Déjà auteur de la précédente série intitulée Batman : The Dark Knight mais qui souffrit de la lenteur de son artiste et qui fut arrêtée après seulement cinq épisodes notamment pour cause de Flashpoint et de grand chambardement dans l’univers DC, David Finch nous revient aujourd’hui en grande forme pour un second volume de sa propre série dédiée aux exploits du justicier nocturne. Accompagné de Paul Jenkins, scénariste expérimenté s’il en est, David Finch devrait cette fois-ci être en mesure de ne pas décevoir et de nous en mettre plein les mirettes sept épisodes durant. Et la mission est parfaitement remplie ! Aucun retard, aucun délai supplémentaire d’attente, ces sept premiers épisodes sont sortis à un rythme de métronome, tissant par là-même une bonne petite saga du Chevalier Noir de Gotham City. Mais rentrons un peu plus au cœur de la bête.

Bruce Wayne, l’alter ego civil de Batman continue à mener ses diverses activités de bienfaisance, d’embellissement de Gotham City et d’actions humanitaires caritatives. C’est au cours d’une telle soirée qu’il fait la rencontre de la belle Jaina Hudson, fille d’un vieil ami de Bruce Wayne, ancien attaché d’ambassade à Bombay en Inde. Mystérieuse et envoûtante, Bruce ne tarde pas à tomber sous le charme de la superbe jeune femme, mais il lui faudra compter fleurette un autre jour. En effet, une évasion d’importance est en train se produire à l’asile d’Arkham avec plus de trois cent détenus rendus subitement complètement fous et ivres de vengeance et de colère à l’encontre de Batman. Le Chevalier Noir se rend sur les lieux et il aperçoit furtivement une curieuse femme, qui comme dans Alice au pays des merveillesde Lewis Carroll se fait appeler le Lapin Blanc et s’amuse à perturber le héros en l’emmenant dans un absurde jeu de course-poursuite sans queue ni tête. Et au détour d’un couloir de l’asile d’Arkham, Batman tombe nez à nez avec l’un de ses vieux adversaires, un Pile ou Face (alias l’ancien procureur Harvey Dent) gonflé aux hormones et surpuissant. Batman parvient malgré tout à le vaincre mais ce n’est que la partie émergée de l’iceberg. Partout en ville, on découvre des vilains de Batman, boostés à bloc et plongeant la bonne vieille ville de Gotham dans un profond chaos. Parmi ces vilains, citons notamment le Ventriloque, le Requin Blanc, le Chapelier Fou mais aussi et surtout le Joker en mode berserk ! Alors, même si au final il ne s’agit pas du véritable Joker, mais au contraire de Gueule d’Argile, Batman est de plus en plus perdu et ne sait plus où donner de la tête.

Tout cela est d’autant plus perturbant que le commissaire Jim Gordon, pourtant l’un des fidèles alliés de la chauve-souris a lui aussi ses propres soucis, en particulier avec sa hiérarchie et le lieutenant Forbes de la police des polices.

L’apparition de ce mystérieux Lapin Blanc étant consécutive à sa rencontre avec Jaina Hudson, Bruce Wayne/Batman porte très vite des soupçons sur la jeune femme, mais ces derniers sont bien vite balayés, Alfred signifiant à Bruce alors en train de dîner en compagnie de Jaina que le Lapin Blanc vient d’être vu ailleurs en ville. Jaina semble donc être écartée de l’équation.

Batman poursuivant son enquête sur cette nouvelle toxine qui gonfle artificiellement la force et la puissance de ses adversaires, sa piste suivante le mène jusque chez Poison Ivy. Mais las, celle-ci est absente et après une violente rencontre et altercation avec le mercenaire Deathstroke lui aussi visiblement victime de la toxine, Batman échoue dans les marais bordant Gotham City, et rencontre celui qu’il pense être l’instigateur de cette nouvelle toxine et de toute cette vague de folie : l’Epouvantail. Mais l’affrontement ne se déroule pas comme prévu et Batman est victime de la toxine de terreur de l’Epouvantail. Heureusement, certains de ses alliés de la Ligue de Justice tels Flash, Wonder Woman et surtout Superman veillent au grain. C’est en effet le héros kryptonien qui tire Batman de la folie dans laquelle l’a plongé l’Epouvantail.

Mais alors que Superman s’en va retrouver Flash, lui aussi empoisonné, le Lapin Blanc refait son apparition et conduit Batman vers le véritable « cerveau » derrière toute cette histoire, à savoir Bane, celui-là même qui brisa la colonne vertébrale de Bruce Wayne/Batman et qui effectue ici son grand retour. La toxine mise au point par Bane et ses alliés permet non seulement de vaincre la peur et par conséquent d’être totalement libéré de toutes ses frustrations et désirs inassouvis, mais dans le cas de Bane, elle le rend surtout beaucoup plus intelligent, faisant de ce dernier un adversaire en tout point redoutable.

L’histoire étant sur le point de se répéter, seule la détermination de Batman et l’aidé inopinée de Flash permettent au héros de se débarrasser de Bane, mais pour combien de temps ? D’autant qu’en épilogue, on apprend que les cas du Lapin Blanc et de Jaina Hudson sont plus complexes et davantage liés entre eux qu’on aurait pu de prime abord le penser. Assurément, de nouveaux ennuis en perspective pour le Chevalier Noir.

Paul Jenkins et David Finch nous proposent donc sept épisodes de grande qualité. Certes, le script n’est pas sans défauts, usant par exemple à chaque fin d’épisode du même type de cliffhanger et un peu comme dans la saga Silence de Jeph Loeb et Jim Lee, on a parfois l’impression d’assister à un défilé de la galerie des vilains de Batman. Toutefois, l’ensemble demeure extrêmement cohérent et il faut bien avouer que David Finch retrouve ici son meilleur niveau. L’ambiance du titre est à la fois sombre, majestueuse et puissante. Le Superman de Finch est sans doute raté mais la Gotham City de l’artiste est particulièrement bien rendue et les combats opposant Batman à ses adversaires savoureusement mis en scène avec beaucoup de pêche et d’énergie. Un très bon moment de lecture donc.

Parution française dans Batman – Le Chevalier Noir #01 : « Terreurs nocturnes »

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