Steve Rogers/Captain America est de retour à Brooklyn dans un nouvel appartement et oscille entre nostalgie de son enfance, hantise de ses souvenirs de combats durant la Seconde Guerre Mondiale et frustration de se retrouver dépassé dans un monde inconnu qui n’a visiblement pas tiré les leçons de l’Histoire. Or, Sharon Carter et Nick Fury s’inquiètent pour Steve mal dans sa peau et qui a tendance à céder de plus en plus à une certaine agressivité.

Pourtant, le passé, son passé le hante fréquemment, et ses souvenirs ne sont plus tout à fait ce qu’ils étaient. D’autant que dans le même temps, d’anciens et de nouveaux ennemis ne tardent pas à faire leur apparition. Crâne Rouge s’est échappé de prison il y a peu et joue un jeu trouble avec le Général Lukin, ancien membre du KGB et acteur majeur de la Guerre Froide. Lukin et le Crâne s’échangent informations et armes de toutes sortes. Et tandis que des groupes terroristes tels l’AIM, l’AID (c’est-à-dire Le Progrès par la Destruction, nouveaux venus dans la cour des vilains) ou Crossbones, un proche de Crâne Rouge frappent à New York, Londres ou Paris, les cadavres s’empilent. Jack Monroe (ancien Nomad et remplaçant de Captain America) est tué à la sortie d’un bar et surtout Crâne Rouge est quant à lui assassiné par une balle en plein cœur lui perforant toute la poitrine.

De nombreuses questions surgissent instantanément : qui est l’assassin ? Le meurtrier de Crâne Rouge est-il le même que celui de Monroe ? Pourquoi Steve Rogers est-il suspecté ? Pourquoi Crâne Rouge possédait-il un Cube Cosmique ? Par qui a-t-il été dérobé ? Et quel est le rôle du Général Lukin dans tout cela ? Comment se fait-il qu’il connaisse aussi bien Steve Rogers ?

Autant de questions auxquelles Ed Brubaker s’efforce de répondre dans ces six épisodes ainsi que dans les suivants. Le scénariste a un plan à très long terme et distille les réponses avec méthode et parcimonie. C’est évidemment très bien écrit et les nombreux flashbacks qui émaillent les différents épisodes tombent toujours à point. Le récit n’est jamais artificiellement coupé. Au contraire, chaque flashback apporte un éclairage neuf et permet également à Steve Epting d’illustrer des scènes de guerre. On évoquera ainsi les très belles planches de l’épisode #3 situé à Paris dans lequel Steve Rogers loue les mérites de la Résistance française durant l’Occupation mais aussi l’épisode de la bataille du village de Kronas sur le front russe dans le #5 superbement dessiné par Michael Lark qui apporte une aide bienvenue et qui est surtout un épisode déterminant dans la compréhension du run de Brubaker. Des révélations sont ainsi au programme, concernant Bucky et son rôle durant la guerre tout comme l’importance des liens existants entre Lukin et Captain America.

Mon avis : « Hors du temps » n’est pas seulement un excellent arc parfaitement maîtrisé par Brubaker et Epting, c’est au contraire le début d’une renaissance pour Captain America. Tout en respectant ce qui a déjà été fait sur le personnage. Brubaker enrichit le background du titre et éclaire certaines zones d’ombres qui méritaient depuis longtemps une nouvelle mise en perspective. Point de départ idéal pour les nouveaux lecteurs, Brubaker pose ici les jalons de son travail sur le titre. Et cela ne fait que commencer !

Parution française dans Marvel Icons (Vol.1) #05-10 aux éditions Panini Comics.

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