La Terre n’est plus qu’un immense frigo. De la glace à perte de vue, de la neige et du froid. Le sens du mot chaud a perdu une partie de sa valeur. Les hommes ont retourné ou ont régressé à un stade plus primitif. La société telle qu’elle fut n’existe plus laissant la place à des clans, des tribus toutes plus barbares les unes que les autres.
C’est dans ce désert de glace que Scully travaille. C’est un marchand qui possède un tank et vit de troc. Ce qu’il ne sait pas encore, c’est que sa vie va déraper quand il fera affaire avec quelques gusses un peu bas du front qui tenteront de l’arnaquer. Il ne devra sa survie que grâce à Wynn. La jeune fille va l’aider à tuer ceux qui l’ont agressé puis elle va le soigner.
Ils vont être ensemble un peu de temps avant que le tank ne tombe en panne au mauvais endroit. Ils sont alors capturés par une tribu d’hommes aveugles qui les revendent comme esclaves dans une gigantesque ferme où il fait chaud. L’endroit est un ancien stadium converti en serre. Tous ceux qui y travaillent sont des esclaves. Au bout de quelques jours, Scully parvient à s’enfuir grâce à son animal de compagnie Rah-Rah. Une fois dehors, il fait en sorte de pouvoir survivre mais il ne peut s’enlever de la tête le fait que la jeune Wynn soit toujours prisonnière. Il décide alors de fomenter un plan avec l’aide de la tribu ours. Scully exploite la cupidité et la stupidité de Bigbite pour l’emmener avec lui pour piller la grande serre. Il s’allie aux hommes aveugles et finit par pénétrer de nouveau dans le stade. Pour avoir fui, il perd un doigt mais c’est un bien maigre prix à payer. Il retrouve Wynn le deuxième jour de captivité. Cette dernière le voit aussi et le soir même se rend dans sa prison pour qu’ils s’évadent ensemble. Malheureusement, Scully avait prévu le départ pour le troisième jour avec l’aide de Bigbite et de ses hommes. Wynn ne pouvant plus retourner dans sa cellule, ils décident d’improviser et de faire en sorte que les hommes de l’extérieur voient qu’il faut attaquer. Pour cela, ils mettent le feu à l’endroit ce qui ne plait pas du tout à Bigbite dont la priorité, était de l’annexer.
Scully et Wynn parviennent à s’enfuir à bord d’un nouveau véhicule. Ils décident de partir à l’Est quand ils voient un vaisseau volant comme ceux dont Wynn dit provenir. Ils décident alors de le suivre vers le sud.

J’ai toujours aimé Chuck Dixon, un bon faiseur qui à fait les heures de gloires de nombreuses séries chez DC (Nightwing, Robin, etc…). Il travaille toujours de la même manière mais c’est diablement efficace.
Avec Winterworld, il nous offre sa vision de Mad Max voire même de Waterworld. Un monde post-apocalyptique et violent où le froid règne en maître. On pourrait croire qu’une bombe atomique à été lancée provoquant l’hiver nucléaire.
Comme toujours avec Dixon, on plonge rapidement dans l’action puis l’intrigue se développe avant de repartir de plus belle. Le scénariste développe ses personnages mais là n’est pas son propos principal ni même la découverte du monde. Chuck passe outre car il s’agit d’une histoire centrée sur la survie. De l’esclavagisme à la violence, tout y passe. En termes d’écriture et d’ambiance on sent bien la patte du film Mad Max. Dixon n’a pas honteusement recopié mais les poncifs du genre sont bien présents.

Jorge Zaffino est un dessinateur que je connais pas. Il est argentin et après recherche, il n’a fait que quelques rares comics pour les US. Son trait est sublime avec un noir et blanc très poussé parfois un peu trop (notamment sur les scènes d’actions que j’ai trouvé parfois dures à lire à cause d’un encrage trop présent). Le trait est vif et sec, l’absence de décors n’est pas dû à de la fainéantise mais au fait que la glace ou la neige ne soit pas représentée. Par contre, dès qu’il y en a, c’est wahouuuu ! C’est ultra-détaillé et c’est comme si on y était. L’artiste arrive bien aussi à faire des créatures un peu moins humaines notamment avec le clan des hommes aveugles et leur leader qui ressemble à un zombie.

Mon avis : Winterworld est sans concession sur le survivalisme. C’est vraiment l’un des meilleurs travaux de Chuck Dixon sublimé par le très talentueux Jorge Zaffino.

Parution française dans Winterworld aux éditions Delcourt.