Le tueur à gages dénommé le chasseur de têtes est de retour à Gotham. L’un des indics de Batman et la liste de noms disponible sur la machine à écrire de sa nouvelle victime le confirme, malgré sa tentative de maquiller son meurtre en suicide. Seulement, le célèbre détective ne trouve pas de lien entre les cinq personnes restantes de la liste qui comprend notamment Bruce Wayne et Sapphire Stagg, la petite amie du super-héros Metamorpho/Rex Mason. Ce dernier est sorti de sa boue régénératrice par le père Stagg afin de l’aider à protéger la jeune femme.

Comme dans l’épisode précédent, Batman est confronté à un ennemi sans masque et sans pouvoir, si ce n’est sa prothèse en métal (rappelant un peu certains ennemis de James Bond) dans un vrai récit policier, où le seul apport super-héroïque est Metamorpho. Bruce Wayne a même un rôle dans l’intrigue, si bien que le chevalier de la nuit apparaît essentiellement au début et à la fin de l’histoire et est même un peu en retrait dans les scènes d’action. Par conséquent, les deux héros ne se croisent qu’à partir de la vingtième page (sur les vingt-cinq), chacun œuvrant, de son côté, au développement de l’histoire, basée essentiellement sur une montée de la tension dramatique car l’enquête se débloquera finalement presque par hasard. Cette somme d’individualités se sentira jusque dans la dernière case, où Batman avec son air grave, sera encore concentré sur son enquête alors que Metamorpho et Sapphire se consacrent déjà à d’autres futilités.

Si on peut reprocher à Bob Haney d’avoir un peu forcé l’indice de la machine à écrire (le meurtrier qui prépare sa liste d’assassinats après avoir jeté sa victime par la fenêtre, sans oublier de mettre le nom du mort sur le bout de papier, cela reste assez alambiqué), il a néanmoins parfaitement réussi à présenter Metamorpho à l’ensemble des lecteurs, personnage qu’il a créé dans le numéro #57 de cette série. D’ailleurs, Rex Mason est clairement l’homme d’action de l’épisode, l’auteur cherchant toutes les occasions pour mettre en avant ses pouvoirs sur les éléments.

Jim Aparo met également un peu plus en avant Metamorpho, déjà naturellement plus visible par ses couleurs, mais aussi parce que Batman garde un ton grave tout au long de l’épisode, même sans son costume, alors que Rex a une gouaille d’aventurier, se montre plus humain dans ses émotions, passant par tous les états dès ses quatre premières pages. L’ambiance rendue par les pages est également plus sombre que lors de l’épisode précédent, notamment parce que les faits ne se déroulent que le soir, mais aussi parce qu’Aparo accentue plus sur les ombres, avec une lumière plus dans le clair-obscur, même dans les maisons. Mais il garde toujours autant d’importance aux détails, les maisons dans la ville étant très détaillées, même dans les arrière-plans. On voit également que les choix vestimentaires sont soigneusement étudiés. Le hasard ne semble pas avoir sa place dans les crayons de cet artiste.

Parution française dans Batman, La Légende #01 aux éditions Urban Comics.

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