Harper n’a pas eu une vie facile. Depuis son enfance, elle s’occupe de son frère, elle bosse dans les sous-sols en plus de ses études pour payer le loyer. Pas évident de joindre les deux bouts sans mère et avec un père passant son temps entre des coups minables et la prison. C’est d’ailleurs là ou elle le voit avec son frère. Ce dernier s’est fait coincer par Batman.

Batman, l’idée, le personnage qui hante les pensées d’Harper. Depuis que ce dernier les a sauvé de malfrats, elle s’est mise en tête de l’aider, de le suivre. Elle fait des rondes en espèrant le voir. Depuis peu, elle a observé que le comportement du chevalier noir a changé. Il est furieux, il s’en prend à tout types de criminels, les petits comme les gros avec la même absence de pitié, il est partout en pleine nuit noire comme en plein jour. La jeune femme est inquiète car avec la fatigue et le manque de sommeil, il a perdu en précision et en force. Elle a peur qu’à un moment donné, un adversaire de moindre calibre puisse l’avoir.

Un soir qu’elle patrouille, ce qu’elle pressentait n’est pas loin de se produire mais elle parvient à l’en empêcher en l’aidant. La chauve-souris est folle furieuse et la cogne pour qu’elle arrête de vouloir l’aider. Harper est résistante et il lui faut plus qu’un simple coup de poing pour l’arrêter. Batman est devenu pour elle un modèle, une inspiration plus qu’un homme.
Le lendemain, elle se rend à la tour Wayne pour donner à bruce un plan qui pourrait aider Batman, ce dernier accepte. Le soir même sous son costume de justicier, le milliardaire retourne voir Harper pour s’excuser. Cette dernière lui donne un message simple.

Un épisode unique qui remet en avant Harper. J’aime bien ce personnage et son utilisation. Ce n’est pas une vigilante. Elle est fan de Batman mais pas dans le mauvais sens. C’est une sorte de Jason Todd avec des capacités techniques un peu plus spécifiques. Comme Tomasi, Snyder toujours épaulé de James Tynion IV semble vouloir trouver un nouveau Robin potentiel et surtout une femme.
L’état de frustration de Batman est bien décrit mais ça ne reste que la colère du héros. On ne voit que peu sa souffrance.

Même si j’ai aimé cet épisode, je trouve dommage que la mort de Robin ne soit traitée qu’en arrière-plan comme la souffrance de Batman. Il est vrai que Peter Tomasi s’en occupe très bien dans la série Batman & Robin.

Au dessin, c’est du gros calibre et pas des moindres. Tout d’abord, c’est Andy Kubert qui assure la plus grande partie de l’épisode. Le dessinateur est vraiment bon sur l’univers de Batman et assure vraiment bien le tout. Je trouve que depuis qu’il est chez DC, il a franchi un cap dans son style qui était un peu trop figé pendant ses longues années mutantes chez Marvel. Puis vient Alex Maleev. Le collaborateur de Bendis sur DD est un choix logique tant les deux séries peuvent parfois être proches en termes d’aspect et d’ambiance. Le trait de Maleev m’a rappelé un peu les grandes heures de Gotham Central. Autant j’ai aimé ces planches, autant je ne suis pas fan de son Batman en lui-même. Heureusement qu’il le dessine peu !

Mon avis : Un épisode sympa surtout pour le développement de la relation Harper/Batman.

Parution française dans Batman Saga #20 aux éditions Urban Comics.