Peu après leur arrivée dans leur nouvelle maison, Coraline, qui s’ennuie pendant ses vacances, se promène aux alentours, rend visite à ses voisins et visite l’ensemble de la maison. Elle découvre une porte condamnée par un mur. Mais un jour, un monde apparait derrière la porte, une sorte de miroir déformant de sa vie. Coraline va vite découvrir que c’est loin d’être mieux …

Au Diable Vauvert profite de la sortie du film animé adapté du roman de Neil Gaiman pour publier cette bande dessinée issue du même moule. Illustré par P. Craig Russell, on est très loin du design et du graphisme choisis pour le cinéma. Le dessinateur, qui n’est pas à son coup d’essai avec une œuvre du romancier anglais, reste dans son style qui a fait sa renommée, ce qui évite toute agression visuelle pour le lecteur et renforce le côté réel. De la belle ligne claire avec juste ce qu’il faut comme détails, des arrière-plans minimalistes aux moments opportuns (pour l’ambiance), ce n’est pas parce que c’est un livre pour enfant que Russell n’est pas précis. Les visages sont très expressifs, ce qui permet de retranscrire les pensées des personnages sans abuser de bulles de pensée ou de voix off.

Comme souvent dans les contes, l’histoire est loin d’être totalement pour tout public. Outre des aspects visuels quelque fois violents et effrayants, on rentre rapidement dans le vif du sujet pour suivre les épreuves que doit subir Coraline pour sauver ceux qu’elle aime. C’est émotionnellement fort et sous la carapace du conte, il y a une leçon à tirer pour chacun d’entre nous, notamment dans les relations avec nos proches. Cela est d’ailleurs d’autant plus vrai que le récit est contemporain.

Mon avis : dans quelques siècles, on fera référence aux contes de Gaiman …

Publication française dans Coraline aux éditions Au Diable Vauvert.