La veille du congrès de la police du monde entier à Gotham, un inspecteur de Scotland Yard est abattu dans une ruelle. Les indices ne laissent pas de place au doute : Wrath, pourtant mort lors d’un combat contre Batman, est de retour. Et il ne perd pas de temps pour enlever Grayle Hudson et s’attaquer à un deuxième flic, qui était en fait un leurre organisé par Batman. Malgré l’arrivée de Nightwing, le vilain arrive à s’échapper. Cependant, Batman a compris que Wrath et Gordon sont liés à des évènements s’étant passés le même soir que celui de la mort des parents Wayne. L’assassin décide alors de s’attaquer directement à Gordon chez lui et arrive même à faire exploser la maison malgré la présence des deux justiciers (le commissaire s’étant réfugié dans sa panic room). Mais alors qu’il tient en joue le chevalier noir et avant de s’échapper une nouvelle fois, il lui raconte que Gordon a tué les parents de son prédécesseur et que le capitaine de l’époque a étouffé l’affaire.
Pour Batman, il est évident que ce second Wrath est le « Robin » du premier et il le retrouve grâce à un traceur. Le tueur est malin et il fait avaler l’engin à Grayle Hudson, l’ancienne petite amie de son mentor, qu’il a enlevée. Batman et Nightwing se retrouvent donc à poursuivre un 4×4 téléguidé et lourdement armé dans lequel se retrouve Mademoiselle Hudson. Nightwing arrive toutefois à prendre Wrath à revers et le déstabilise psychologiquement, avant que le duo dynamique ne l’envoie à Blackgate.

La série Batman Confidential revient dans le passé du personnage et cette histoire de 2008 fait suite au Batman Special de 1984. Tony Bedard laisse peu de place au suspense sur ce qu’est ce Wrath (personnage qui n’avait pas été réutilisé depuis), le sous-entendant dès la fin du deuxième épisode surtout que le sous-titre en VO « Wrath Child » est plus qu’éloquent. Cette saga permet de confirmer les dires du premier Wrath, notamment en modifiant très légèrement la scène de la mort de ses parents, la rendant encore plus explicite, mais aussi d’accentuer le côté miroir inversé du personnage vis-à-vis de Batman en lui ajoutant du matériel et donc un « Robin ». D’ailleurs, celui-ci a pris le rôle du père, chose que Dick Grayson n’avait pas encore faite.
Le scénariste équilibre bien tout au long des quatre épisodes les flashbacks qui permettent aux lecteurs n’ayant pas le numéro fondateur de Mike W. Barr de rappeler les faits précédents et donc l’impact que ce personnage a sur Batman et les autres protagonistes, ainsi que d’ajouter quelques révélations supplémentaires. Il faut dire qu’il a de l’espace pour cela, l’intrigue n’étant pas vraiment très dense et ressemblant beaucoup à un mélange du jeu du chat et de la souris et d’une course poursuite. Cela permet quand même d’avoir une très belle et longue scène de combat, avec des récitatifs nous faisant entrer dans les pensées de Wrath, comme cela est le cas tout du long de l’arc à chaque fois qu’il entre en scène. Une originalité intéressante qui apporte une certaine subtilité dans la manière dont on peut voir un combat.

Pour Bedard, ce n’est pas un hasard si les vilains sont ce qu’ils sont (et par extension, que Bruce Wayne est ce qu’il est), le traumatisme qu’ils ont subi n’est qu’un prétexte pour exprimer leur vraie nature. Il considère que leurs agissements ne sont pas excusables, et il l’exprime plusieurs fois au cours du récit, notamment quand Nightwing le déstabilise lui montrant les photos des autres potentiels Robin-Wrath n’ayant pas supporté le casting, puis dans la toute dernière bulle, Batman lui-même, implacable !
La présence de Grayson apporte une vraie touche de légèreté à l’histoire et l’auteur arrive parfaitement à transmettre le lien et la dynamique qui existe entre les deux héros, surtout à cette période charnière de leur duo. Enfin, il y a quelques clins d’œil à l’histoire de Barr, tout d’abord par la présence en début et en fin de Leslie Thompkins (comme une continuité des évènements précédents), mais aussi le policier tué au tout début qui fait écho à celui évoqué par Batman dans l’épisode de Barr et qui faisait également partie de Scotland Yard.

Le dessin est assuré par Rags Morales. Autant dire que c’est une aisance de lecture assurée, tant l’artiste fait preuve de fluidité dans l’agencement classique de ses cases et dans le mouvement de ses personnages. Il y a beaucoup d’énergie qui ressort des pages au moment des combats, des poursuites et des explosions. Ses personnages sourient, souffrent et râlent, avec son esthétisme caractéristique. En cela, on voit bien la différence entre les deux Wrath, le plus jeune ayant du mal à contenir ses émotions (sans parler de sa grande assurance). Bref, ses personnages sont vivants.

Parution française dans DC Saga présente #01 aux éditions Urban Comics.

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