Miguel, Gabri et Dana sont à l’hôpital au chevet de Mme O’Hara. Elle se fait passer pour mourante mais cela ne marche pas, vu que ce n’est pas la première fois. Gabriel accepte la folie de sa mère alors que Mig ne supporte plus cette comédie. Il se dispute avec sa mère, brièvement, puis va lui parler pendant que son frère se remémore la dernière fois qu’il a vu sa mère heureuse et saine d’esprit. A cette époque, leur père était encore en vie. En fait, ce jour marque un tournant dans la vie de la famille. Miguel est reçu à l’école d’élite d’Alchemax. Au lieu de grandes réjouissances, son père d’origine irlandaise et sa mère d’origine hispanique se disputent vus leurs caractères bien trempés, mais cette nuit là, la dispute alla bien plus loin que les mots.
Dana se rappelle aussi du père de Mig surtout la première fois qu’elle l’a vu. Ce dernier n’avait pas la langue dans sa poche et les relations avec son fils étaient très tendues.
A Alchemax, c’est Tyler Stone qui reçoit les cendres de son fils Kron et on peut dire qu’il ne le portait pas dans son coeur.
La discussion entre Miguel et sa mère ne se passe pas très bien et les reproches pleuvent. Mme O’Hara pense que son fils ne se sent pas assez concerné par les gens autour de lui. D’habitude, elle montre son second fils en exemple mais là, elle parle de Spider-Man. Selon elle, c’est un homme qui voit le grand tableau et qui se soucie des gens. Mig lui révèle la vérité mais sa mère ne le croit pas et se moque de lui.
Après sa visite, notre héros broie du noir et réfléchit sous la pluie, faisant le point sur sa vie, sur ce qu’il veut vraiment. Retrouver son ancienne vie ? Travailler pour Alchemax et être reconnu ? Continuer d’être Spider-Man ? C’est en empêchant la police de réprimander sévèrement une réunion de fans de héros que notre tisseur fait son choix. Il envoie même un avertissement à toutes les sociétés comme Stark-Fujikawa, Alchemax et d’autres.
Pour finir sa journée, Spidey rend visite à la tombe de son père.

PAD signe là un épisode charnière pour son héros on peut même dire que c’est la fin d’une première ère pour la série. A travers le passé de Miguel et surtout de sa famille, le scénariste fait avancer le personnage à un autre niveau et lui apporte une profondeur qui lui manquait un peu. On voit qu’il vient d’une famille de classe moyenne mais surtout dysfonctionelle avec une mère qui surcouve ses enfants au points de les étouffer, un père qui s’avère être violent et qui finira par rendre folle sa femme avant de quitter sa famille. Par les flashbacks, Peter David nous explique le comportement d’O’Hara dans les premiers épisodes puis le discours de sa mère le fait réfléchir et il ouvre les yeux sur ce qu’il a pu voir depuis qu’il a obtenu ses pouvoirs. Même si maintenant il a décidé d’aider les plus démunis, il cherche toujours une cure à son problème. Malgré cela, la fin de l’épisode met en valeur une bonne dose de noirceur, la scène est même dure, voire choquante et surtout très bien écrite par le scénariste.
Avec ce numéro, on s’éloigne encore plus du modèle Peter Parker, pas de famille aimante, pas d’oncle Ben faisant office de figure paternelle gentille et aimante, pas de bons sentiments et même si l’envie d’aider est là, Miguel semble prêt à aller bien plus loin pour faire régner la justice que ne l’a fait l’ancien Spider-Man. Et surtout, une fois guéri, ça sera fini. On est donc loin du pouvoir égal aux responsabilités et de tout les bons sentiments que peut avoir Parker. On voit la volonté de PAD de se démarquer du modèle original et de tenter d’aller au maximum à l’opposé sans franchir la limite qui en ferait un vilain. Même si maintenant, Miguel mettra son masque pour aider et non plus pour tenter de rentrer chez lui et de vivre caché.

Rick Leonardi revient après s’être absenté un numéro. Le trait anguleux et les ombres sont très maîtrisés et ajoutent comme toujours une sorte de noirceur pessimiste sur ce futur qui devrait être radieux et qui est bien loin de l’être. Les planches sont dynamiques. Comme on voit peu le costume, Leonardi peut mettre tout son talent dans les cadrages des personnages nous rendant le découpage et les discussions très vivantes. Un plaisir pour les yeux et un grand changement par rapport aux découpages actuels en format cinéma.

Parution française dans : 2099 #9 aux éditions Semic ou dans Marvel Best Of Spider-Man 2099 chez Panini.

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