Grèce antique, a cette époque les philosophes étaient légion, à la limite d’une profession et le plus grand d’entre eux était Socrate. Epicurus, un philosophe de la province monte à Athènes pour devenir célèbre et acclamé. Il est ami avec Plato, un fan de Socrate. Très vite, les deux hommes se retrouvent professeur du jeune Alexandre de Macédoine. Tout en voulant lui enseigner quelque raffinement et bon sens, Epicurus se retrouve à tenter de sauver la terre de la colère de Déméter dont la fille s’est fait enlever par Hadès. C’est à cette occasion qu’il découvre la modération et le compromis, un concept qu’il essayera d’appliquer par la suite à sa philosophie et à ses enseignements. Malheureusement pour lui, les dieux semblent l’apprécier car il se retrouve toujours à devoir les aider du mieux qu’il peut, sortant la terre d’un mauvais pas à chaque fois, que ce soit en retrouvant Zeus pour ses amantes, en aidant le fils d’Apollon à diriger le char de son père ou encore Arès, le dieu de la guerre, pendant la guerre de Troie.

William Messner-Loebs est un scénariste peu connu dans nos contrées qui à pourtant oeuvré sur des séries comme ThorFlash ou encore Wonder Woman. Avec Epicurus, WML peut assouvir sa passion pour la mythologie sans aucune contrainte. La série se passe en Grèce antique. Tous les grands penseurs, poètes et guerriers de l’époque se mélangent sans grand souci des dates. Les dieux sont eux aussi présents, à croire qu’ils vivent sur Terre plutôt que dans l’Olympe. Les histoires sont des détournements de grands récits. Le scénariste s’en sert comme point de départ pour y mettre ses personnages qui sont très drôles et différents. Epicurus est réfléchi et un héros malgré lui. Alexandre est un petit garçon de 8 ans, barbare, toujours prêt à se battre. Plato est un penseur passif. Messner-Loebs les utilise avec beaucoup d’humour, se moquant ainsi de la mythologie et de son aspect très sérieux et guindé, alors que la plupart du temps, tout n’est qu’une histoire de fesses. A côté de ça, l’auteur n’oublie pas la philosophie qui apparaît en permanence que ce soit dans la logique de l’histoire ou les échanges entre héros.

Ce qui fait aussi le succès de ce livre, c’est le dessinateur Sam Kieth. Son trait très particulier colle parfaitement aux délires mythologiques oùdes personnages tout fins peuvent se retrouver face à d’autres cubiques où des géants. Le côté un peu sale est aussi un plus et rajoute un côté « vrai » que n’aurait pas eu un autre dessinateur au trait plus soigné. On peut aussi voir une grande progression dans le style de Kieth (la première histoire datant de 1989 et la dernière de 1993) qui se déstructure de plus en plus dans les formes des personnages, se simplifie dans les traits tout en gardant une forte caractérisation.

Mon avis : C’est très fun et c’est à lire.

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