Fin du XIXème, une étrange malédiction sévit sur de nombreux hommes vivants autour du port de Londres. Tous évoquent avec respect Jenny Finn, une jeune femme mystérieuse qui ne laisse pas indifférent également Joe qui va alors se retrouver lié à toute cette étrange affaire …

A la couverture, il ne vous sera pas échappé que Mike Mignola participe à cette mini-série publiée aux Etats-Unis chez Boom ! Studios. Mais comme souvent ces dernières années, c’est plutôt au scénario qu’on le retrouvera essentiellement en collaboration avec Troy Nixey (tous les deux ont déjà travaillé ensemble sur Batman : The Doom that came to Gotham et Gotham Knights), qui assure également la partie graphique, excepté pour le quatrième et dernier épisode, réalisé par Farel Dalrymple (Pop Gun War).

L’histoire s’inscrit dans une ambiance assez glauque, auréolée de mystères issus de divers influences et clins d’oeil : H.P. Lovecraft, Jules Verne, Jack l’éventreur, le spiritisme … Mais à trop vouloir en faire, la mayonnaise ne prend pas vraiment. On a du mal à savoir où veulent en venir les auteurs, hormis montrer que les horreurs ne sont pas celles que l’on croit et qu’il n’y a pas grand-chose à tirer de la nature humaine, quelque soit l’échelle sociale. Au milieu de tout ce gloubi-boulga, ils tentent de faire ressortir leur héros voulu pas très futé mais pas vraiment charismatique non plus. Finalement, on accumule les pages de lecture en se fichant bien de ce qui peut tous leur arriver et sans vraiment ressentir une quelconque passion pour l’histoire, surtout qu’il n’y a vraiment de surprises pour qui connaît un tant soit peu Marina, l’ex-femme de Namor et les monstres de Mignola. S’il y a un message là-dedans, celui-ci est bien resté planqué sous les tentacules du messie. Quand au lien avec la Finlande, je ne l’ai pas trouvé.

Le style graphique très personnel de Nixey ne pourra évidemment pas laisser indifférent et il a moins le mérite de ne pas être traditionnel. Il est intéressant de remarquer qu’il y a une constance dans la relative déformation des corps et surtout des visages et prouve que le dessinateur maîtrise bien son art. Il y a une réelle tentative esthétique et il est donc fort dommage qu’il n’est pas pu aller au bout et qu’il laisse sa place à Dalrymple qui n’est pourtant pas un manchot mais qui n’arrive pas vraiment à s’exprimer, ni à s’inscrire dans la continuité de Nixey. On se rattrapera avec le sketchbook en fin de livre.

Mon avis : sans grand intérêt pour l’histoire et pas totalement fini pour le dessin. Décevant.

Publication française dans Jenny Finn aux éditions Emmanuel Proust.