Dieu a décidé que le temps du jugement dernier était venu mais il a décrété qu’aucun humain n’était digne de séjourner éternellement dans son royaume. Sans garde-fou, les enfers réussirent à envahir la Terre et une guerre éclata à l’issue de laquelle un compromis fit cohabiter démons et humains.

Dans de telles conditions, le rôle d’un pape est réduit à néant. Mais Dieu va lui confier une nouvelle mission : assister de l’empoté Jésus, il va devoir récupérer Saint Michel, protecteur de ses dernières ouailles, qui s’est bien mis dans une belle panade chez Lucifer.

Après deux volumes consacrés à Jésus, il n’est pas étonnant de voir le petit éditeur Stara publier l’intégralité du premier volume de la première série créée en 2000 par Robert Kirkman mettant un scène un Pape bien loin de l’image que même un athée peut s’en faire.

Battle Pape (oui, c’est son nom francisé) prêche sa bonne parole à coup de tatanes et de bourre-pifs, surtout après un relookage façon bodybuilder, n’hésite pas à mutiler les pécheurs à coup d’épée ou de mitraillette et est toujours prêt à sacrifier son corps pour la gente féminine. Un personnage fortement désacralisé (ce qui explique qu’on ne lui prête aucun nom connu), qui, même si on ne le retrouve pas à son avantage dans certaines scènes, n’est pas ridiculisé, comme peut l’être Jésus le benêt ! A partir de là, le potentiel humoristique de la série est important et on sent bien que Kirkman s’amuse avec ses personnages. Malheureusement, passé le premier arc, l’exploitation est laborieuse et surtout les gags sont répétitifs. L’auteur peine à se renouveler, va de plus en plus dans le potache en tournant continuellement autour de l’engin sacré du pape, même si une dernière idée redonne un peu d’intérêt pour la fin de l’album. Même la présence de guest stars venant d’Image n’apportera rien de plus.

On connaît surtout Tony Moore pour ses travaux sur Fear Agent, le premier arc de Walking Dead (également avec Kirkman), les Exterminateurs (un seul tome en France) et plus dernièrement l’arc Franken Castle. Est-ce parce que c’est l’une de ses premières séries ou parce que le genre s’y prêtait, mais son style est beaucoup plus basique, allant à l’essentiel et caricatural, notamment pour ce qui est de l’expressivité des personnages, adéquat pour un récit humoristique, même si c’est assez primaire.
Pour une question de coût évidente (plus de 350 pages pour 29€), l’album est en noir et blanc et cela n’arrange pas toujours la lecture. Certaines pages deviennent alors très sombres et pas très agréables à regarder (à se demander si les pages couleur ont été tout simplement photocopiées.)


Avis :
après un début rigolo, la suite est décevante.