacun ne reconnaissant évidemment pas l’autre. Par ailleurs, le Partisan porte le nom de Marc Saint-Clair, il est fort à parier qu’il a un lien avec l’actuel Garde Républicain.

Mario Guevara, dont on a pu voir le travail dans les pages de Solomon Kane, livre des dessins uniquement en noir et blanc, en assurant les ombrages, ce qui nous permet de voir avec assurance toutes les qualités de son coup de crayon, très fourni, détaillé, bien maîtrisé dans l’équilibre des cases, la proportion des corps. Cependant, l’absence d’encrage rend par moment les visages difficiles à deviner (il y a d’ailleurs très peu de gros plans) et donc, cela manque tout de même d’expressivité. Les personnages restent tout de même toujours reconnaissables. Un rendu peu habituel (sûrement à cause du coût de fabrication), qui peut donner une idée de travail inachevé, à tort pour ce qui concerne le dessinateur.

Mon avis : Une histoire classique mais parfaitement exécutée et qui s’intègre avec intelligence dans la mythologie du Garde Républicain et de l’univers Hexagon.

Publié chez Hexagon.