San Francisco, Golden Gate Park, le jeune Jake Dodson trouve un téléphone dernier cri lors de son passage pour aller à son travail.
Une fois dans le comic-shop où il travaille, il retrouve Steve un habitué qui est aussi un ami. Il lui montre le téléphone mais Steve part aider sa copine. Seul notre libraire regarde à l’intérieur du téléphone et y trouve les photos d’un homme mort. Sa surprise est encore plus grande quand il sonne. Rapidement rassuré par le fait que ce soit un policier au bout du fil, Jake donne l’addresse de sa boutique. Peu après, l’homme arrive mais au moment où Jake va lui donner le téléphone, il se rend compte que son interlocuteur n’est pas un policier et qu’il ne lui veut pas du bien car il sort un pisotlet.
Effrayé, notre héros s’enfuit et se rend au comissariat le plus proche. L’inspecteur Gray le reçoit et semble avoir du mal à comprendre son histoire surtout que le prétendu mort arrive pour réclamer son appareil. Il explique qu’il a fait semblant pour une murder party au sein de sa nouvelle entreprise, Bravura Acquisitions.

Furieux de s’être fait avoir et ayant tout de même l’impression que quelque chose cloche, Jake se rend chez Steve et lui demande conseil. Son ami lui propose d’aller chez le faux mort pour lui demander des explications. Ayant entendu l’addresse au comissariat, Jake et Steve y vont facilement. Sur place, la porte est ouverte et le faux mort est de nouveau mort mais cette fois pour de vrai. L’homme qui a tenté de tuer Jake est là aussi et n’hésite pas quand il voit Steve. Il tend ensuite l’arme à Jake pour qu’il le tue. Notre héros s’exécute mais la balle était à blanc. Le tueur emmène Jake sur le toit pour maquiller sa mort comme un suicide mais il parvient à s’échapper.

Enfin débarassé de son poursuivant, notre libraire reçoit un coup de fil sur le téléphone du mort. La personne au bout du fil veut savoir pourquoi on a tenté de la tuer. Jake se pose la même question à son sujet. Les deux personnes décident de se rencontrer dans un lieu public.
Plus tard au rendez-vous convenu, Jake rencontre une jeune femme du nom de Callie qui n’est autre que la fille de l’homme mort que Jake a découvert. Elle lui explique ce que faisait son père et dans quoi notre héros s’est embarqué surtout qu’il est maintenant recherché par la police. Ensemble, ils décident de se rendre chez Bravura Acquisitions pour trouver une preuve de cette conspiration et du meurtre du père de Callie.
A leur arrivée sur place, ils sont surpris d’y trouver une sorte de camp de travailleurs pour cols blancs. Ils parviennent à s’y introduire mais une surprise de taille les attend. La mère de Callie soi-disant morte depuis quelque temps ne l’est pas en réalité. Elle les dénonce même aux surveillants du camp. Nos deux héros sont alors de nouveau en cavale et loin d’être au bout de leur surprises.

Le tandem de la série Losers se reforme enfin avec une mini très punchy qui joue plus sur le registre d’une chasse à l’homme que sur celui des barbouzes. Andy Diggle nous présente la course poursuite de Jake qui se retrouve pris dans une histoire aux multiples rebondissements et qui va à cent à l’heure tout ça parce qu’il ramasse le mauvais portable. Le scénariste prend un épisode pour installer son histoire qui sonne comme un polar avant de passer à la vitesse supérieure avec le second volume plus axé sur la survie du personnage avant de complexifier son intrigue avec un nouveau héros et de nouveaux rebondissements. J’ai eu un peu de mal avec les premières pages, je dois l’avouer. Je me suis ensuite laissé prendre au jeu pour ne plus décrocher qu’à la fin. C’est très rythmé et le lecteur ne s’ennuiera pas. Pourtant, Snapshot n’est pas exempt de défaut.
Commençons par la caractérisation. Jake est un vendeur de BD et Callie une jeune fille tout ce qu’il y a de plus normal et pourtant très vite, ils vont devenir des personnages bad-ass. Si ça devait m’arriver, je ne serais pas prêt à me la jouer comme eux surtout en à peine vingt-quatre heures. Dommage que les héros perdent aussi rapidement leur normalité.
Vient ensuite le twist et les tics d’écriture de Diggle. On y retrouve la conspiration, le vilain pas si vilain que ça et le grand méchant intouchable. Je pense que le scénariste n’avait pas besoin d’en faire autant pour que son histoire reste bonne mais bon. Il en va de même de certains twist plutôt prévisibles quand on connait le travail de Diggle et qui n’étaient pas nécéssaires comme le coup de la mère qui réapparait. Je l’ai vu gros comme une baraque à frite à dos d’éléphant.
Il reste par contre une fin très noire et à l’opposé de ce qu’on pourrait avoir dans des histoires plus classiques et un talent naturel pour les péripéties allié à une ambiance excellente très aidée par Jock.

Le compère de Diggle, Jock est maintenant reconnu comme un excellent artiste pouvant insuffler une ambiance glauque à souhait sans faire d’efforts. Avec Snapshot, c’est encore plus réussi car le tout est en noir et blanc. Pas de couleurs et un encrage gras et bien présents ajoutent une couche de noirceur au récit bienvenu. Par contre si le style du dessinateur est tout de suite identifiable, ce N&B rend parfois les visages identiques empêchant de savoir qui est qui. La plupart des cases n’ont pas d’arrières-plans mais encore une fois l’absence de couleur est un plus et ce n’est pas gênant du tout.

Snapshot est au final une bonne petite mini en dessous de Losers mais qui se lit agréablement sans être révolutionnaire.

Parution française dans Snapshot aux éditions Urban Comics.