La Luciole se fait pourchasser par le duo de justiciers de Gotham. Mal en point après une chute dans un immeuble, il tombe sur Red Hood et son acolyte. Ils n’ont pas les mêmes méthodes que nos héros et le tuent.
Plus tard, Dick et Damian ont enfilé leurs tenues de soirée. Grayson est présenté à Ober Sexton, un enquêteur masqué. La rencontre est brève, Alfred réclamant l’attention de Richie.
Ailleurs, Scarlet regarde son reflet dans la glace. Il s’agit en fait de la jeune fille dont le visage a été défiguré par le professeur Pig (cf. l’arc Renaissance). Red Hood lui répète des phrases à dire aux médias.
Un peu plus tard dans la nuit, Batman et Robin se fondent dans le décor pour observer une réunion entre plusieurs gros caïds locaux. Ce petit meeting est dû à El Penitente qui veut s’imposer à Gotham. Il a même envoyé son assassin privé Flamingo. Le Pingouin se montre réticent et protège ses intérêts ainsi que ceux de Black Mask. Les discussions tournent court quand Jason Todd et son amie entrent pour exécuter les criminels. Le Chevalier Noir doit intervenir. Le combat est violent et tourne à l’avantage du second Robin.
Nos deux héros se retirent pour assurer la protection de Cobblepott le temps de le mettre en prison. Une fois reposé et leurs blessures pansées, le duo dynamique repart sur les traces du renégat de la famille. L’affrontement est encore une fois très violent et finit encore à l’avantage d’Hood qui en profite pour les déshabiller et les menotter face à un ordinateur avec une webcam. Damian ayant été bien éduqué par sa mère parvient à se libérer de ses liens et à aider son nouveau mentor.

Pour Red Hood et Scarlet, le moment de gloire est court. Ils sont attaqués par Flamingo qui leur met une correction. Il leur faut l’aide de Batman et de Robin pour s’en sortir.

Grant Morrison passe la seconde avec cet arc et lance de nombreuses idées tout en en finissant avec certaines.
Tout d’abord, le personnage de Scarlet est bien travaillé et depuis son apparition dans la précédente intrigue, elle a beaucoup évolué. Le scénariste continue de la développer par petites touches pour la laisser partir après en avoir fait le tour. À travers elle, Grant montre toute la folie de la vie à Gotham pour un justicier, le sang, les blessures, les horreurs à voir. Elle qui était très marquée et semblait mauvaise n’était que perdue. Morrison utilise le visage défiguré comme allégorie pour montrer les changements du personnage.
Le second personnage très travaillé, c’est Jason Todd. Visiblement, le scénariste écossais voulait plus le différencier que ce soit au niveau du physique que du mental. Le personnage n’est plus rempli de haine envers le chevalier noir (Bruce n’étant plus) et ne veut pas de la cape non plus. Pour lui, Batman est un symbole dépassé et il faut en venir à des méthodes plus expéditives et plus spectaculaires. Il se voit comme une entreprise compétitive (on peut y voir les prémices des idées abordées dans la future série Batman Inc et qui se rapproche d’un de ces épisodes de Marvel Boy chez Marvel) à celle de la chauve-souris et ses actions envers le caped crusader qui ne sont en fait qu’une sorte d’OPA agressive.
Morrison importe aussi de nouveaux personnages comme Flamingo qui est impitoyable et dur à cuire. El Penitente qui est un parrain du crime mexicain. Même si on ne le voit pas, on peut se douter qu’il finira par venir à Gotham. Le dernier n’est autre qu’Ober sexton alias le Fossoyeur, un personnage énigmatique pour le moment.
Bien sûr, Dick et Damian sont eux aussi travaillés. Grayson tente toujours d’enseigner des leçons au fils de Bruce mais sans succès apparent, ce dernier se sentant toujours supérieur au nouveau Batman. Le travail sur l’éducation du dernier des Robin par Morrison est assez intéressant et montre un certain échec, Damian n’écoutant pas les plus vieux (Bruce à l’époque et maintenant Richard) et n’en fait qu’à sa tête quitte à se retrouver en très mauvaise posture.

À voir tout ce travail sur les personnages, on peut se dire que l’histoire est assez longue et bien non ! L’une des forces du scénariste, c’est la compression. L ’histoire est palpitante, tout se passe très vite même dans l’histoire (en une nuit ou deux). L’action est très présente mais n’est pas le but ultime juste un moyen de montrer ses convictions.

Encore une fois, Grant Morrison fait preuve d’une très grande maîtrise de la narration et nous donne encore une intrigue à lectures multiples, sans oublier par certains dialogues de faire références au travail des autres scénaristes sur la franchise (par exemple Dini et ce qu’il fait avec Thomas Elliott).

Au dessin, nous retrouvons Philip Tan avec un style très sombre, des personnages en angles. On retrouve une influence proche de Tony Daniel, mais en plus trash. C’est dynamique, les planches sont bien remplies mais certains visages sont parfois ratés. Le découpage est classique mais fluide tout comme les cadrages. Le dessinateur s’en sort bien mais je regrette tout de même le style de Quitely.

Parution française dans Batman Universe #04-05

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