Steve Ocean est un océanographe réputé. Ces films sur la vie marine fascinent les jeunes et le fait qu’il soit un très bel homme fascine les femmes. Pourtant Steve est plutôt intéressé par les poissons et la vie sous l’eau que par le monde en général. Ce que la plupart du monde ignore, c’est que notre jeune homme est aussi en relation avec l’armée. Son père travaille pour le gouvernement en tant que chercheur. C’est en allant le voir qu’il rencontre le lieutenant Charlotte Green. A la demande de son père, il l’emmène faire un petit tour de la ville et déjeuner. Le repas se déroule normalement quand un enfant hurle car sa mère vient de tomber du restaurant à flanc de falaise. Sans hésitation, Marineman (le surnom de Steve) s’élance et sauve la jeune femme. Charlotte se pose des questions sur les facultés d’Ocean mais rien de plus, surtout que Steve part tourner son émission Sharkwatch.
Pendant le tournage, un requin s’échappe de sa cage et Jake le cadreur et ami de Steve se retrouve ne danger. Sans réfléchir, Marineman se jette au secours de son pote et parvient à le sauver mais pour cela, il fait preuve de facultés hors du commun. Le plus grave est que tout à été filmé. Le secret de Steve est compromis et l’armée n’est pas contente.

L’opinion publique est divisée vis à vis d’Ocean et ce dernier donne une interview télé pour raconter son histoire et changer l’opinion négative que certains pourraient avoir de lui. Il explique ses origines, comment il a rencontré son père en sortant de l’eau, le fait qu’il ne se souvienne de rien avant, la mort de sa mère adoptive qu’il considérait comme sa vraie mère, ses pouvoirs comme respirer sous l’eau et nager à très grande vitesse.

En parrallèle, notre jeune héros continue d’aider l’armée, notamment quand leur sous-marin dernier cri tombe en panne. Etant le seul à pouvoir survivre à une telle profondeur, Marineman est envoyé à la rescousse. Alors qu’il remonte le submersible à la surface, une lueur éblouissante apparaît et après, Steve et l’équipage se retrouvent dans un endroit inconnu et prisonniers.

On vient vite les chercher et ils sont emmenés devant un vieux monsieur qui dit être le père de Steve et qui décide de se faire nommer Le vieux marin. A bord de son sous-marin le Leviathan, il explique comment en tant que scientifique nazi, il a été recruté pour créer un humain parfait pouvant respirer sous l’eau et comment sa création est devenue Steve. Bien entendu, notre héros ne le croit pas mais le vieux marin donne à Marineman les coordonnés sous-marine du labo et Ocean y trouve la vérité. Furieux, il se rend au labo de son père pour la connaître. Son père ne lui en dit pas trop et il se rend chez l’amiral pour en savoir plus. Selon ce dernier, l’homme que Steve rencontré est Klaus Von Stahl. L’amiral raconte comment il a retrouvé Steve au stade d’embryon, qu’il a gardé un oeil sur lui tout en essayant d’en savoir plus et comment David Ocean, alors tout jeune scientifique à partir des notes de Klaus a réussi à développer Steve puis ne pouvant avoir d’enfant, l’amiral l’a confié aux Ocean. Fou de colère, Marineman repart pour l’océan afin de sauver le soldat et Charlotte retenus en otage. Le vieux marin accueille celui qu’il a créé et lui raconte la fin de l’histoire notamment qu’Hitler voulait tuer tout le monde et ne laisser que la future race d’aryens pouvant vivre sous l’eau. Il menace de tout détruire si Marineman ne le suit pas mais ce dernier refuse.

Ian Churchill est un disciple de Rob Liefield. Après de nombreuses années comme dessinateur chez Marvel et plus rarement chez DC, Ian à créé son creator-owned Coven avec l’aide de Jeph Loeb, scénariste avec qui il a beaucoup collaboré. Après plusieurs année où l’artiste se fait discret, le voilà de retour par la grande porte avec une nouvelle série en creator-owned, mais cette fois-ci sans l’aide d’un scénariste. Churchill fait tout et il est extrêmement bon.

Tout d’abord, il ne faut pas se leurrer Marineman est bien un ersatz d’Aquaman. Ses six épisodes servent d’introduction à la série et tous les poncifs du genre y passent : découverte par le lecteur des pouvoirs de manière graduelle, identité secrète, origines. C’est un condensé de ce que l’on peut voir dans ce type de numéros sauf que Churchill mixe le tout très bien tout en prenant son temps et sans que ça soit ennuyeux. On découvre d’abord le monde, les personnages qui sont très bien développés hormis le meilleur ami du héros qui perd très vite en exposition.
Les inspirations sont clairement connotées mais ce n’est pas gênant. Bien sur on y trouve du Aquaman mais aussi une petite touche de Superman avec la famille aimante. Mais surtout ce qui caractérise le plus cette série est le côté fun. Là ou les comics actuel sont noyé dans la sinistrose et le démembrement permanent, Churchill fait une série fun et lumineuse à lire, pas de sang de l’action mais pas de violence gratuite. L’action est présente mais ça ne saigne pas, c’est du combat à l’ancienne, le tout en étant ancré dans la réalité. Par exemple, quand Marineman se fait voir en pleine utilisation de ses pouvoirs, il donne après une interview pour expliquer les faits ou encore quand il veut parler à Charlotte sous l’eau, il utilise un écriteau et un stylo car on ne peut parler sous l’eau.
Ajouté à ça des personnages sympathiques et une histoire qui promet et on a là l’un des derniers comics fun à lire

Le style de Churchill aide aussi beaucoup au fun de son histoire (qu’il a créé étant jeune). On est loin de ce que l’on connaissait de l’artiste, pas de hachures à outrance, pas de mâchoires carrée et de femmes avec des kilomètres de jambes et de ventre plats. L’artiste utilise un trait beaucoup plus rond avec des lignes plus nettes et claires. C’est un changement radical qui fonctionne très bien avec son histoire surtout qu’il fait des héros souriant. Oui, je sais on dirait presque une injure tellement c’est devenu rare et pourtant. Les planches sont remplies de décors, la couleur faite en partie aussi par Churchill est très lumineuse et habille admirablement les fonds marins qui ne font pas vide. Le découpage est agréable et n’abuse pas des splash pages.

Mon avis : une série de cette qualité et aussi fun, j’en veux bien tous les jours. Actuellement Ian Churchill n’a fait qu’un spécial supplémentaire. J’attends vite la suite !

Publication française dans Marineman aux éditions Glénat.