1942, les Etats-Unis, le ministère de la guerre, le Docteur Oppenheimer passe le dernier entretien avant d’entrer dans les Projets Manhanttan. Il en sera le directeur civil tandis que Leslie Richards Groves Jr en est le militaire. Pendant que le général montre au scientifique les installations, une alarme se déclenche et les japonais attaquent. Heureusement, les américains ont de la ressource. Une fois l’alerte terminée, les formalités sont bouclées et Oppenheimer devient le patron des projets.

Richard Feynman n’est là que depuis un an mais son génie l’a amené vers le plus haut niveau. Cependant, il n’a jamais eu à emmener Albert Einstein. Ce dernier est enfermé pour des raisons obscures et ne sort que sous bonne garde. Après avoir passé un portail ouvert par des nécroboudhistes, les deux scientifiques rejoignent leur congénères à Los Alamos. L’Allemagne nazie est en perte de vitesse et elle va perdre la guerre. Roosevelt croit donc que c’est le moment de la priver de ses scientifiques et de leur proposer un poste aux Projets. Les savants déjà en place donnent leur avis. Il est alors entendu qu’ils vont être débauchés. On envoie pour cette mission le jeune Freynman qui revient avec Werner Von Braum.

A Los Alamos, il y a de nombreux savants mais il y a surtout un petit groupe d’élite composé d’Albert Einstein (bien que ce dernier ne semble pas travailler avec les autres), de Richard Feynman, d’Oppenheimer, de Von Braum mais aussi du Dr Farny et du Dr Daghlian qui suite à un accident nucléaire n’est devenu qu’un squelette vivant et parlant mais surtout excessivement radioactif. Ces deux derniers travaillent ensemble sur la bombe nucléaire mais aussi sur un projet que la mort de Roosevelt va permettre de finir. Les deux savants ont prévu de transférer le cerveau du président pour en faire la première intelligence artificielle.
Pendant qu’ils traitent le cerveau de l’ex-chef d’état des Etats-Unis, Truman est arraché à sa petite soirée de rituel païen afin de venir prêter serment et devenir le nouveau président.
A peine dans le bureau ovale, il reçoit Oppenheimer pour en savoir plus sur le projet Manhattan. Il reçoit en même temps un coup de téléphone du général qui lui indique qu’ils sont prêt à larguer la bombe atomique sur le Japon. Truman hésite puis finit par refuser le lancement, ce que ne veut pas entendre Leslie qui ordonne le bombardement.

Feynman travaille sur l’intelligence Roosevelt et l’aide à s’adapter. Einstein vient l’interrompre et lui demande de l’aide avec une porte qu’il a construite et qu’il n’arrive plus à ouvrir. Le jeune prodige parvient à trouver la solution et la porte construite se révèle être un portable sur le multiverse.
Au nouveau-mexique, une délégation de quelques humains attendent la visite d’extra-terrestres. Au lieu d’une race connue des terriens, c’est une nouvelle qui fait son apparition. Ils ont détruit la civilisation précédente et sont venus car les terriens disposent d’une technologie qu’ils veulent obtenir. Les négociations sont abrégées lorsqu’Oppenheimer tue le porte-parole laissant le général s’en sortir seul avec les autres alien. Une fois le carnage fini, Leslie se rend compte que son directeur civil est en train de dévorer un extra-terrestre pour absorber son âme et donc son savoir. De retour à leur base, les scientifiques organisent une réponse adéquate et utilisent le portail d’Einstein pour aller sur le planète des aliens. Sur place, ils font preuve de servilité mais c’est une ruse et lorsque le timing est bon, le Dr Daghlian deivent une arme de destruction massive.

Je n’ai jamais été un grand fan d’Hickman que ce soit ses projets pour Image ou Marvel.
Pourtant, je dois dire que j’ai été bluffé par cette nouvelle série. C’est plein d’idées. Le côté froid et distant des personnages correspond bien à l’idée que la grande majorité peut se faire de ce type de scientifiques. Les intrigues sont intelligentes et réglées rapidement. Je me demande bien jusqu’où il va être prêt à aller. Pour le moment, c’est un vrai régal de lecture.
Pour les plus fans, vous pouvez aussi complémenter votre lecture par une petite recherche sur ses savants qui ont réellement existé. Ca donne un petit plus et ça montre le grand respect du scénariste sur les personnes ayant travaillé sur le projet mais aussi à quel point il peut être irrévérencieux. Les surprises sont nombreuses et nos personnages sont loin d’être ce qu’ils semblent. Il y a de l’humour aussi pas dans le sens petites vannes ou grandes blagues mais un humour bien noir, bien grinçant. Pour ceux qui attendent un chemin balisé, il va falloir être patient car à la fin de ce premier tome, je peux vous dire que je ne sais pas du tout où veut aller le scénariste mais en tout cas, c’est assez excitant.

Au dessin, c’est Nick Pitarra qui officie. Il a déjà oeuvré sur Red Wing, série que je n’ai pas lu. Je ne pourrais donc vous dire s’il a progressé ou non. En revanche, le style convient très bien à cette histoire de SF qui met en avant des savants et beaucoup de dialogues. Pas besoin ici d’un style tape à l’oeil ou punchy mais plutôt d’un trait un peu original qui sort du lot et capable de faire plus dans le découpage traditionnel que dans l’explosion des cases et les plans différents. Du coup, c’est très agréable. Je trouve qu’il y a un petit côté Simon Roy qui est sur la série Prophet

Mon avis : Une bien belle surprise après de nombreuses déceptions du scénariste. Vivement la suite !

Parution française dans Projets Manhattan #01 : Nouvelles expériences aux éditions Delcourt.