Bien que Bucky Barnes endosse désormais le costume de Captain America et porte le bouclier symbole de la légende vivante, il reste toujours autant tourmenté par son passé, sa culpabilité héritée du Soldat de l’Hiver et ne sait désespérément plus s’il est digne de cet héritage. Steve Rogers et le Faucon sont très préoccupés par le sort de leur ami qui apparaît de plus en plus nerveux et inutilement intrépide, comme s’il voulait à chaque action expier l’un de ses péchés passés.

Mais les angoisses et les doutes de Bucky ne sont pas ses seuls soucis puisqu’à l’occasion de ce nouvel arc, Ed Brubaker ramène sur le devant de la scène un ennemi classique de Captain America qui n’était pas encore apparu dans le titre depuis sa reprise en main par le scénariste. Le Baron Zemo, ancien leader des Maîtres du Mal puis des Thunderbolts est en effet de retour et convoque certains de ses alliés parmi lesquels Fixer, actuel membre des Thunderbolts de Luke Cage et qui visiblement est resté en proche contact avec son ancien collaborateur, mais également Hauptmann, main de fer, un ancien soldat fidèle à la famille du baron.

Zemo rend également une petite visiste à Synthia Schmidt, fille de Crâne Rouge, aujourd’hui défigurée comme son père, et cette dernière lui livre tout ce qu’elle sait sur Bucky Barnes, à savoir qu’il était un assassin du nom du Soldat de l’Hiver, au service de l’Union Soviétique durant la guerre froide. Avec ces différents éléments, Zemo commence à mettre son plan en place. Il commence à s’en prendre aux alliés de l’actuel Captain America, le Faucon tout d’abord puis s’arrange pour que la vérité sur le passé de Bucky éclate au grand jour, dans le but de le détruite psychologiquement puis physiquement.

Affaibli, dépassé par les événements mais toujours aussi téméraire Bucky ne comprend pas que Zemo le manipule dans le but de l’humilier, de lui faire faire revivre le passé et surtout de venger le plus grand échec de son père, à savoir la survie de l’acolyte de Captain America. L’inconscience de Bucky le mène directement dans le piège de Zemo, et le duel final aura lieu quelque part dans les îles anglo-normandes, lieu même de l’ultime affrontement entre Captain America, Bucky et Heinrich Zemo. Et quel que soit l’issue du combat, Bucky ou ses proches devront désormais apprendre à vivre avec le fait que la population américaine sait que Captain America, le champion des libertés et de la justice américaines fut autrefois un tueur à la solde de l’U.R.S.S…

Après l’aventure avec le Captain America des années 50 dans le précédent arc de la série, Ed Brubaker recentre son propos sur Bucky et la difficulté qu’il a à vivre dans le présent et à exorciser ses démons. En ramenant le Baron Zemo, Brubaker ramène aussi l’un des vilains les plus charismatiques de l’univers Marvel. Ce dernier apparaît machiavélique, cruel et plus dangereux que jamais, comme s’il avait lui aussi un rôle plus important à jouer dans l’avenir. Le vétéran Butch Guice livre des planches soignées, entre modernité et style rétro, mais parfaitement dans le ton du récit. Quant au prochain arc de la série, intitulé « Le procès de Captain America », gageons que Bucky Barnes est très loin de pouvoir un jour jouir du moment présent. Mais un peu comme Daredevil, la série n’est jamais aussi bonne que lorsque son personnage principal est constamment au bord du gouffre.

Parution française dans Marvel Icons (Vol.02) #03-7w07.

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