Des élèves en stage d’archéologie profitent du dernier jour avec leur professeur pour faire une excursion sous-marine en mer Égée dans laquelle ils découvrent une étrange et antique amphore. Entraînés dans une soudaine tempête, ils vont être naufragés en compagnie de malfrats armés, présents bien malgré eux, sur une île mystérieuse où la mythologie a pris la place de la réalité.

Avant qu’il ne devienne un des grands ordonnateurs du DCverse, Geoff Johns a conçu cette histoire clairement orientée action pour un projet franco-américain en milieu des années 2000. Ne cherchez pas de psychologie des personnages, ceux-ci étant idéalement stéréotypés pour un blockbuster américain (type Bruckheimer), d’autant plus que les méchants de service sont surtout là pour servir de chair à canon à des monstres mythiques qui s’enchaînent dans le récit sans queue (de Chimère) ni tête (de Méduse). L’heure n’est donc pas à la réflexion et cette bande dessinée sera parfaite pour la lecture du dimanche soir. L’auteur n’a pas vraiment fait preuve d’originalité ni dans le style, ni dans la construction.

Le coup d’œil vaut surtout pour Butch Guice, très à l’aise, qui force un peu son trait pour donner une ambiance plus sombre, renforçant l’atmosphère pesante dans les grottes, tout en intensifiant la surprise dans les zones plus extérieures et moins oppressantes. Les décors sont bien représentés et facilement identifiables, donnant des scènes dignes des péplums les plus réussis.

L’éditeur a eu le bon goût de ressortir une nouvelle fois cette production en intégrale dans un format plus proche des comic-books pour sa toute jeune collection Humanoïds, qui aurait sûrement été plus fade et plus ennuyante en deux volumes comme cela l’avait été lors de sa première parution. Cet album est complété par un joli sketchbook en noir et blanc.

Mon avis : un album au scénario classique. L’intérêt réside donc essentiellement dans le dessin.

Publication française dans Olympus aux éditions Les Humanoïdes Associés.